Andrzej Duda
Quentin Dickinson

La fin de l’optimisme

On a beau être résolument optimiste, il y a des moments où le doute est permis. Face à tous les dangers qui visent nos démocraties, maintenir la cohésion de 27 États tient parfois du miracle. Comme le dit Quentin Dickinson « le contexte actuel au Proche-Orient n’incite pas franchement à l’optimisme et l’actualité politique en Europe reste préoccupante à bien des points de vue.» Au-delà des menaces extérieures qui sont bien réelles, à l’intérieur de l’Union européenne l’arrivée au pouvoir de partis populistes et résolument pro-russes menace la cohésion de l’Union européenne et risquant sinon de paralyser, du moins de diminuer son influence.

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Ivan le terrible et Nicolas II
Françoise Thom

Le vortex d’autodestruction dans l’histoire russe : d’Ivan le Terrible à Poutine

La frénésie de destruction et d’autodestruction qui s’est emparée du régime poutinien à partir de 2012 est un phénomène mystérieux, même à l’aune du comportement des dictatures. Mais lorsqu’on se penche sur l’histoire russe, on s’aperçoit que ces accès de furie dévastatrice sont récurrents et semblent régis par un scénario immuable qui traverse les siècles. Le régime de Poutine se reconnaît volontiers dans celui d’Ivan le Terrible, ce qui transparaît dans les tentatives de l’historiographie officielle russe de réhabiliter ce tsar, reprenant la voie tracée par l’historiographie stalinienne. Ivan le Terrible a été noirci à tort par les témoins étrangers, nous dit-on, alors que ses mérites sont immenses.

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Quentin Dickinson

L’Europe face au chaos

Entre deux guerres, l’une en Europe et l’autre à ses portes, visant deux démocraties déterminées à le rester, face à une barbarie qu’on croyait révolue, et devant des crises majeures, l’Union européenne n’a plus qu’un seul choix : Résister. Et pour cela, il faut que les 27 continuent d’afficher leur cohésion en trouvant des solutions communautaires exemplaires pour donner aux autres démocraties l’envie d’imiter le modèle européen. Un quarteron d’États voyous va t’il réussir à semer la zizanie après le chaos dans le reste du monde qui aspire à vivre libre ? Il est évident que les démocraties seront toujours désarmées pour lutter efficacement face à des dictatures. « Si tu veux la paix, prépare la guerre », le vieil adage n’a pas vieilli. Il serait temps de voir à qui profite le crime et de prendre des mesures de coercition exemplaires et malheur à qui contreviendrait aux sanctions, ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui. Avant qu’il ne soit trop tard !

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Réunion des ministres des affaires-étrangères de l'UE à Kiev
Quentin Dickinson

Les rouages de la machine institutionnelle

« Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions ». Ce constat, on le trouve dans les mémoires d’un homme considéré comme l’un des pères de l’Europe, Jean Monnet. Et plus l’institution devient importante, plus elle comporte de rouages, lesquels, du plus petit au plus grand, sont toujours déterminants. Les institutions européennes permettent à 27 pays démocratiques de trouver des solutions communautaires, de régler à l’amiable des conflits ou d’agir. A un moment où le chaos menace, le choix est entre le chacun pour soi et l’action concertée. Ceci n’empêche pas, comme le dit Quentin Dickinson, de « légitimes sources d’inquiétude pour les Européens, qui se découvrent sans influence sur le conflit entre Israël et l’Iran, et incapables de se substituer aux États-Unis dans le soutien financier et militaire à l’Ukraine.»

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Peter Pelligrini
Quentin Dickinson

Slovaquie : Fico or not Fico ?

Avec Robert Fico, la Slovaquie va-t-elle ou non mettre le cap à l’Est toute ? Si le monde se posait la question lundi matin, lundi soir on se la posait moins à Bratis-lava et à Bruxelles où l’initiative de Peter Pellegrini a été accueillie avec autant de prudence que de satis-faction. L’enjeu est important. L’abandon du soutien à l’Ukraine sera évidemment la manifestation la plus visible de cette nouvelle orientation. Le parti Smer ne considérant pas l’Ukraine comme le pays attaqué par l’agresseur russe, mais comme le responsable du conflit… La victoire d’un parti prorusse et euroscep-tique en Slovaquie — sur le modèle hongrois — deux semaines, avant des élections en Pologne est pour le moins inquiétante. Alors, Pellegrini va t’il rabattre les cartes ? That is the question….

