« Partners in Leadership » : Le plan de Bush pour l’Europe

Allocution aux citoyens de Mayence, République fédérale d’Allemagne, prononcée par le président George H. W. Bush — à Mayence, (Allemagne) le 31 mai 1989.

Merci, Chancelier Kohl. D’entrée de jeu, sachez que — pour que vous ne pensiez pas qu’il ait oublié son Land d’origine parce qu’il est devenu Chancelier de la République fédérale — le Chancelier Kohl m’a, ces dernières vingt-quatre heures, convaincu qu’en venant dans ce Land, à Mayence, j’allais arriver au paradis. Et maintenant que j’y suis, je crois bien qu’il n’avait pas tort. Merci à tous.

Docteur Wagner, Monsieur le Maire, chers hôtes, je remercie aussi ces deux orchestres, ouest-allemand et américain, pour cette musique entraînante. Et Chancelier Kohl, je vous remercie encore de m’avoir invité dans cette ville belle et ancienne, lors de mon premier voyage présidentiel en République fédérale d’Allemagne. Nous venons de conclure, vous et moi, nos délibérations au sommet de l’OTAN à Bruxelles — un excellent début pour notre partenariat de travail en tant que Chancelier et Président.

Ici, à Mayence, sur les rives du Rhin, on dit souvent que ce cœur de vignobles et de villages de montagne incarne l’âme même de l’Allemagne. Mayence offre donc un cadre approprié pour qu’un président américain s’adresse au peuple allemand. Aujourd’hui, je viens vous parler non seulement de notre défense commune, mais de nos valeurs partagées. Je viens vous parler non seulement des choses de l’esprit, mais des aspirations les plus profondes du cœur.

Ce matin même, Barbara et moi avons été charmés par nos rencontres. J’ai vu un petit groupe d’étudiants allemands, des jeunes gens brillants qui avaient étudié aux États-Unis. Leur connaissance de notre pays et du monde était impressionnante, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais malheureusement, trop de gens en Occident, Américains et Européens confondus, semblent avoir oublié les leçons de notre héritage commun et la façon dont le monde que nous connaissons est advenu. Cela ne doit pas être, et cela ne peut pas être.

Nous devons nous rappeler que la génération qui s’affirme aujourd’hui en Amérique et en Europe occidentale hérite de dons plus grands que ceux légués à toute autre génération de l’histoire : la paix, la liberté et la prospérité. Cet héritage est possible parce qu’il y a quarante ans, les nations de l’Occident se sont jointes dans cette noble cause commune qu’est l’OTAN. D’abord, il y eut la vision — le concept de peuples libres d’Amérique du Nord et d’Europe œuvrant à protéger leurs valeurs. Ensuite, il y eut le partage concret des risques et des charges, et une reconnaissance réaliste de l’expansionnisme soviétique. Enfin, il y eut la détermination de regarder au-delà des vieilles animosités. L’Alliance atlantique n’a rien fait de moins que permettre à l’Europe occidentale de guérir des rivalités séculaires, d’amorcer une ère de réconciliation et de restauration. Ce fut, en réalité, une seconde Renaissance de l’Europe.

Comme vous le savez mieux que personne, ce n’est pas seulement le 40ᵉ anniversaire de l’Alliance, c’est aussi le 40ᵉ anniversaire de la République fédérale : une République née dans l’espoir, trempée par l’épreuve. Et au plus fort de la crise de Berlin, en 1948, Ernst Reuter a appelé les Allemands à tenir bon, avec assurance — et vous l’avez fait, avec courage, magnifiquement.

Le génie historique du peuple allemand a fleuri dans cette ère de paix, et votre nation est devenue un leader technologique et la quatrième économie du monde. Mais plus important encore, vous avez inspiré le monde en promouvant avec force les principes des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté. Les États-Unis et la République fédérale ont toujours été des amis fidèles et des alliés, mais aujourd’hui nous partageons un rôle supplémentaire : partenaires dans le leadership (partners in leadership).

Le leadership a bien sûr un compagnon constant : la responsabilité. Et notre responsabilité est de regarder devant nous et de saisir la promesse de l’avenir. J’ai dit récemment que nous étions à la fin d’une ère et au début d’une autre. Et j’ai noté qu’à l’égard de l’Union soviétique, notre politique est de dépasser l’endiguement (containment).

