Le cirque de sang à Mar-a-Lago

« On ne guérit pas de la bêtise, mais on peut la mettre en scène. » Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière

Face à l’effondrement des codes diplomatiques et à la montée des « Monstres sacrés » de Mar-a-Lago et de la Toundra, le journalisme classique semble parfois désarmé. Comment analyser sérieusement ce qui relève de la farce tragique ? C’est ici que la satire devient une nécessité. Comme nous l’écrivions déjà dans « Le Tartuffe de la Toundra », nous assistons à un « dîner de rois » où les convives se partagent la planète entre le fromage et le dessert, sans que personne ne soit invité à la table.

Air Farce One - Donald arrive avec son nouveau conseiller Doni Darko à Washington — Photo AI © European-Security
Donald arrive avec son nouveau conseiller Doni Darko à Washington — Photo AI © European-Security

Prologue : l’opération Sphinx en Floride

Automne 2024. À l’Élysée, l’ambiance est au beau fixe : les sondages parisiens donnent Kamala Harris largement en tête. Pourtant, entre deux notes de synthèse, le Président Macron reçoit un mémo crypté de la DGSE qui fait l’effet d’une douche froide. Les services extérieurs ont repéré un mouvement inhabituel de « consultants » russes et israéliens convergeant vers Palm Beach. On murmure qu’une cyber-arme, le mystérieux projet SPHINX-0, serait prête à corriger la réalité des urnes américaines pour offrir la victoire à « La Bête de Mar-a-Lago ». Face au risque de basculement mondial, la DCRI botte en touche : hors de question d’envoyer des diplomates en cravate de soie se faire repérer au milieu des casquettes rouges. Il faut des profils atypiques, capables de se fondre dans le décor tout en gardant une capacité de nuisance maximale. C’est ainsi que le Commissaire San-Antonio, l’esthète de la ruse, et son inséparable Berrurier, le colosse à l’estomac blindé, sont exfiltrés de leur retraite pour une mission de la dernière chance. Leur objectif : infiltrer le temple de Trump, identifier les serveurs fantômes de Vlad et Bibi, et si possible, empêcher le Sphinx de renaître de ses cendres électroniques avant le blackout final.

par François de Vries — Paris le 12 avril 2026

Saison 1 – Épisode 1 : Le salon de sombres dorées

Lieu : Palais de l’Élysée, Salon Doré. Ambiance : Lustres de cristal, silence pesant et odeur de cire d’abeille. Sous les dorures imposantes, le Président Macron, silhouette affûtée dans un costume bleu nuit impeccable, fixe intensément les deux spécimens qu’il vient de faire entrer par l’escalier de service. Le premier, San-Antonio, a l’élégance d’un loup en smoking ; le second, Berrurier, a déjà une tâche de moutarde sur son revers et semble chercher du regard où poser son coude.

Macron : — (voix basse, coupante) : « Messieurs, l’affaire est d’une gravité extrême. À Paris, on parie sur Kamala Harris. On se berce d’illusions. Mais la réalité est en Floride, et elle est toxique. Un projet baptisé « Renaissance du Sphinx ». Les réseaux de Netanyahu et de Poutine sont en train de tisser une toile cyber-électorale et financière qui va tous nous mettre sur la paille.»

Il fait un pas vers eux, les yeux plissés.

Macron : — « Vous partez ce soir. Pas de traces, pas de soutien officiel. Si vous finissez dans une prison du comté de Palm Beach, je ne vous connais pas. San-Antonio, vous gérez la partie élégante et les contacts féminins… Je sais que c’est votre spécialité. Berrurier… par pitié, essayez de ne pas engloutir tout le buffet local et ne tirez pas sur tout ce qui bouge avant d’avoir identifié la cible

Béru : — (mordant avec un bruit de succion dans un hot-dog sorti de nulle part) : « Chef, y aura des nanas au moins ? Parce que la géo-machin-chose, ça creuse, mais ça n’émoustille pas le palpitant ! »

Le Président ferme les yeux un instant, soupire longuement, et leur tend deux billets « First Class » pour Miami.

Macron : « Trouvez qui tire vraiment les ficelles. Empêchez l’activation du malware SPHINX-0. Et ramenez-moi cette satanée statue qui sert de clé. La France compte sur vous… enfin, surtout sur votre capacité à ne pas vous faire prendre. »

L’agent San-Antonio ajuste sa cravate avec un sourire carnassier. Le rideau tombe sur Paris. Prochaine escale : le marécage doré de Palm Beach.

