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Françoise Thom

Russie : des effets boomerang convergents

« Vu de l’extérieur, le régime poutinien donne l’impression d’une solidité et d’une stabilité sans failles : le pays est muselé et passif, le parlement est une courroie de transmission, la propagande fonctionne à plein. Le président dispose de tout l’arsenal des méthodes de l’ex-KGB pour éradiquer les opposants et, surtout, pour bloquer la cristal-lisation de toute force organisée indépendante du régime… La corruption est le ciment de la « verticale du pouvoir ». Extrait de l’intervention de Françoise Thom au colloque de la Sorbonne « Chine-Russie : affinités et différences ». Françoise Thom historienne spécialiste de l’URSS et de la Russie post-soviétique y a fait une description magistrale de l’état actuel du régime russe, de ses atouts, de ses failles, complétant l’intervention du sinologue Jean-Philippe Béja sur les forces et les faiblesses du régime chinois.

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Aristote au Louvre — Photo Éric Gaba (Wikipedia)
Françoise Thom

Relire la « Politique » d’Aristote : le cas russe

En réfléchissant à la nature profonde du régime poutinien, en historienne, Françoise Thom se tourne vers Aristote, Politique. Elle y trouve la description saisissante de divers déboires politiques et sociétaux de la Grèce antique qui éclairent la nature perverse de la Russie des dernières décennies. Elle y trouve également une lueur d’espoir : débarrassée de Poutine et de ses sbires, la Russie ne pourra-t-elle pas se tourner vers un État de droit dont la nécessité est préconisée par le philosophe grec ? En quoi le régime poutinien échappe-t-il aux catégories de l’analyse politique classique ? Cette question l’a incitée à se tourner vers Aristote qui nous permet de rester optimistes quand il dit: « Dans la majorité des cas, les États exclusivement militaires se conservent aussi longtemps qu’ils sont en guerre, mais s’effondrent une fois qu’ils ont conquis l’empire.»

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Poutine-president_Patrick Chapatte
Françoise Thom

Ne flanchons pas au dernier moment

L’économie russe, y compris son complexe militaro-industriel, montre des signes d’épuisement. Les prix flambent, les composants électroniques manquent et le manque de main d’œuvre devient dramatique. Les migrants d’Asie Centrale rencontrent un accueil souvent hostile et peuvent difficilement remplacer les dizaines de milliers de spécialistes qui ont quitté la Russie. Est-ce pour ces raisons que le régime de Poutine essaie d’obtenir l’arrêt de la guerre contre l’Ukraine, mais à ses conditions, comme en témoigne l’initiative de Viktor Orbán ? Selon Françoise Thom, il serait fâcheux que les Occidentaux cèdent aux pressions des « pacificateurs », alors que l’autocratie moscovite est elle-même au bout du rouleau. La lecture de Démosthène, qui fut sans aucun doute le plus grand orateur de l’Antiquité avec ses Philip-piques, est aujourd’hui encore d’une étonnante actualité. Elle devrait donc nous inspirer.

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Vladimir Poutine — Portrait d'après une photo de Gavriil Grigorov (Sputnik)
Françoise Thom

Vers une poutinisation de la France ?

« Un serpent change de peau, mais il ne change pas de nature ». Ce vieux dicton russe est toujours d’actualité et pourrait s’appliquer à la politique agressive menée par les pouvoirs russe et soviétique tout au long du XXe siècle. Françoise Thom explique ici comment le Kremlin et les idéologues poutiniens agissent, aujourd’hui, pour désagréger nos sociétés de l’intérieur et transformer nos pays démocratiques pour en faire des régimes satellites à la botte de Moscou. Par analogie, comment ne pas rappeler comment, au lendemain de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’URSS s’est emparée, un à un, de tous les pays de l’Europe centrale et orientale en portant au pouvoir des hommes de paille avant d’abaisser un véritable rideau de fer sur l’Europe en exerçant de l’intérieur une dictature communiste qui aura perduré un demi siècle, jusqu’à ce que l’Union soviétique s’effondre de l’intérieur. Aujourd’hui, le régime de Vladimir Poutine se sert des mêmes leviers pour manipuler, à gauche et à droite, en faisant appel au nationalisme, aux valeurs traditionnelles, à l’anti-américanisme, notamment, pour mieux nous asservir. La France est-elle en voie de poutinisation ?

