Sept volets ont suivi, depuis Iéna jusqu’à Stockholm, deux siècles et demi d’une relation franco-allemande faite de vengeance puis de réconciliation, de grands desseins puis de gestion prudente. Ce huitième volet prend de la hauteur : que reste-t-il, aujourd’hui, de l’horizon qu’a représenté ce « couple » pour toute une génération — et où faut-il, désormais, chercher la volonté qui lui a longtemps fait défaut ailleurs ? l remonte à la source d’un échec qui se répète depuis soixante ans — un renoncement allemand daté avec précision, mai 1963 — et le confronte à trois miroirs qui en éclairent la vraie nature : un Royaume-Uni qui a fait, cinq mois plus tôt, exactement le même choix ; une Italie qui, sans jamais viser la fusion, a quand même su livrer et exporter ; une Suède qui, à l’inverse, a construit sur deux siècles l’autonomie que Bonn refusait de viser, et qui en récolte aujourd’hui les fruits, jusque dans les eaux de Brest et de Toulon. Il pose enfin la question que ni ce huitième volet ni les sept précédents n’avaient encore posée aussi frontalement : la France doit-elle continuer de chercher, dans le seul face-à-face avec Berlin, l’horizon que soixante ans n’ont pas suffi à atteindre ?
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