Saison 1 – Épisode 2 : Les deux Gaulois dans le bouge à milliards

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San Antonio et Berrurier arrivent enfin à Palm Beach… — Photo © European-Security

Le décor : Une pelouse si verte qu’elle semble peinte à la bombe, des colonnes de marbre plus blanches que les dents d’un présentateur de Fox News, et une chaleur humide qui vous colle la chemise aux omoplates.

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Le commissaire San Antonio et l’inspecteur Berrurier à pied d’oeuvre à Mar-a-Lago — Photo © E-S

San Antonio : — Regarde-moi ça, Béru. Le temple du mauvais goût élevé au rang de religion d’État. On dirait que Versailles a eu un accident de voiture avec un casino de Las Vegas. Tu te sens d’attaque pour l’infiltration ?

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Malgré leur discrétion, Béru et San A sont repérés — Photo © European-Security

Béru : — (en train de s’essuyer le front avec un mouchoir qui a connu des jours meilleurs) — Écoute, San-A, moi, dès qu’il y a des colonnes, ça me rappelle le bistrot de la rue de l’Échaudé, mais en plus propre. Par contre, leur sécurité, c’est du sérieux. J’ai dû planquer mon saucisson dans la doublure de mon veston pour pas que leurs chiens renifleurs me prennent pour un terroriste charcutier.

San Antonio : — Sois discret, pour l’amour de la France. Macron veut des billes sur ce projet « Sphinx ». Pour l’instant, on n’est que des touristes égarés. Mais regarde là-bas, près de la piscine…

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San A et Béru se préparent à passer à l’action, malgré la barrière de la langue — Photo © European-Security

Béru : — (l’œil soudainement brillant) — Nom d’une pipe en bois ! C’est pas des agents de sécurité, ça, c’est le casting d’un James Bond sous stéroïdes. T’as vu la grande brune avec le terminal satellite entre les mains ? Elle tape plus vite que ma vieille mère sur sa machine à coudre.

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Elles utilisent la clé de chiffrement planquée dans cette statue de Sphinx sur la table basse — Photo © E-S

San Antonio : — C’est Irina. La « Veuve ». Services extérieurs de Vlad. Si elle est là, c’est que le malware SPHINX-0 est déjà en train de chauffer dans la tuyauterie cybernétique. Et la blonde qui lui sourit, c’est Noa, l’envoyée de Bibi. Une experte en intrusion de systèmes qui pourrait pirater un grille-pain à distance.

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Irina et Noa aux commandes : San Antonio prépare un Plan A et un Plan B à cause de Béru… — Photo © E-S

Béru : — Des espionnes informaticiennes ? Dans mon temps, on se contentait de voler des dossiers dans des coffres-forts ! Là, avec leurs tablettes, elles sont en train de nous entuber le suffrage universel en silence. Dis-moi, San-A, ton petit gadget de la DCRI, il capte quelque chose ?

San Antonio :(regardant discrètement sa montre Omega) — Ça grésille, mon vieux. Ça grésille sec. Elles ne communiquent pas par les réseaux classiques. Elles utilisent la clé de chiffrement planquée dans cette statue de Sphinx sur la table basse. Dans 87 minutes, le signal part. Si on n’intervient pas, le prochain locataire de la Maison Blanche ne sera pas élu, il sera « téléchargé ».

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San A a glissé sous ma table le gadget de la DCRI pour s’emparer des codes protégé par le fidèle Béru

Béru : — 87 minutes ? Juste le temps de trouver le buffet et de saboter leur machine à voter entre deux petits fours. Allez, en route, la France nous regarde et ma vessie me réclame !

Saison 1 – Épisode 3 – Cocktails vénéneux et cyber-sirènes

Le décor : Un azur de carte postale. Des transats en teck, des serveurs en livrée blanche et, au milieu de ce décor de cinéma, deux femmes qui ne sont pas là pour bronzer : Irina, la sculpturale « Veuve » du Kremlin, et Noa, l’icône technologique du Mossad.

San-Antonio : — Regarde-moi ces deux-là, Béru. On dirait que la Silicon Valley a fusionné avec un défilé de haute couture. Elles ne quittent pas des yeux cette statue de Sphinx sur le guéridon. C’est plus qu’un bibelot, c’est l’antenne-relais de leur fin du monde.