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FT_2024-0512_Citation-Poutine
Françoise Thom

L’expansionnisme russe : permanence des objectifs et récurrence des méthodes

Dans cet essai, Françoise Thom analyse l’idée impérialiste et expansionniste de l’Empire russe, qui perdure à l’époque soviétique et post-soviétique. Cette pro-pension messianique, expansionniste et militariste arrivant à son apogée sous Poutine est indissociable de la matrice autocratique du pouvoir russe. C’est de cette matrice que la Russie doit être débarrassée pour devenir un pays normal, préoccupé par sa prospérité plutôt que par l’asservissement des autres. La sécurité européenne passe par l’éradication du despotisme russe.

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Françoise Thom sur LCI
Françoise Thom

La grande imposture russe

Les propagandistes russes accusent l’Europe d’avoir perdu ses valeurs et prétendent que la Russie en est désormais la dépositaire. Ce discours trouve un écho chez certains conservateurs. Dans cet essai, Françoise Thom se penche sur la manière dont, bien loin de défendre une « civilisation » européenne, le régime Poutine s’est transformé en une « une secte eschatologique conduite par un gourou dément ».

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Putin must become-Stalin
Françoise Thom

Déstalinisation et dépoutinisation

Après tant d’espoirs suscités dans des milieux contestataires russes et en Occident par le candidat Boris Nadejdine, malgré son programme qui posait de nombreuses interrogations, le couperet est tombé : la Commission électorale russe n’a pas validé […]
Poutine Photo-Credits Platon CC
Françoise Thom

La paralysie de la volonté

Sous Poutine s’est achevé le processus de fusion du pouvoir avec la criminalité organisée. La dynamique expansionniste s’est intensifiée en se dotant du camouflage d’un messianisme idéologique. La Russie n’est un État qu’en apparence. En réalité, c’est un agrégat de bandes criminelles gravitant autour d’un parrain tout puissant. Cette structure mafieuse du pouvoir russe s’est mariée sans peine avec la pratique impériale : pour Poutine, l’essentiel est le contrôle des élites des pays cibles, comme un parrain — le capo di tutti capi — surveille ses lieutenants. De là son obsession des « révolutions de couleur », qui lui font perdre la face en détrônant ses satrapes. Considérer le régime de Poutine comme « nationaliste » c’est faire un contresens majeur.

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Timbre à l'effigie d'Andreï Jdanov
Françoise Thom

Pourquoi Poutine choisit le chaos

La dernière analyse de Françoise Thom diffusée sur DeskRussie a connu un certain retentissement, tout comme « le deuxième front : comment la Russie veut saper le soutien occidental à l’Ukraine ». A qui profite le crime ? A qui profite une déstabilisation du monde actuel sinon à Vladimir Poutine et à ses soutiens: la Chine, l’Iran, la Corée du Nord, sans oublier le Hamas pour instaurer un nouvel ordre mondial ? Le discours de Valdaï illustre cette volonté de « détruire l’ordre international pour instaurer à sa place le chaos » afin de « se livrer sans contrainte à des déprédations » comme le dit Françoise Thom. Le soutien de la Russie au Hamas affiché par Poutine et ses propagandistes en est la dernière illustration… Comme la rappelé le président Biden, en Ukraine comme à Gaza, Poutine est à la manœuvre.

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Ivan le terrible et Nicolas II
Françoise Thom

Le vortex d’autodestruction dans l’histoire russe : d’Ivan le Terrible à Poutine

La frénésie de destruction et d’autodestruction qui s’est emparée du régime poutinien à partir de 2012 est un phénomène mystérieux, même à l’aune du comportement des dictatures. Mais lorsqu’on se penche sur l’histoire russe, on s’aperçoit que ces accès de furie dévastatrice sont récurrents et semblent régis par un scénario immuable qui traverse les siècles. Le régime de Poutine se reconnaît volontiers dans celui d’Ivan le Terrible, ce qui transparaît dans les tentatives de l’historiographie officielle russe de réhabiliter ce tsar, reprenant la voie tracée par l’historiographie stalinienne. Ivan le Terrible a été noirci à tort par les témoins étrangers, nous dit-on, alors que ses mérites sont immenses.

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