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Robert Fico
Quentin Dickinson

Effets collatéraux de la guerre en Ukraine ou signe des temps ?

Le soutien à l’Ukraine est-il menacé ? Après la victoire d’un parti prorusse et eurosceptique en Slovaquie — sur le modèle hongrois — et des élections en Pologne dans deux semaines, les Occidentaux ne cachent plus leur inquiétude, sans parler du blocage de l’aide US et le risque d’un possible retour de Donald Trump à la Maison-Blanche… Les Européens ont décidé de réagir en faisant bloc et en affichant à Kyev leur solidarité avec l’Ukraine dans la durée, face à un agresseur pour qui la démocratie est bien le dernier de ses soucis. L’optimisme n’est pas de mise. Les élections qui se profilent ici ou là donnent à penser que certaines réformes en cours auront du mal à passer…

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2023-0517_Patrick Chappatte_Ukraine
Françoise Thom

Le deuxième front : comment la Russie veut saper le soutien occidental à l’Ukraine

« La guerre d’attrition menée par Moscou est un Katyń au ralenti, poursuivant le même but que l’exécution des officiers polonais au printemps 1940 : détruire les cadres de la Pologne (aujourd’hui de l’Ukraine) indépendante ». La Russie n’a nullement renoncé à son projet initial d’installer un gouverne-ment pro-russe à Kyïv. Et, pour parvenir à ce résultat, elle mène un travail de sape auprès des Ukrainiens eux-mêmes, mais aussi en infiltrant les cercles de décision occidentaux, à Washington et dans les capitales européennes. Empêcher le soutien occiden-tal à une victoire finale de l’Ukraine et décourager les Ukrainiens de se battre jusqu’à la victoire, tels sont les objectifs russes qu’analyse et dénonce Françoise Thom.

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Dessin de Patrick Chappatte ©
Françoise Thom

The Second Front

If there is one lesson that the Kremlin’s leaders have learned from what happened after February 24, 2022, it is that without the West and without Ukraine, Russia sinks into insignificance. Once again, we find ourselves faced with American ignorance of Russian diplomatic procedures. Of course, there is the familiar refrain: don’t humiliate Russia. Can you imagine that in April 1945, the Allies’ main concern was to “allow Hitler to save face”, “not to humiliate Germany” ? According to historian Françoise Thom, Russia has not renounced its original plan to install a pro-Russian government in Kyiv. As our eyes are riveted on the battlefield in Ukraine, we tend to forget that Russia continues to wage a parallel war against the West, this one largely invisible, just as in 1941-1945 Stalin was not fighting the Wehrmacht only…

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Siloviki_Sergei-Ivanov-Nikolai-Patrushev
Françoise Thom

Russia: The End of Consensus

According to French historian Françoise Thom, the image of an almost monolithic Putinist system now turns out to be an illusion. Putin has prevailed because he promises two things: fabulous wealth for those who serve him, and the restoration of Russia as a great power. Today, however, he has wrecked any chance of economic prosperity, and equally damagingly, has exposed Russia’s so-called return to great power status to be a bluff. Many signs indicate the “Putin consensus” is crumbling. There is talk of the emergence of a “Peace Party”. Yet the central issue over which two groups of the Russian elite are split is the policy of a break with Europe: the unconditional Putinists support a “pivot to China” and the “systemic liberals” educated by history, have understood that, without Europe, Russia is doomed to sink into insignificance.

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Amiral Christian Girard

Vilnius : jeu de rôles, contradictions, myopie ou hypocrisie ?

Les Occidentaux veulent-ils la vic-toire de l’Ukraine? Si oui, leur stratégie ne doit pas contraindre celle de l’Ukraine. Attendent-ils, espèrent-ils — voire craignent-ils — que le président Zelensky ne s’émancipe de leur tutelle? Lui seul fait réellement la guerre… L’amiral Christian Girard est de ceux qui pensent que « ce sommet de Vilnius n’a pas permis de clarifier la stratégie des Occiden-taux qui demeure plus politique que militaire, plus défensive qu’of-fensive. » A croire que, plus qu’une victoire de l’Ukraine, certains redoutent davantage une défaite de la Russie…

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