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Discours de Jean

Les Falcon 50M dans nos dispositifs aéromaritimes

Discours de Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, pour la réception du huitième Falcon 50 Marine. Base de Lann Bihoué, le 20 mai 2016 – Seul le prononcé fait foi – Source : DICoD.

Jean-Yves Le Drian à son arrivée sur la BAN de Lann-Bihoué

Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Président-Directeur général, cher Éric Trappier,
Amiral,
Messieurs les officiers généraux,
Commandant,
Mesdames et Messieurs les officiers, officiers-mariniers, quartiers-maîtres et matelots,
Mesdames et Messieurs,

Vous imaginez combien je suis heureux d’être parmi vous, sur cette base aéronavale de Lann Bihoué, au cœur du pays de Lorient. Et je suis tout particulièrement heureux de venir aujourd’hui à la rencontre des « marins du ciel », les hommes et les femmes qui servent avec passion au sein de notre aéronautique navale.

Les enjeux stratégiques maritimes aujourd’hui sont essentiels et la France veut une marine globale pour peser dans ces enjeux. Que ce soient les enjeux de circulation du commerce mondial, de ressources naturelles, de recherches ou de menaces nouvelles sur l’ensemble de l’espace maritime.

La France est aussi une grande puissance maritime, elle doit jouer tout son rôle, d’abord parce qu’elle possède le deuxième espace maritime mondial. Cette position est un formidable atout pour l’avenir mais elle crée également, pour la France, une obligation : être présent dans cet espace pour en assurer la défense, pour le rendre plus sûr et pour le protéger.

Défendre notre pays contre les menaces qui arrivent par voie de mer, protéger nos intérêts en mer et nos espaces maritimes, c’est avant tout le rôle de notre posture permanente de sauvegarde maritime, dont le dispositif s’échelonne dans la profondeur depuis la haute mer, où agissent nos aéronefs et nos bâtiments hauturiers, jusqu’à nos côtes, où veillent nos moyens côtiers et nos sémaphores. Les avions de surveillance maritime sont un élément clé de ce dispositif, par l’allonge et la réactivité qu’ils procurent, comme j’ai pu le constater au cours du vol que je viens de réaliser.

Les forces maritimes sont également incontournables pour répondre à la crise migratoire à laquelle l’Europe est actuellement confrontée. Les Falcon 50 sont ainsi les premiers moyens que nous avons engagés récemment en Méditerranée centrale lors du lancement de l’opération européenne EUNAVFORMED - appelée aussi Sophia, opération militaire de l’Union Européenne - destinée à lutter contre les trafics de migrants.

C’est pour concourir à un objectif similaire que nous avons également déployé, à de nombreuses reprises, ces avions à Mayotte, où se déroule une autre crise migratoire, avec son lot de tensions et de drames humains. Mais la Marine, au-delà de ses missions de défense, contribue également, au sein de notre dispositif d’action de l’Etat en mer, à rendre les espaces maritimes plus sûrs.

Les rendre plus sûrs, c’est avant tout se porter au secours des usagers de la mer. Je veux rendre hommage aux équipages des avions et des hélicoptères de la Marine qui, nuit et jour, 365 jours par an, assurent l’alerte, prêts à voler au secours des personnes et des navires en difficulté en mer. Chaque année, près de 400 vies sont sauvées par les moyens de la Marine nationale. Nombre de catastrophes sont également évitées, comme ce fut encore le cas cet hiver, lorsque le cargo Modern Express s’est retrouvé à la dérive dans le golfe de Gascogne. Le remorquage de ce navire, qui menaçait de s’échouer sur nos côtes, n’aurait pu être mené à bien sans l’engagement des moyens de la Marine, et en particulier des avions de surveillance, sous l’autorité du préfet maritime.

Rendre les espaces maritimes plus sûrs, c’est aussi lutter contre toutes les formes de violences et de délinquances qui veulent s’y déployer : la piraterie, le terrorisme, les trafics de stupéfiants, d’armes ou d’êtres humains.

La piraterie a connu un recul spectaculaire dans l’océan Indien depuis 2012. Ce succès est largement à mettre au crédit de la mobilisation internationale que nous avons amorcée en lançant l’opération Atalante, dans laquelle les avions Falcon 50 de la Marine ont été engagés à plusieurs reprises. Mais la piraterie continue à sévir dans le golfe de Guinée qui est devenu la zone où se déroulent, aujourd’hui, près des deux tiers des attaques recensées dans le monde. Notre engagement auprès de nos partenaires africains afin de les aider à lutter contre ce fléau est, par conséquent, amené à se renforcer, comme je l’ai indiqué lors de mon récent déplacement au Nigeria et en Côte d’Ivoire.