Pendant quarante ans, les graines de la démocratie en Europe de l’Est sont restées dormantes, enfouies sous la toundra gelée de la Guerre froide. Et pendant quarante ans, le monde a attendu la fin de la Guerre froide. Décennie après décennie, l’esprit humain en fleur s’est flétri sous le froid du conflit et de l’oppression ; et, encore, le monde a attendu. Mais la passion pour la liberté ne peut être niée éternellement. Le monde a assez attendu. Le moment est venu. Que l’Europe soit entière et libre.

Pour les fondateurs de l’Alliance, cette aspiration était un rêve lointain ; elle est désormais la nouvelle mission de l’OTAN. Si d’anciens rivaux comme la Grande-Bretagne et la France, ou la France et l’Allemagne, ont pu se réconcilier, pourquoi pas les nations de l’Est et de l’Ouest ? À l’Est, des hommes et des femmes courageux nous montrent la voie. Regardez la Pologne, où Solidarność et l’Église catholique ont obtenu un statut légal. Les forces de la liberté mettent le statu quo soviétique sur la défensive. Et à l’Ouest, nous avons réussi parce que nous sommes restés fidèles à nos valeurs et à notre vision. De l’autre côté du Rideau de fer rouillé, leur vision a échoué.

La Guerre froide a commencé avec la division de l’Europe. Elle ne peut se terminer que lorsque l’Europe sera entière. Aujourd’hui, c’est ce concept même d’une Europe divisée qui est assiégé. Et c’est pourquoi nos espoirs sont si grands : car la division de l’Europe n’est pas assiégée par des armées, mais par la propagation d’idées qui ont commencé ici même.

C’est un fils de Mayence, Johannes Gutenberg, qui a libéré l’esprit humain par le pouvoir du mot imprimé. Et ce même pouvoir libérateur se déploie aujourd’hui sous cent formes nouvelles. La Voix de l’Amérique, la Deutsche Welle, nous permettent d’éclairer des millions de personnes au cœur de l’Europe de l’Est et à travers le monde. Les satellites de télévision nous permettent d’être témoins, des chantiers navals de Gdańsk à la place Tian’anmen. Mais l’élan vers la liberté ne vient pas seulement du mot imprimé, du transistor ou de l’écran de télévision ; il vient d’une idée simple et puissante : la démocratie.

Cette idée balaie l’Eurasie. C’est elle qui explique que le monde communiste, de Budapest à Pékin, soit en effervescence. Bien sûr, pour les dirigeants de l’Est, il ne s’agit pas simplement de liberté pour la liberté. Mais quelle que soit leur motivation, ils libèrent une force qu’ils auront du mal à canaliser ou à contrôler : la soif de liberté de peuples opprimés qui ont goûté à la liberté.

Nulle part cela n’est plus manifeste qu’en Europe de l’Est, berceau de la Guerre froide. En Pologne, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Armée soviétique a empêché les élections libres promises par Staline à Yalta. Aujourd’hui, les Polonais font les premiers pas vers une véritable élection, si longtemps promise, si longtemps différée. Et en Hongrie, nous voyons enfin une chance de compétition multipartite dans les urnes.

En tant que président, je continuerai à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à ouvrir les sociétés fermées de l’Est. Nous recherchons l’autodétermination pour toute l’Allemagne et toute l’Europe de l’Est. Et nous ne relâcherons pas nos efforts, et nous ne devons pas faiblir. Encore une fois, le monde a assez attendu.

Mais le chemin de la démocratie vers l’Est n’est pas facile. Des intellectuels comme le grand dramaturge tchèque Václav Havel travaillent encore sous l’ombre de la coercition. Et la répression menace encore trop de peuples d’Europe de l’Est. Des barrières et des barbelés enferment encore des nations. Aussi, lorsque je me rendrai en Pologne et en Hongrie cet été, je porterai ce message : il ne peut y avoir de maison européenne commune tant que tous ceux qui l’habitent ne sont pas libres de circuler de pièce en pièce. Et je porterai un autre message : le chemin de la liberté mène à une maison plus vaste, une maison où l’Ouest rencontre l’Est, une maison démocratique, le Commonwealth des nations libres.