Béru : (ajustant son slip de bain léopard qui fait fuir les iguanes) — Dis donc, San-A, la grande brune avec son regard de banquise, elle me donne des frissons dans les vertèbres. Par contre, la petite blonde, Noa, elle manipule sa tablette avec une telle dextérité que j’en ai le tournis. Si je m’approche pour leur demander l’heure, tu crois qu’elles me balancent un virus ou une baffe ?

San-Antonio : — Probablement les deux, et dans cet ordre. On va jouer la carte du « French Paradox ». Je vais tenter une approche veloutée auprès d’Irina. Toi, tu vas créer une diversion au bar. Renverse ton pastis, commande douze douzaines d’huîtres, fais le Béru, quoi ! Il faut que Noa lâche sa tablette des yeux une minute, le temps que je scanne le Sphinx.

Béru : — Compris ! Je vais leur faire le numéro du touriste hexagonal en manque de calories. Ça va gicler du soda et de la cacahuète, je te le garantis !

(Berrurier s’ébranle vers le bar avec la grâce d’un brise-glace en dérive. San-Antonio, lui, lisse sa veste de lin blanc et s’avance vers Irina avec son plus beau sourire de prédateur diplomatique.)

San-Antonio :“Pardonnez mon intrusion, Madame, mais j’hésite… Est-ce le bleu de cette piscine ou l’éclat de votre regard qui rend cette Floride soudainement supportable ?”

Irina :(sans lever les yeux de son écran, d’une voix de velours glacé) — Le bleu de la piscine est artificiel, Monsieur. Mon regard aussi. Quant à votre flatterie, elle accuse un retard de vingt ans sur la mode locale. Vous travaillez pour qui ? La CIA ou un parfumeur en faillite ?

Noa :(souriant malicieusement à San-A tout en tapant un code de sécurité) — Laisse-le, Irina. C’est un Français. Ils sont programmés pour ça. C’est charmant, comme un vieux disque vinyle qui raye.

Saison 1 – Épisode 4 : Le scan du Sphinx et le grand fracas du buffet

Le décor : Le bar de la piscine. Des pyramides de crevettes géantes, des montagnes de mousse d’avocat et des verres de champagne qui attendent le signal du « Don ». Noa a posé sa tablette un quart de seconde pour ajuster ses lunettes de soleil.

San-Antonio :(murmurant dans son micro-cravate) Béru, c’est le moment. Irina est occupée à dédaigner mon ascendance, mais Noa surveille encore le Sphinx du coin de l’œil. Il me faut trente secondes de chaos pur. À toi de jouer, mon colosse.

Béru :(dans l’oreillette, avec un bruit de mastication) Reçu, mon prince. Je vais leur faire une démonstration de « gravité terrestre » appliquée à la gastronomie américaine. Attention les mirettes, ça va secouer les glaçons !

(Berrurier s’approche du bar d’un pas lourd. Il feint de glisser sur une feuille de palmier imaginaire. Dans sa chute spectaculaire, il accroche la nappe, entraînant avec lui une fontaine de punch et trois douzaines de canapés au crabe. Le bruit est assourdissant. Les gorilles de Vlad sortent leurs armes, Noa sursaute et lâche sa tablette pour éviter l’inondation de rhum.)

Béru :(hurlant au milieu des débris) Ah ! Nom de d’là ! Ma hanche ! Et mon hot-dog qui a fait un vol plané dans la piscine ! C’est un attentat ! Appelez un vétérinaire !

San-Antonio :(profitant de la confusion, il passe sa montre Omega au-dessus de la statue du Sphinx) Allez, ma jolie, donne-moi tes secrets…

(La montre vibre. Le scan est complet : 100%. La clé de chiffrement est aspirée. San-A s’approche d’Irina qui s’est levée, furieuse.)

San-Antonio : — Milles excuses, chère amie. Mon cousin est un peu… exubérant. C’est l’émotion de la Floride, sans doute. Vous n’avez rien reçu sur votre robe ?

Irina :(regard noir) Votre « cousin » est une catastrophe naturelle ambulante. Dites-lui de s’éloigner avant que je ne transforme son autre hanche en puzzle.

