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Françoise Thom

Un visionnaire : Adolphe de Custine (Suite)

Comment comprendre la catastrophe qui ronge la société russe depuis plus de deux siècles sans lire ou relire le livre visionnaire d’Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine ? De retour en France, le marquis publie « La Russie en 1839 » un témoignage qui avait « fortement énervé le tsar » nous dit Françoise Thom, au moins autant qu’il avait déçu le gouvernement français qui l’avait missionné en Russie pour « s’inspirer du modèle russe ». De Custine, édifié par ses découvertes, en avait tiré une conclusion sans appel : « Cet empire malgré toute son immensité n’est rien qu’une prison dont la clé est entre les mains de l’empereur; un tel État ne vit que de victoires et de conquêtes, et en temps de paix rien ne peut se comparer au malheur de ses sujets » … « Une passion forte et débridée pour la conquête bouillonne dans le cœur du peuple russe.»

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2023-0611_NAFO_Garde-à-vous
Quentin Dickinson

« En cas de guerre, la première victime, c’est la vérité »

Connaissez-vous le sigle NAFO, OFAN en français à ne pas (trop) confondre avec NATO-OTAN… C’est celui d’un groupe informel en constante expansion sur Twitter, dont le personnage-clef est un chien, souvent en uniforme de l’armée ukrainienne, et qui répond par l’humour (et massivement) à la moindre incursion dans la Twittosphère de propagandistes pro-russes, peu doués pour riposter à l’ironie mordante du chien, et qui finissent toujours par jeter l’éponge. Lorsqu’un membre du groupe détecte une cible, il déclenche le processus Article 5 (allusion au dispositif de solidarité automatique du Traité de l’OTAN) et, de partout dans le monde, les internautes de l’OFAN accourent pour assaillir l’adversaire….

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Chroniques-Quentin-Dickinson
Quentin Dickinson

OTAN-Union européenne : Un front commun ?

A Bruxelles, de mémoire d’Eurocrate, on n’avait jamais vu cela : réussir à faire travailler ensemble les militaires de l’OTAN et les civils de l’Union européenne ! Un tel un exploit ne pouvait venir que de Vladimir Poutine, involontaire comme les autres. De quoi mobiliser Quentin Dickinson dans l’une de ses chroniques hebdo-madaires sur Euroradio pour rappeler les éléments forts qui auront marqué la semaine. Laurence Aubron profite habilement de ces occasions pour nous faire partager ces événements que nous avons toutes les chances d’avoir zappés. Cette semaine, les faits sont établis : désormais l’OTAN et l’UE vont travailler de concert ! Qu’on se le dise et ce jusqu’à Vladivostock, qui ne s’appelle (pas encore) Hǎi shēn wǎi, comme d’antan, mais ce ne serait qu’une question de temps !

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Russian Teddy Military
Françoise Thom

Sanctions: Useless, Really?

Criticism mounts today in the West with the strong encouragement of Kremlin propaganda against the sanctions put in place following Russian aggression against Ukraine. These sanctions were adopted in order to “weaken the Kremlin’s ability to finance the war and to impose clear economic and political costs on the political elite of Russia responsible for the invasion”. Some pundits have lately insisted that sanctions are useless, that they have hurt Western economies more than the Russian economy. What is the truth?

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Grand spectacle à Beiing aux jeux de Pékin - dessin Patrick Chappatte
Amiral Christian Girard

Relation et antisymétrie entre les situations de l’Ukraine et de Taïwan

La relation entre la guerre d’Ukraine et la crise qui prévaut entre la Chine et Taïwan est souvent faite par les commentateurs. Il n’y a pourtant, dans les deux situations concrètes, aucune symétrie qui permettrait de percevoir des analogies et d’en tirer des conclusions immédiates. Il convient donc d’en préciser la nature, la mesure, ainsi que les conséquences éventuelles. Nous observons une guerre ouverte en Ukraine opposée à une revendication et à une menace d’invasion contre Taïwan, soit un présent dramatique d’un côté et un futur possible de l’autre, une réalité actuelle et tragique face à une virtualité.

