Hedy Belhassine
Tunisie de tous les dangers
Il faut remonter au siècle dernier pour trouver en Tunisie des exemples d’appels à la ségrégation raciale. Pendant l’occupation allemande (novembre 1942 à mai 1943), les nervis de la « Phalange africaine » surpassèrent en zèle les nazis pour persécuter des Tunisiens de la Hara qualifiés de « racailles youpines ». Le sinistre Parti populaire français de l’époque est aujourd’hui ressuscité dans le Parti nationaliste tunisien ouvertement raciste et dont la rhétorique du « grand remplacement » a été reprise par le Président Saïed. Le défoulement tardif des colonisés surpasse celui des colonisateurs. Ce n’est pas un hasard si Éric Zemmour, pied-noir aigri d’extrême droite a apporté son soutien. En refoulant brutalement les sub-sahariens, le Président tunisien abandonne à leurs sorts ses frères d’identité alors que par le sol et le sang, il est lui-même africain.