Noa :(récupérant sa tablette) Tout va bien, Irina. Le système est toujours en ligne. Le signal SPHINX-0 est armé. Dans 40 minutes, la Renaissance commence.

« Dans les situations critiques, quand on parle avec de l’acier, il est rare que l’intelligence ait le dernier mot. » Michel Audiard

Saison 1 – Épisode 5 : Gomme brûlée et chignons défaits

Le décor : L’allée majestueuse de Mar-a-Lago. San-Antonio a récupéré une décapotable de sport (couleur « Bleu France », évidemment). Derrière, deux SUV noirs aux vitres teintées et une décapotable rouge conduite par Irina hurlent dans les rétros.

San-Antonio : — Accroche-toi aux poignées, Béru ! On a le scan, on a la statue, mais on a aussi toute la sécurité de l’État profond sur les talons. Irina a l’air d’avoir pris personnellement la tâche de sauce cocktail sur sa robe.

Béru : (la tête à moitié dehors, les cheveux au vent et les joues qui tremblent) — Dis donc, San-A ! Elle conduit comme une dératée, la Veuve ! Et la petite Noa à côté, elle brandit un truc qui ressemble pas à un rouge à lèvres, c’est un brouilleur d’ondes ou un lance-patates ?

San-Antonio : — C’est un fusil à impulsion magnétique. Si elle nous touche, la bagnole s’arrête net et on finit en conserve pour le Don. Regarde à gauche, les gorilles de Vlad essaient de nous serrer contre les palmiers !

Béru : (sortant un énorme pistolet d’une poche improbable) — Ah non ! Pas les palmiers ! J’ai pas fait tout ce chemin pour finir en salade de fruits ! Tiens, prends ça, le Russe !

(Béru tire… non pas une balle, mais une grenade fumigène artisanale de la « Boîte » qui dégage une épaisse fumée tricolore : bleu, blanc, rouge. C’est sa signature.)

San-Antonio : — Bien joué, l’artiste ! Ils sont aveuglés. Profites-en pour sortir le deuxième gadget : les clous à expansion. On va leur dégonfler l’orgueil et les pneus en même temps.

Béru : — Et voilà le travail ! Regarde-les danser la lambada avec leurs 4×4 ! Irina tire une tronche… on dirait qu’elle vient de voir le prix du gaz augmenter !

San-Antonio : — Direction l’aéroport privé. On transmet les données du « Sphinx » à Paris ».

Saison 1 – Épisode 6 – Le « décodeur » et le yaourt américain de Béru

Le décor : Une planque discrète dans le quartier de Little Haiti. Ventilateur poussif, odeur de café cubain. Le collègue de la « Boîte », Lulu-la-Précision, attend pour le transfert de données.

San-Antonio : — Lulu, prends ça. C’est le scan complet du Sphinx. Balance ça sur le canal sécurisé avant que le SVR ne nous localise. On se met au vert.

Béru : (essayant de commander un café au comptoir d’en face) — Heu… “I want a coffee, please… and a big doughnut with… avec de la confiture, you know ?” Dis-moi San-A, ils entravent que dalle à ma syntaxe, les locaux ! J’ai pourtant l’accent de Chicago, non ? “Hey, Guy ! I am a big american boy, okay ?”

San-Antonio : — Tais-toi, Béru. Ton « américain » ressemble à du patois auvergnat passé au mixeur. On file à South Beach. On va se fondre dans le décor : luxe, calme et corruption.

Saison 1 – Épisode 7 – Le carnaval des dollars et les « dents longues »

Le décor : Un penthouse à 50 millions de dollars. Piscine à débordement, valises de cash ouvertes sur les tables basses. Jared (le gendre idéal au sourire de porcelaine) et Wittkoff (celui dont les dents raient le parquet) trinquent avec des oligarques russes escortés de « sirènes » du SVR.

Béru : (planqué derrière un rideau de velours avec San-A) — La vache ! C’est pas un hôtel, c’est une succursale du paradis pour parvenus. T’as vu les dents du grand Wittkoff ? S’il s’approche du tapis, il nous le laboure en profondeur !

San-Antonio : — Regarde bien, Béru. Jared fait les présentations. Tout ce beau monde se connaît depuis la maternelle de la finance occulte. Les oligarques apportent le cash, le clan du Don apporte l’influence, et les beautés slaves apportent… le divertissement technique.