La lutte contre le trafic des stupéfiants est un autre domaine de la sûreté maritime auquel les moyens aériens de surveillance apportent une contribution décisive. Leurs capacités de localisation et de pistage des trafiquants se sont révélées indispensables pour les opérations d’interceptions menées ces dernières années, que ce soit en Méditerranée, aux Antilles, dans les approches ouest de l’Afrique ou actuellement dans l’océan Indien.

Enfin, ce bref tableau des engagements opérationnels de nos avions ne serait pas complet si je n’évoquais pas leur contribution, en coopération avec les autres administrations de l’État, à la protection du milieu marin. La lutte contre les pollutions et la police des pêches sont autant de domaines qui nécessitent une capacité à surveiller et à constater les infractions, pour laquelle les Falcon 50 ont montré leur remarquable efficacité comme lors des lancements de la fusée Ariane 5 à Kourou, où l’un d’entre eux est systématiquement déployé afin de "blanchir" la zone de retombée des éléments de la fusée.

La France, grande nation maritime, l’est aussi par sa capacité à s’engager auprès de ses alliés, partout où nos intérêts sont en jeu. C’est le sens de la présence d’un Falcon 50 à Dakar, dans le cadre de nos engagements en matière de secours maritime et de police des pêches. C’est également le sens des déploiements d’avions en Pologne, dans le cadre des mesures de réassurance sur le flanc Est de l’OTAN, ou des déploiements dans le Grand nord, une zone qui mobilise en ce moment toute notre attention.

Ces engagements multiples, en France métropolitaine, outremer et à l’étranger nécessitent de la part de ceux qui mettent en œuvre ces avions un haut niveau de préparation, un grand professionnalisme et une disponibilité sans faille. Aussi je suis heureux d’être aujourd’hui également sur le site de l’Atelier Industriel Aéronautique (AIA) de Bretagne, rattaché au Service Industriel Aéronautique (SIAé). C’est l’occasion pour moi de souligner le rôle déterminant de la maintenance aéronautique, et je veux saluer le travail des maintenanciers et mécaniciens. Chaque heure de vol de nos avions nécessite plusieurs heures de travail en amont, ainsi qu’une logistique lourde pour acheminer les pièces de rechanges, parfois très loin de la métropole. L’équipage qui part pour une mission n’est que la pointe émergée d’une organisation importante et minutieuse. Cette organisation n’a pas le droit à l’erreur et, en même temps, elle doit être performante, pour que nos avions volent le plus possible, dans les meilleures conditions de disponibilité. C’est pourquoi j’ai souhaité renforcer le SIAé par le recrutement de 160 ouvriers par an, dès cette année.

Nous pouvons être fiers de disposer d’outils de maintenance qui permettent la complémentarité entre le Service Industriel et l’Aéronautique et de grands industriels qui sont d’ailleurs représentés ici, comme Dassault Aviation et Sabena Technics, car je sais qu’ils travaillent en pleine complémentarité.

Jean-Yves Le Drian lors de la cérémonie de livraison du 8e Falcon 50M sur la BAN de Lann-Bihoué

Alors, avant de recevoir officiellement le huitième et dernier Falcon 50 Marine, qui n’est pas le huitième au sens strict, en réalité, puisque celui-ci est déjà en opération, dans le cadre des recherches de l’avion disparu d’Egyptair. A ce moment, où le choix qui avait été fait de doter la 24F de huit avions s’achève, je veux saluer la détermination, le courage et les qualités de nos équipages. Dire aussi, que la rénovation des Falcon 50 est une heureuse idée, sans doute une idée de bon sens. La rénovation des Falcon 50 permet de donner une seconde carrière à ces avions, mais surtout, ainsi que j’ai pu le voir en vol, les nouveaux équipements intégrés sont à la pointe, que ce soient le radar de surveillance maritime, la vision nocturne par imagerie infrarouge ou encore la capacité de communication par satellite. C’était une très bonne idée d’entrevoir ainsi la prolongation de vie de ces avions et leur donner une nouvelle disponibilité, de nouvelles missions pour permettre à la France, d’assurer sa présence, partout dans le monde. Le parc de la flottille 24 F aura été multiplié par deux depuis 2013 et la Marine dispose désormais, avec les huit Falcon 50M, d’un outil souple et efficace, qui trouve naturellement sa place dans nos dispositifs aéromaritimes, en permettant une grande variété de missions, que je vous ai présentées.

Je veux conclure ce propos en redisant à tous ceux qui mettent en œuvre ces avions et qui les soutiennent combien ils peuvent être fiers des missions accomplies quotidiennement au service de nos compatriotes, et combien les Français comptent sur eux. Vous avez toute ma confiance. Bon vent et bons vols aux Xénon de la 24F et à l’aéronautique navale.

Vive la République.
Vive la France
 


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