La relation franco-allemande à l’épreuve du temps (1)

Depuis la signature du Traité de l’Élysée, si la relation franco-allemande a bien su résister à l’épreuve du temps, les incertitudes demeurent. La fin de la guerre froide et l’unification allemande ont-elles changé la donne pour autant ? 

Par Joël-François Dumont

« Cette amitié franco-allemande est un miracle, un miracle qui a rapproché les hommes et les femmes de nos pays… L’Allemagne et la France ont besoin l’une de l’autre.» C’est avec ces mots, le 16 mai 2007, que la Chancelière Angela Merkel a accueilli Nicolas Sarkozy à Berlin, le jour même de sa prise de fonction à l’Élysée. Le nouveau président français était allé « dire au Gouvernement et au peuple Allemand, que pour la France, l’amitié franco-allemande » était « sacrée et que rien ne saurait la remettre en cause ». Depuis la signature du Traité de l’Élysée, si la relation franco-allemande a bien su résister à l’épreuve du temps, les incertitudes demeurent. La fin de la guerre froide et l’unification allemande ont-elles changé la donne pour autant ? Que penser du Traité de Lisbonne qui semble avoir été conçu pour marginaliser le Traité de l’Élysée ? Défense a décidé de rappeler quelques fondamentaux, en rendant hommage à plusieurs générations d’hommes d’État, de diplomates, de militaires, ainsi qu’à tous ceux qui ont œuvré des deux côtés du Rhin pour rapprocher nos deux pays. La raison d’être de cette relation – qui ne s’est jamais voulue exclusive – était et demeure de servir la construction européenne en posant les fondements d’une paix durable. La réconciliation et le rapprochement voulus par le général De Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer ont fait du tandem franco-allemand le moteur de cette Europe en lui donnant les impulsions qui ont permis de grandes avancées. La Chancellerie, du temps d’Helmut Kohl, comptait cinq énarques allemands… Le choix des hommes pour mener une politique n’est jamais innocent. Espérons que l’Allemagne et la France sauront maintenir le cap, contre vents et marées.

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Rencontre du général de Gaulle-Adenauer en Allemagne avec le chancelier Adenauer – Photo © Bundesarchiv

Publié dans le N°144 de la revue Défense,[1] daté de mars-avril 2010, ce « Grand dossier » consacré à la relation franco-allemande a été une occasion de donner la parole à des acteurs ou à des témoins de premier plan de ce qu’il est convenu d’appeler, depuis la signature du traité de l’Élysée, « la coopération franco-allemande ». Joël-François Dumont (*) a été chargé de la coordination de ce « Grand dossier » assez exceptionnel, à bien des égards, consacré à la « La relation franco-allemande à l’épreuve du temps ».

Plaque commémorative dà Berlin devant la Fondation Konrad Adenauer à Berlin -- Photo © Joël-François Dumont. -
Plaque commémorative devant la Fondation Konrad Adenauer à Berlin – Photo © JFD

Nous rediffusons ici, avec l’autorisation de leurs auteurs et de la rédaction de la revue, ces divers papiers ou entretiens dont l’objectif était d’évoquer des aspects parfois méconnus d’une relation que le général de Gaulle et le chancelier Adenauer avaient souhaité privilégier dans la durée pour le bien commun d’une Europe en quête d’unité. Paris et Berlin, le 23 février 2010.©

(*) Auditeur à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) et rédacteur en chef adjoint de la revue Défense

[1]  Numéro 144 de Défense, daté de Mars-avril 2010 de Défense, revue bimestrielle de l’Union des Associations des Auditeurs de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), réalisée par des bénévoles, « anciens de l’IH ». Abonnements: BP 41-00445 Armées.

Lire également :

1) La relation franco-allemande à l’épreuve du temps — Introduction : Joël-François Dumont.

2) France-Allemagne : le grand dessein — Entretien avec l’ambassadeur Pierre Maillard, Conseiller diplomatique du général de Gaulle. Un des artisans, côté français, du « Traité de l’Élysée ».

3) De Gaulle – Adenauer : une communauté de destin… : Georg Bucksch, Senior Vice-président, Direction de la Stratégie et du Marketing du Groupe EADS.

4) Coopération dans le renseignement : “De la plus grande importance…” : Ambassadeur Hans Georg Wieck, président du BND (1985-1990).

5) Coopération dans le renseignement : “Un domaine privilégié…” : Général d’armée aérienne François Mermet (2S), ancien DGSE.

6) L’intelligence économique et la coopération franco allemande… Alain Juillet, ancien Haut Responsable pour l’Intelligence Économique (2003-2009).

7) L’espionnage économique : un défi pour le BfV : Hans Elmar Remberg, vice-président de l’Office fédéral de protection.de la Constitution.

8) L’Eurocorps, traduction d’une volonté politique : Chef de Bataillon Marie-Laure Barret, ORP de l’Eurocorps.

9) La brigade franco-allemande en 2010 : Général de brigade Philippe Chalmel, Commandant la brigade-franco-allemande (BFA).

10) Le Centre Multimodal des Transports : Général de brigade aérienne Philippe Carpentier, Commandant le Centre Multimodal des Transports.

11) Échanges sur la coopération franco-allemande : Henri Conze, DGA (93-96) et Dr Martin Guddat, directeur allemand de l’Armement (94-98).

12) L’aventure européenne : de la défense à l’industrie : Amiral Alain Coldefy, Conseiller « Défense » du président d’EADS.

13) Becker : un exemple de PME franco-allemande : Roland Becker, PDG de Becker Avionics International.

14) Les services et la prise de décision politique : Joël-François Dumont, rédacteur en chef adjoint de la revue Défense.