Béru : — Et ça y va à la russe, dis donc ! C’est pas de la diplomatie, c’est de la gymnastique de chambre ! Mais attends… t’as vu les petits points rouges dans les pots de fleurs ?

San-Antonio : — Exact. C’est le bouquet final. Le SVR filme pour le chantage, le Mossad enregistre pour la stratégie, et ce qui reste de « l’État Profond » américain tente de ne pas perdre le signal. C’est une partouse électronique, mon vieux. Tout le monde filme tout le monde.

Béru : — On est les seuls à pas avoir de caméra ? C’est frustrant ! On pourrait revendre les droits à la télé française, ça boucherait un coin à Macron !

San-Antonio : — On a mieux, Béru. On a la preuve que tout ce « Cirque » est une mise en scène mondiale. Allez, on décroche. On a assez vu de viande et de billets pour aujourd’hui. On rentre par le premier vol.

Fin de la saison 1

Saison 2 — La grande braderie du Sphinx

Saison 2 – Épisode 1 – Le sacre du « sultan de la moumoute »

Le décor : Washington, 20 janvier 2025. Un froid polaire, mais la foule MAGA est bouillante. Donald est à la tribune, tellement orange qu’on dirait qu’il est éclairé de l’intérieur par une ampoule de 100 watts.

Prestation de sermet de Donald Trump - Chapeau de Melania
Donald prête serment — Melania a mis le chapeau qu’elle a reçu du père Noël — Capture d’écran

Donald réélu 43e président des États-Unis d’Amérique : (au micro, hurlant) : « We did it ! On a viré les « Sleepy » et les « Nasty » ! À partir d’aujourd’hui, l’Amérique n’est plus une banque pour pays ingrats ! Vous voulez la protection ? Payez ! Vous voulez du commerce ? Payez ! Vous voulez mon autographe ? C’est 500 dollars, et c’est pas déductible des impôts ! »

Trump Signature — White House Photo
Trump est fier d’arborer sa signature. Il signe à tout va ! — White House Photo

Béru (dans la foule, portant une casquette rouge « Make Andouillette Great Again ») : — Dis donc, San-A, il a pas l’air d’avoir inventé le fil à couper le beurre, mais question décaisser le monde, il a la main leste ! T’as entendu ? Il veut taxer le camembert à 400 % ! C’est une déclaration de guerre gastrique !

San-Antonio (incognito sous un chapeau de cow-boy) : — C’est pire que ça, mon vieux. Regarde derrière lui. JD Vance, le « Crétin des Appalaches », sourit comme un prédateur devant un poulailler ouvert. Il a déjà les cartes de l’Europe sur sa tablette et il raye les pays qui ne sont pas « rentables ».

🥨 Saison 2 – Épisode 2 : Munich, le show du crétin des Appalaches

Le décor : L’Hôtel Bayerischer Hof. Une forêt de micros, des visages de ministres décomposés qui ressemblent à des harengs saurs. JD Vance s’avance vers le pupitre, mâchant un chewing-gum imaginaire avec l’assurance d’un type qui vient de racheter la salle pour en faire un parking.La Conférence sur la Sécurité de Munich commence… Les officiels allemands sont plus rigides que leurs bretzels. JD Vance est à la tribune, les mains dans les poches.

J.D. Vance, vice-président US à la Conférence de Munich sur la sécurité - Photo MSC/Preiss
J.D. Vance, vice-président US à la Conférence de Munich sur la sécurité – Photo MSC/Preiss

JD Vance : — Bon, écoutez-moi bien, les reliques du vieux monde. On va arrêter le baratin sur « l’amitié transatlantique ». C’est un concept pour les livres d’histoire et les petits fours. L’Amérique n’est plus votre garde-chiourme gratuit. Si vous voulez que les GI’s restent pour surveiller vos frontières, va falloir sortir le carnet de chèques, et pas avec de la monnaie de singe. L’Ukraine ? C’est un gouffre à dollars. On ferme le robinet. Si Vlad veut s’amuser à redessiner les cartes au compas, c’est votre problème, pas le nôtre. On a un nouveau deal avec Moscou, et vous n’êtes pas sur l’invitation. »

J.D.Vance et Donald Trump font allégeance à Poutine — E-S/IA
J.D. et Donald Trump font allégeance à Vlad — Illustration IA © European-Security