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Livre du marquis de Custine
Françoise Thom

Un visionnaire : Astolphe de Custine

« Dans la nation, malaise ; dans l’armée, abrutissement ; dans le pouvoir, terreur partagée par ceux mêmes qui se font craindre le plus ; servilité dans l’Église, hypocrisie dans les grands, ignorance et misère dans le peuple, et la Sibérie pour tous » […] « Une passion forte et débridée pour la conquête bouillonne dans le cœur du peuple russe » […] « Un peuple rêvant de domination du monde, et nous flattant, attendant qu’il nous conquiert » […] « La Russie voit en Europe son butin, qu’elle obtiendra tôt ou tard à la suite de nos conflits ; elle sème l’anarchie parmi nous, espérant profiter de la décadence, à laquelle elle-même a contribué, puisqu’elle correspond à ses desseins » […] «Les Russes pourront vaincre tout le monde un instant avec l’épée, mais jamais avec l’aide de la pensée ; et un peuple qui n’a rien à transmettre aux autres peuples, à ceux qu’il veut conquérir, ne restera pas longtemps le plus fort.» Qui aurait imaginé que le marquis Astolphe de Custine décrivant la Russie de Nicolas 1er en 1839 peindrait également celle de Vladimir Poutine en 2022 ?

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L'option du pire en Ukraine par Patrick Chapatte — Publié le 22.2.2022 dans le Temps (Genève)
Françoise Thom

Les effets à retardement de la guerre moderne : ce que nous apprend l’histoire

Aujourd’hui, les Occidentaux se réjouissent — à juste titre — de l’élan de solidarité suscité par l‘agression russe contre l’Ukraine, solidarité entre Européens, entre Européens et Américains, entre Ukrainiens et Occidentaux. Mais cette euphorie tend à nous faire oublier que la guerre, quelle qu’en soit l’issue, déclenche des processus incontrôlables, longtemps souterrains, et qui peuvent exploser avec une virulence inattendue au moment où on s’y attend le moins. En historienne, Françoise Thom nous propose de réfléchir non seulement à l’après-Poutine, mais aussi à l’après-guerre.

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Quentin Dickinson

Georgia… Georgia… on Moscow’s Mind

La guerre d’Ukraine n’est pas sans rappeler aux Géorgiens les limites qui leur sont imposées au quotidien par le Kremlin. Leur choix reste limité entre accepter la vassalisation où subir une « opération militaire spéciale ». Cela ne les a pas empêchés de faire preuve de courage en descendant dans la rue pour réclamer l’abandon du projet de loi inspiré de Moscou sur les « agents de l’étranger ». Le 9 mars, devant l’ampleur des manifestations et sous la pression de la rue, le gouvernement fantoche installé par le Kremlin à Tbilissi a du reculer. Fait notable, un nombre important d’émigrés russes ont rejoint les rangs de la protestation…

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Quentin Dickinson

Le Désir d’Europe est à l’Est

« Les Ukrainiens combattent et souffrent pour la survie de leur pays, mais ils sont aussi aux avant-postes de la défense de toutes les valeurs des Européens … Ce que nous vivons depuis le 24 février 2022, ce n’est pas une affaire post-impériale entre deux États dont nous pourrions nous désintéres-ser pour mieux nous concentrer sur notre zone de bien-être en Europe, dont nous ne mesurons pas la rareté ni la vulnérabilité. C’est précisément du maintien de notre mode de vie, du respect de l’individu, de la protection sociale qu’il s’agit. Au-delà de l’État-provi-dence, c’est l’état de droit qui est en cause.»

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Président Kaïs Saïed
Hedy Belhassine

Tunisie de tous les dangers

Il faut remonter au siècle dernier pour trouver en Tunisie des exemples d’appels à la ségrégation raciale. Pendant l’occupation allemande (novembre 1942 à mai 1943), les nervis de la « Phalange africaine » surpassèrent en zèle les nazis pour persécuter des Tunisiens de la Hara qualifiés de « racailles youpines ». Le sinistre Parti populaire français de l’époque est aujourd’hui ressuscité dans le Parti nationaliste tunisien ouvertement raciste et dont la rhétorique du « grand remplacement » a été reprise par le Président Saïed. Le défoulement tardif des colonisés surpasse celui des colonisateurs. Ce n’est pas un hasard si Éric Zemmour, pied-noir aigri d’extrême droite a apporté son soutien. En refoulant brutalement les sub-sahariens, le Président tunisien abandonne à leurs sorts ses frères d’identité alors que par le sol et le sang, il est lui-même africain.

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