J’ai dit que des pas positifs des Soviétiques seraient accueillis par des pas de notre part. C’est pourquoi j’ai annoncé, le 12 mai, une disposition à envisager d’accorder aux Soviétiques une dérogation temporaire aux restrictions commerciales Jackson-Vanik s’ils libéralisent l’émigration. Et c’est aussi pourquoi j’ai annoncé lundi que les États-Unis étaient prêts à abandonner la norme du « sans exception » qui guidait notre approche du contrôle des exportations de technologie vers l’Union soviétique, levant une sanction adoptée en réponse à leur invasion de l’Afghanistan.

Dans ce même esprit, j’ai formulé quatre propositions pour guérir la tragique division de l’Europe, pour aider l’Europe à devenir entière et libre.

Premièrement, je propose que nous renforcions et élargissions le processus d’Helsinki afin de promouvoir des élections libres et le pluralisme politique en Europe de l’Est. À mesure que les forces de la liberté et de la démocratie se lèvent à l’Est, nos attentes doivent croître aussi. Et tisser ensemble les fils ténus de la liberté à l’Est exigera beaucoup des démocraties occidentales.

En particulier, les grands partis politiques de l’Occident doivent assumer une responsabilité historique : apporter conseil et soutien à ces hommes et femmes courageux qui tentent de former les premiers partis politiques véritablement représentatifs à l’Est, pour faire progresser la liberté et la démocratie, pour écarter le Rideau de fer.

En fait, il a déjà commencé à s’écarter. La frontière de barbelés et de champs de mines entre la Hongrie et l’Autriche est en train d’être retirée, pied par pied, mille par mille. Tout comme les barrières tombent en Hongrie, elles doivent tomber dans toute l’Europe de l’Est. Que Berlin soit la prochaine — que Berlin soit la prochaine ! Nulle part la division entre l’Est et l’Ouest n’est plus visible qu’à Berlin. Et là, ce mur brutal sépare voisin de voisin, frère de frère. Ce mur reste un monument à l’échec du communisme. Il doit tomber.

Le glasnost est peut-être un mot russe, mais « l’ouverture » est un concept occidental. Berlin-Ouest a toujours joui de l’ouverture d’une ville libre, et notre proposition ferait de tout Berlin un centre d’échanges entre l’Est et l’Ouest — un lieu de coopération, non un point de confrontation. Et nous nous engageons de nouveau dans l’initiative alliée de 1987 visant à renforcer la liberté et la sécurité dans cette ville divisée. Telle est donc ma deuxième proposition : apporter le glasnost à Berlin-Est.

Ma génération se souvient d’une Europe ravagée par la guerre. L’Europe a depuis longtemps reconstruit ses fières cités et restauré ses cathédrales majestueuses. Mais quelle tragédie ce serait si votre continent était de nouveau meurtri, cette fois par un danger plus subtil et plus insidieux — celui, comme l’a évoqué le Chancelier, des rivières empoisonnées et des pluies acides. L’Amérique a connu une tragédie environnementale en Alaska. Des pays, de la France à la Finlande, ont souffert après Tchernobyl. L’Allemagne de l’Ouest lutte aujourd’hui pour sauver la Forêt-Noire. Et nous avons tous appris une terrible leçon : la destruction de l’environnement ne respecte aucune frontière.

Ma troisième proposition est donc de travailler ensemble sur ces problèmes environnementaux, les États-Unis et l’Europe occidentale tendant la main vers l’Est. Puisqu’il reste beaucoup à faire à l’Est comme à l’Ouest, nous demandons à l’Europe de l’Est de se joindre à nous dans ce combat commun. Nous pouvons offrir une formation technique, une assistance à la rédaction de lois et de règlements, et de nouvelles technologies pour s’attaquer à ces problèmes redoutables. Et j’invite les défenseurs de l’environnement et les ingénieurs de l’Est à venir en Occident, pour partager leurs connaissances afin que nous réussissions dans cette grande cause.

Ma quatrième proposition — en réalité un ensemble de propositions — concerne une Europe moins militarisée, le continent le plus lourdement armé du monde. Nulle part cela n’a plus d’importance que dans les deux Allemagnes. Et c’est pourquoi notre quête d’une réduction sûre des armements revêt une signification particulière pour le peuple allemand.