Béru (déguisé en serveur bavarois, portant six chopes d’un litre et une montagne de bretzels, Il s’approche de Vance et « trébuche » magnifiquement, arrosant le pantalon du Vice-Président d’une mousse épaisse) : — Oh ! Saine-Goulache ! Ah ! Mille bombes ! Regardez-moi ce désastre ! C’est la faute de mon centre de gravité, Monsieur le Crétin… euh, le Sénateur ! Vos paroles m’ont tellement flageolé les rotules que j’ai perdu le contrôle de la pression ! C’est le choc de vos paroles, ça m’a coupé les pattes ! Mais dites-moi, le Groenland, c’est pour y mettre vos neurones au frais ou pour y faire pousser du maïs ?

JD Vance (furieux, s’essuyant avec une serviette en soie) : — « Get this clown out of here! »

Béru (en partant, à voix basse vers San-A) : — T’as vu, San-A ? Pendant qu’il pestait contre l’humidité de son entrejambe, j’ai pu lorgner son aide-mémoire. Y’avait marqué « Opération Midnight Hammer » avec un gros point rouge sur Berlin et un autre sur Paris. Ces types-là, c’est pas des alliés, c’est des huissiers de justice mandatés par le Kremlin !

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Bombardier B2 — Photo US Air Force

San-Antonio (parlant dans son bouton de manchette) : — Bien visé, Béru ! Pendant qu’il s’essuie, j’ai récupéré son carnet de notes. C’est bien le plan de l’Opération Midnight Hammer. Ils ne veulent pas juste quitter l’Europe, ils veulent la dépecer avec Vlad.

Saison 2 – Épisode 3 : Le marché aux puces Polaire

Le décor : Un écran géant dans la « Situation Room ». Don est en visio avec le Premier Ministre danois qui a l’air d’avoir avalé un glaçon de travers. Don tient un catalogue d’immobilier de luxe et pointe une photo d’iceberg.

Donald : — « Listen, Mette, mon amie. On sait tous que le Danemark est un petit pays, très mignon, avec des gens blonds qui mangent des tartines de poisson. Mais le Groenland, c’est trop grand pour vous. C’est du gaspillage de foncier ! Moi, je vois du potentiel. Des hôtels, des golfs chauffés sous dôme, et peut-être une base de missiles avec vue sur le pôle Nord. Je vous en donne 500 milliards et je vous rajoute une carte VIP pour Mar-a-Lago valable dix ans ! C’est le deal du siècle ! Si vous refusez, je taxe vos éoliennes et vos briques de Lego à 500 %. Vos gamins vont devoir apprendre à jouer avec de la boue, croyez-moi ! »

Donald Trump, JD Vance et Elon Musk sur la banquise — Illustration © European-Security
Donald Trump, JD Vance et Elon Musk sur la banquise — Illustration IA © European-Security

Donald : — « Écoute, Danemark, ton île là, toute blanche, c’est de la place perdue ! Je vous l’achète. Je vous donne Porto Rico en échange, c’est beaucoup plus chaud, y’a des palmiers, c’est génial. Et si vous discutez, je taxe vos Lego jusqu’à ce que vos gosses jouent avec des cailloux ! »

San-Antonio : (déguisé en conseiller technique, ajustant son micro) : — (Chuchotant à Béru) Tu entends ça ? Il brade la souveraineté européenne comme s’il vendait des tapis à Barbès.

Donald Trump au Groënland — Photo Leonardo AI/E-S
Donald Trump au Groënland — Illustration © European-Security

Béru (en train de démonter un radiateur pour y placer un micro) : — C’est ignoble, mon prince ! Le Groenland ! Pourquoi pas la place du Tertre tant qu’il y est ? Demande-lui s’il veut pas aussi racheter ma tante de la Creuse, on lui fait un lot avec les pingouins. C’est pas un président, c’est un agent immobilier sous coke ! Il veut transformer l’Arctique en parc d’attraction pour oligarques en moumoute ! Chef, demande-lui s’il veut pas aussi racheter la Creuse ! On lui fait un prix de gros avec le Groenland, on lui offre un saucisson de Lyon et une photo dédicacée de Mireille Mathieu !

San-Antonio (murmurant) : — Silence, Béru ! Le pire arrive. Vlad vient d’appeler. Ils ont rendez-vous à Reykjavik pour le « Sommet des Dupes ». C’est là qu’ils vont porter le coup de grâce à l’Ukraine et envoyer le « Marteau de Minuit » sur nos systèmes de défense.

