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Journée Commandant Tricornot de Rose !

Jeudi 12 mai 2016, la commune de Jonchery-sur-Vesle (Marne) organise une journée d’étude dédiée au commandant Charles Tricornot de Rose, pionnier de l’aviation militaire. Paris, le 6 mai 2016. Source : SIRPA Air.

28 février 1916 :[1] Depuis une semaine, la bataille de Verdun fait rage.[2] Le général Philippe Pétain, récemment désigné défenseur de Verdun,[3] lance au commandant Charles Tricornot de Rose : « Balayez-moi ce ciel ! Je suis aveugle ».[4] Le commandant de Rose réorganisa alors l’aviation française qui reprit en avril la maîtrise du ciel. Elle doit son salut d’une part à l’engagement sans faille des pilotes et d’autre part aux tactiques développées par le commandant de Rose. Sans pour autant marquer la fin des exploits individuels, avec le commandant de Rose la chasse est née.[5]

Le commandant De Rose dans son Nieuport XI le 6 avril 1916

En mai 1916, lors d’un vol de démonstration, le commandant de Rose décède dans l’accident de son Nieuport.[6] ( Vidéo)

Afin de revenir sur le parcours de ce pionnier de l’aviation militaire, une journée d’étude lui sera consacrée jeudi 12 mai 2016, dans la salle municipale de Jonchery-sur-Vesle. Organisée par le centre de recherche universitaire lorrain d’histoire (CRULH) et la mairie de Jonchery-sur-Vesle. Cette journée, destinée aux curieux comme aux passionnés, sera l’occasion de rendre hommage à celui que l’histoire désigne comme le père de l’aviation de chasse française.

Au programme de cette journée :
09h : Ouverture : M. le maire de Jonchery-sur-Vesle et autorités militaires. Président de séance : général de corps aérien (2S) Patrick Charaix
09h30 : professeur des Universités Jean-Noël Grandhomme (Université de Lorraine-Nancy): « Le parcours de Charles de Tricornot de Rose avant 1914 »,
10h : professeur des Universités François Cochet (Université de Lorraine-Metz) : « De Rose et les questions techniques »,
11h : Mme Thérèse Krempp : « De Rose et l’emploi de l’aviation »,
11h30 : capitaine Christian Brun (CRéa)  : «L’imaginaire du pilote en 1914-1918 »,
12h-12h30 : débats,
13h30 : lieutenant-colonel Jean Bourcart (officier de l'arme blindée cavalerie, docteur en histoire, chef du bureau Terre au département « Histoire et Symbolique » du service historique de la Défense (SHD)),
14h00 : Emeric de Tricornot de Rose, arrière-petit-fils du commandant,
14h15: Hervé Chabaud (rédacteur en chef du journal l’Union) : « La personne de l’As vue par la presse »,
14h45 : Marie-Catherine Villatoux (chef de la division Air au département « Histoire et Symbolique » du SHD) :« A l’opposé de l’image de l’as : les « rampants » en 1914-1918»,
15h15: général Patrick Charaix: « La mémoire de de Rose dans l’armée de l’air d’aujourd’hui»,
15h45 : conclusions : professeur des Universités François Cochet,
16h30 : cérémonie militaire en présence du général de brigade aérienne Philippe Lavigne, général commandant la brigade aérienne de l’aviation de chasse. »