À ceux qui s’impatientent de la lenteur mesurée de nos réductions d’armements, je suggère respectueusement que l’Histoire nous enseigne une leçon : l’unité et la force sont le catalyseur et le préalable au contrôle des armements. Nous avons toujours cru qu’une défense occidentale forte était la meilleure voie vers la paix. Quarante ans d’expérience nous ont donné raison. Mais nous avons fait plus que maintenir la paix. En restant unis, nous avons convaincu les Soviétiques que leur course aux armements a été coûteuse et vaine. Ne leur donnons pas de raisons de revenir aux politiques du passé. Donnons-leur toutes les raisons d’abandonner la course aux armements au profit de la race humaine.

En cette ère de négociation et de camps armés, l’Amérique comprend que l’Allemagne de l’Ouest porte un fardeau particulier. Bien sûr, à cette ère nucléaire, chaque nation est en première ligne, mais toutes les nations libres ne sont pas appelées à supporter la tension d’une activité militaire régulière ou la présence constante de forces militaires étrangères. Nous sommes sensibles aux conditions particulières qu’impose cette présence nécessaire.

Pour alléger sensiblement le fardeau des camps armés en Europe, nous devons être résolus dans notre recherche d’accords solides et vérifiables entre l’OTAN et le Pacte de Varsovie. Lundi, avec mes collègues de l’OTAN à Bruxelles, j’ai partagé mon grand espoir pour l’avenir des négociations sur les armements conventionnels en Europe. Je leur ai présenté une proposition pour parvenir prochainement à des réductions significatives.

Et comme vous le savez, le Pacte de Varsovie a désormais accepté les éléments majeurs de notre approche occidentale pour les nouvelles négociations sur les armements conventionnels à Vienne. Le bloc de l’Est reconnaît qu’il existe un déséquilibre substantiel entre les forces conventionnelles des deux alliances, et il s’est rapproché de la position de l’OTAN en acceptant la plupart des éléments de notre proposition initiale. Ces avancées encourageantes ont créé l’opportunité d’une action créative et décisive, et nous ne laisserons pas passer cette occasion.

Notre proposition comporte plusieurs initiatives clés. Je propose que nous consolidions l’accord de l’Est sur les plafonds proposés par l’Occident concernant les chars et les véhicules blindés de transport de troupes. Nous devrions aussi rechercher un accord sur un plafond numérique commun pour l’artillerie, dans la fourchette entre celle de l’OTAN et celle du Pacte de Varsovie, à condition que ces problèmes de définition puissent être résolus. Et les armes retirées doivent être détruites.

Nous devrions étendre notre offre actuelle pour inclure tous les avions de combat et hélicoptères terrestres, en proposant que les deux camps réduisent ces catégories à un niveau inférieur de 15 % aux totaux actuels de l’OTAN. Étant donné l’avantage numérique du Pacte de Varsovie, celui-ci devrait consentir des réductions bien plus profondes que l’OTAN pour établir la parité à ces niveaux plus bas. Là encore, les armes retirées doivent être détruites.

Je propose une réduction de 20 % des effectifs de combat des forces américaines stationnées, et un plafond en résultant pour les forces terrestres et aériennes américaines et soviétiques stationnées hors de leur territoire national dans la zone de l’Atlantique à l’Oural, à environ 275 000 hommes chacune. Cette réduction vers la parité, un niveau de force juste et équilibré, contraindrait les Soviétiques à réduire leur Armée rouge de 600 000 hommes en Europe de l’Est de 325 000 hommes. Et ces forces retirées doivent être démobilisées.

Enfin, j’appelle le président Gorbatchev à accélérer le calendrier pour parvenir à ces accords. Rien ne justifie que le délai de cinq à six ans suggéré par Moscou soit nécessaire. Je propose un calendrier beaucoup plus ambitieux. Nous devrions viser à conclure un accord dans un délai de six mois à un an, et à accomplir les réductions d’ici 1992, ou 1993 au plus tard.