Saison 2 – Épisode 4 : Le sommet des dupes (Reykjavik nocturne)

Le décor : Une villa isolée au milieu des geysers. La vapeur d’eau chaude crée une ambiance de film d’épouvante. Don et Vlad sont assis face à face. Entre eux, une bouteille de vodka et un seau de poulet frit.

Donroe Doctrine - Trump & Poutine — Illustration © European-Security
La Donroe Doctrine – Trump & Poutine — Illustration © European-Security

Donald : — « Vlad, je te propose un deal : On se partage le monde. Je me garde les Amériques. Je récupère le Groenland et le Canada, et après j’avale l’Amérique centrale et l’Amérique latine ! Toi, je te donne l’Ukraine, l’Europe et l’Afrique. Ceux-là, je ne peux plus les voir, ce sont des gagne-petits ! Avec leurs histoires de droit international et de droits de l’homme, ils me pompent le nénuphar comme on dit dans l’Oklahoma. Et la Chine prend le reste. On lance Midnight Hammer, on leur coupe le jus, et on les laisse geler jusqu’à ce qu’ils signent le bail ! »

Vlad (sourire carnassier, les yeux pétillants de malice) : — « Ce deal est un deal que seul un génie pouvait imaginer, Donald ! Je te reconnais bien là. À Yalta, avec toi, Churchill serait reparti en slip ! Grâce à toi, Staline ne m’arrive pas à la cheville. Ma vision de la Grande- Russie et de l’Eurasie, conçue avec tant d’amour pour l’humanité, va enfin voir le jour… puisque ces ingrats d’Européens l’ont rejetée, nous allons la leur imposer par le froid. »

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Le deal du siècle — Illustration © European-Security

San-Antonio (observant la scène à travers un capteur thermique) : — Tu entends ça, Béru ? Ils se partagent la planète comme on se partage une galette des rois dans une école primaire. Sauf que là, la fève, c’est une ogive nucléaire.

Chavirage du Trump & Co en musique dans l'Arctyique — Illustration © European-Security
Chavirage du Trump & Co en musique dans l’Arctique — Illustration © European-Security

Béru (pâle, lâchant son dernier os de poulet) : — Churchill en slip… La vache ! Si le Vieux Lion voyait ça, il s’étoufferait avec son cigare. San-A, faut qu’on bouge. Si on ne court-circuite pas leur « Marteau » illico, la France va devenir une province de la Toundra et on va devoir apprendre à boire de la vodka au petit-déjeuner !

Vlad (sourire carnassier, voix de basse) : « Donald, mon ami… L’Europe est une vieille femme fatiguée. Elle a besoin de nouveaux maîtres. Toi tu prends l’Ouest pour tes affaires, moi je prends l’Est pour mon héritage. On laisse les Français et les Allemands se battre pour savoir si le camembert est bio, et nous, on s’occupe du reste

Donald : — « I love it, Vlad ! C’est ce que j’appelle un « Great Partnership ». On lance Midnight Hammer. On désactive leurs systèmes de défense par satellite, on leur coupe le gaz pendant une semaine, et quand ils seront en train de brûler leurs meubles pour se chauffer, ils viendront nous supplier à genoux. C’est là qu’on leur fera signer le bail ! »

San-Antonio (observant la scène à travers un capteur thermique) : — La messe est dite, Béru. Ils ne font plus semblant. Ils partagent le gâteau et on est les miettes.

Béru (pâle pour la première fois de sa vie) : — Nom d’un chien de bois… Midnight Hammer, c’est pas un nom de code, c’est une condamnation à mort. San-A, va falloir appeler le Sphinx de Paris. Si on ne sabote pas leur connexion dans les vingt minutes, l’Europe va se réveiller avec la gueule de bois du siècle… et sans clé pour la serrure !