[1] Voir "1916 ou l’année de rupture en matière d’utilisation de l’arme aérienne" de Louis Chagnon in Revue historique des Armées (p. 36-47) « L’année 1916 fut une année charnière dans l’histoire de l’aviation militaire dans le sens où celle-ci s’imposa comme une arme essentielle dans la préparation et l’exécution des offensives terrestres. La bataille de Verdun fut la première bataille qui commença par une lutte pour la supériorité aérienne. Cette importance du facteur aérien fut intégrée par les alliés et appliquée lors de la bataille de la Somme. Depuis, le combat pour acquérir la maîtrise de l’air est devenu le gage indispensable de la victoire dans les batailles terrestres
[2] Le nom du commandant de Rose est aussi associé à la bataille de Verdun où il servit, avec sous ses ordres, les meilleurs pilotes de l'époque comme Jean Navarre4. Nungesser, Guynemer... Début 1916, les Allemands lancent leur offensive sur Verdun et leurs escadrilles ont la maîtrise du ciel au-dessus de la bataille. Quinze jours après l'ordre reçu de pétain, la situation sera rétablie grâce au courage et à l'abnégation des pilotes français et aux nouvelles méthodes insufflées par Rose : plus de vol en solitaire à la recherche de l'exploit individuel, mais des vols en groupe. Avec sa remarquable équipe, Rose parvient à éliminer l'aviation allemande du ciel de Verdun et instaure définitivement « l'esprit chasse ». Source : Wikipedia.
[3]  Après Verdun et la Somme, le problème de la conquête de la supériorité aérienne deviendra incontournable. Au début de 1916, il existait trois conceptions sur l’aviation de chasse comme le précise le rapport du capitaine Orthlieb adjoint au commandant de l’aéronautique de la Xe armée, p. 27-28, SHD (...).
« 1°/‑ L’aviation de chasse est inutile. Il suffit que les avions de CA ou de bombardement puissent se défendre. (…)
2°/‑ La deuxième conception offre déjà plus de ressources puisqu’elle admet la création d’appareils de chasse, mais elle est également infirme car elle est également exclusivement défensive. C’est la répartition des avions de chasse entre les escadrilles de CA pour la protection des appareils. (…)
3°/‑ La troisième est celle de ces grandes unités, groupes d’escadrilles, opérant offensivement sous un commandement unique. C’était la moins répandue, et surtout la plus difficile à admettre, car elle impliquait au début de gros sacrifices, de la part des avions de combat, contraints journellement à livrer combat dans les lignes ennemies ; et de la part des avions de CA qui, pendant que se livre la grande lutte pour la maîtrise de l’air vont rester sans protection.
» Source : 1916 ou l’année de rupture en matière d’utilisation de l’arme aérienne" de Louis Chagnon in Revue historique des Armées (p. 27-28).
[4] L'apostrophe de Pétain au commandant Tricornot de Rose le 28 février 1916 : « Rose, balayez-moi le ciel ! Je suis aveugle ! », reste justement célèbre car c’était exactement le but recherché par le général von Falkenhayn. Pétain, conscient de l’enjeu de la bataille aérienne, « Si nous sommes chassés du ciel, alors c’est simple, Verdun sera perdu », donna carte blanche au commandant Tricornot de Rose, chef de l’aéronautique de la 5e armée, pour redresser cette situation critique et lui confia le commandement de toute l’aviation du secteur de Verdun. Ce dernier organisa un groupement de combat autonome, comme celui qui avait été constitué lors de l’offensive de l’Artois en 1915 mais d’une ampleur beaucoup plus importante. Cette concentration des forces aériennes rassembla outre les escadrilles déjà présentes sur le secteur de Verdun : MF 63, C 18, C 11, N 23, les escadrilles suivantes : N 67, N 37, N 65, N 15, N 57 et N 69 dont il reçut le renfort. À celles-ci s’ajoutèrent des escadrilles de corps d’armée (CA) et d’artillerie lourde (AL), des groupes de bombardement comme les MF 25, GB 5 et GB 2. Il fut opérationnel en deux semaines : « Le regroupement des 6 escadrilles de chasse fut complètement réalisé le 15 mars. » 10 Pour rationaliser l’activité de cette masse de manœuvre, il créa avec l’aide du chef du service aéronautique du GQG, le commandant Barès, cinq secteurs aéronautiques correspondant aux cinq corps d’armée. Cette organisation en secteurs aéronautiques calquée sur celle de l’armée de Terre se poursuivit et se généralisa.» Voir "1916 ou l’année de rupture en matière d’utilisation de l’arme aérienne" de Louis Chagnon in Revue historique des Armées (p. 36-47).
[5] Biographie : "Charles de Rose, le pionnier de l'aviation de chasse" de Jean-Noël Grandhomme & Thérèse Krempp : La naissance aristocratique de Charles de Tricornot de Rose (1876-1916) le destinait tout naturellement à la cavalerie. Fervent catholique, la question des Inventaires lui fera quitter son arme ; son esprit ouvert au progrès technique et les circonstances l’orienteront vers une aviation militaire balbutiante. Titulaire du brevet de pilote militaire n°1, sa rigueur et son allant l’amèneront à effectuer de nombreux raids et à participer activement à la création d’une arme aérienne. Préconisant très tôt une aviation offensive, contrairement à la pensée de l’époque n’envisageant l’aéroplane que pour l’observation et la défense, il mettra en place la MS 12, première escadrille spécialisée, avant de fonder la doctrine d’emploi de l’aviation de chasse. Le commandant de Rose, meneur d’hommes dont le nom est associé à la bataille de Verdun, s’écrasera au sol le 11 mai 1916. Source : L'@érobibliothèque. Préfaces de Roland Le Bourdonnec et du général de division aérienne Roland Le Bourdonnec, chef du Service historique de l'Armée de l'air (Vincennes).
[6] Le 11 mai 1916, en tournée d'inspection sur le terrain de Villemontoire près de Soissons, le commandant de Rose décolle dans son Nieuport 13 mètres afin de faire une démonstration de vol au général Grosetti. Aviateur de la vieille école, Rose ayant atteint 50 mètres, s'apprête à virer sur l'aile, il coupe le moteur pour virer, les spectateurs présents s'attendent à entendre le moteur reprendre, mais celui-ci refuse de repartir. L'avion livré à lui-même s'écrase aussitôt, le commandant est tué sur le coup. Ainsi disparaît dans le crash de son avion l'inspirateur de la chasse française dont les efforts des mois passés commençaient à porter leurs fruits. Source : Wikipedia. Vidéo : Reportage de D. Patinec réalisé par France 3 Picardie au Musée de l'Air et de l'Espace avec des archives du musée.

Dans la série Verdun mise en ligne par le SIRPA Air, voir également :

"1916-2016, centenaire de la présentation du drapeau de l’aviation militaire" (19-05-2016)
"Journée Commandant Tricornot de Rose !" (06-05-2016)
"Il y a 100 ans : Georges Guynemer à Dijon" (04-05-2016)


 


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