Outre mes propositions sur les armements conventionnels, je crois que nous devrions nous efforcer d’améliorer l’ouverture avec laquelle nous-mêmes et les Soviétiques conduisons nos activités militaires. Je veux donc réitérer mon soutien à une plus grande transparence. Je renouvelle ma proposition que l’Union soviétique et ses alliés ouvrent leur ciel à des vols de surveillance aérienne réciproques, non armés, menés à court préavis, pour observer les activités militaires. Les satellites sont un moyen très important de vérifier les accords de contrôle des armements, mais ils ne couvrent pas en permanence l’Union soviétique. Une politique de « ciel ouvert » rapprocherait les deux camps d’une couverture continue totale, tout en symbolisant une plus grande ouverture entre l’Est et l’Ouest.

Telles sont mes propositions pour parvenir à une Europe moins militarisée. Il y a peu de temps encore, elles auraient été jugées trop révolutionnaires pour être envisagées ; et pourtant, aujourd’hui, nous sommes peut-être à la veille d’un accord en Europe plus ambitieux que quiconque ne l’aurait cru possible.

Mais nous sommes aussi mis au défi par des développements hors du champ traditionnel de préoccupation de l’OTAN. Chaque nation occidentale reste confrontée à la prolifération mondiale de technologies létales, y compris les missiles balistiques et les armes chimiques. Nous devons collectivement contrôler la propagation de ces menaces croissantes. Nous devrions donc commencer dès que possible par une interdiction mondiale des armes chimiques.

Une liberté politique croissante à l’Est, un Berlin sans barrières, un environnement plus propre, une Europe moins militarisée — chacun de ces objectifs est noble, et, pris ensemble, ils forment le fondement de notre vision plus vaste : une Europe libre et en paix avec elle-même. Alors, que les Soviétiques sachent que notre but n’est pas de porter atteinte à leurs intérêts de sécurité légitimes. Notre but est de les convaincre, étape par étape, que leur définition de la sécurité est obsolète, que leurs craintes les plus profondes sont infondées.

Lorsque l’Europe occidentale franchira son pas de géant en 1992, elle institutionnalisera ce qui est vrai depuis des années : des frontières ouvertes aux personnes, au commerce, aux idées. Aucune ombre de suspicion, aucune peur sinistre ne se dresse entre vous. La perspective même d’une guerre au sein de l’Occident est impensable pour nos citoyens. Mais une telle intégration pacifique des nations dans une communauté mondiale ne signifie pas qu’une nation doive renoncer à sa culture, et encore moins à sa souveraineté.

Ce processus d’intégration — ce tissage subtil d’intérêts partagés, presque achevé en Europe occidentale — a désormais enfin commencé à l’Est. Nous voulons aider les nations d’Europe de l’Est à réaliser ce que nous, nations d’Europe occidentale, avons appris depuis longtemps : le fondement d’une sécurité durable ne vient pas des chars, des troupes ou des barbelés ; il se construit sur des valeurs partagées et des accords qui lient les peuples libres. Les nations d’Europe de l’Est redécouvrent les gloires de leur héritage national. Que les couleurs et les nuances de la culture nationale reviennent donc dans ces sociétés grises de l’Est. Que l’Europe renonce à une paix de tension pour une paix de confiance, où les peuples de l’Est et de l’Ouest pourront se réjouir — un continent divers mais entier.

Quarante ans de Guerre froide ont mis à l’épreuve la résolution occidentale et la force de nos valeurs. La première mission de l’OTAN touche désormais presque à son terme. Mais si nous voulons accomplir notre vision — notre vision européenne —, les défis des quarante prochaines années ne nous demanderont pas moins. Ensemble, nous répondrons à cet appel. Le monde a assez attendu.

Merci de m’avoir invité à Mayence. Que Dieu vous bénisse tous. Longue vie à l’amitié entre l’Allemagne et les États-Unis. Merci, et que Dieu vous bénisse.

Discours prononcé à 13h16 à la Rheingoldhalle de Mayence. Source : George Bush, Remarks to the Citizens in Mainz, Federal Republic of Germany, The American Presidency Project (Gerhard Peters et John T. Woolley), document du gouvernement fédéral américain, domaine public.

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Discours prononcé à 13h16 à la Rheingoldhalle de Mayence. Source : George Bush, Remarks to the Citizens in Mainz, Federal Republic of Germany, The American Presidency Project (Gerhard Peters et John T. Woolley), document du gouvernement fédéral américain, domaine public.