Saison 2 – Épisode 5 – Le choc des glaçons et la colère du Sphinx

Le Don : — « Le Canada, c’est juste une banlieue du Vermont qui a mal tourné. Et le Groenland, c’est mon futur terrain de golf « Ice-Extreme ». Si les Danois pleurnichent, on leur coupe l’accès à Disney World ! »

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Faudrait quand même pas oublier la France et l’Angleterre ! — Infographie © European-Security

Béru (en direct d’une cabine téléphonique à Ottawa, gelé jusqu’aux amygdales) : — « San-A ! Les Canadiens ont coupé la flotte ! Y’a plus une goutte pour le pastis de l’ambassade ! C’est la fin du monde civilisé ! Par contre, Macron vient de piquer une colère noire à la télé. Il veut envoyer la « Force d’Intervention Européenne » planter des tentes sur la calotte glaciaire. On va voir ce qu’on va voir, qu’il a dit ! »

San-Antonio : — « La Force Européenne ? Ils vont arriver avec trois canoës et des pulls en laine bio pendant que Don déploie ses brise-glaces nucléaires. C’est l’opération « Moucherons contre Éléphants ». faut changer de tactique, Béru. Le muscle ne marche pas, on va passer à la séduction. »

Saison 2 – Épisode 6 – « Papa » et les yeux doux à la Maison-Blanche

Le décor : Le Bureau Ovale. Don est assis comme un roi sur son trône. Une délégation européenne entre, la mine basse, comme des écoliers convoqués chez le directeur. Mark Rutte essaie de sourire et Ursula a sorti son brushing de gala.

Trump & European Leaders - White House Photo by Daniel Torok 2025-0818
Trump reçoit les chefs d’État européens et Ursula von der Loyen – White House Photo by Daniel Torok 2025-0818

Donald (ignorant Rutte, fixant Ursula) : — « Hey, qui est la jolie blonde ? C’est ça, la Présidente de l’Europe ? Enfin une décision intelligente de leur part ! Mark, dégage, tu me caches la vue. Ursula, venez vous asseoir près de Papa. On va discuter de vos taxes sur les voitures. Si vous êtes gentille, je vous laisse peut-être garder la Belgique… enfin, la moitié. »

Mark Rutte (mielleux, frottant ses mains) : — « Allons, Monsieur le Président… cher Donald… Nous sommes des alliés historiques. L’Europe vous aime ! Regardez, on a même apporté un contrat pour acheter votre gaz de schiste pour les cent prochaines années. On peut oublier cette histoire de Groenland, non ? »

Ursula (battant des cils avec une précision de métronome) : — « Donald… un homme aussi puissant que vous n’a pas besoin de fâcher ses amis. L’Europe est prête à faire des efforts… des efforts très personnels pour vous satisfaire. »

Béru (caché derrière un rideau, déguisé en plante verte) : — « Dis donc, San-A, elle nous fait le grand jeu de la séduction diplomatique ! On dirait un remake de Sissi Impératrice chez les cow-boys. Elle lui fait les yeux doux comme si elle voulait lui vendre un abonnement à la Philharmonie de Berlin ! »

San-Antonio (soupirant) : — « C’est leur dernière chance, Béru. Si le charme slave de Vlad a marché, ils espèrent que le charme européen d’Ursula calmera la bête. Mais Don ne veut pas de sourires, il veut le titre de propriété du continent. Regarde sa main, il cherche déjà son stylo pour signer le dépeçage… »

Fin de la saison 2

Décryptage : L’ultime recours : la satire face au naufrage du réel

Quand l’actualité n’est plus qu’une répétition bégayante d’absurdités, le journalisme factuel finit par mordre la poussière. À quoi bon disséquer les éructations d’un milliardaire messianique qui, entre deux crises de narcissisme aigu et une absence cognitive flagrante, se rêve en architecte d’un monde qu’il ne comprend plus ? Suivre au jour le jour les dérives de ce « m’as-tu-vu » de Mar-a-Lago, c’est accepter de devenir le greffier de sa sénilité. La satire n’est pas ici une option, c’est une nécessité de salubrité publique. Elle seule permet de briser le miroir aux alouettes d’un homme qui se prend pour le Tout-Puissant alors qu’il n’est que le pantin de ses propres égarements.

En mettant en scène ses délires par le biais de San-Antonio ou de la Toundra, on ne se contente pas de rire : on décode la menace. Là où l’analyse politique classique s’épuise à chercher une logique là où ne règne que le chaos d’un esprit embrumé, la satire frappe au cœur du grotesque pour en révéler la dangerosité. Quand le roi est nu et qu’il commence à confondre l’Apocalypse avec un tour de golf, le pamphlet devient le dernier rempart de la lucidité. Ce n’est plus de l’information, c’est de l’exorcisme.

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