Back to Europe _ Statue de la Liberté (IA Photo)
Quentin Dickinson

Désarmant !

Le sommet extraordinaire européen sur les questions de défense et d’aide à l’Ukraine cons-titue un tournant historique. L’Europe entend couper le cordon et assumer son destin. Aban-donnée par les USA pour ne pas dire trahie par Donald Trump et son administration, l’Europe est condamnée à relever le défi. « Pour l’Europe, c’est maintenant ou jamais » comme l’a si bien dit le général Paloméros dans le Figaro. Les vingt-sept ont adopté à l’unanimité hier un plan prévoyant de dépenser 800 milliards d’euros pour leur défense. A Londres le 3 mars, à Bruxelles le 6, les États « unis » sans l’Amérique se cherchaient un leader du Monde Libre pour remplacer Donald Trump qui a tourné la page du lien transatlantique. On se demandait combien de temps il faudrait pour que les Américains se rendent enfin compte du naufrage auquel ils s’exposent. A Wall Street, c’est la chute. Les Échos le mentionnaient lundi déjà, le Monde revient sur le sujet ce jour. Après Tesla, c’est le secteur de l’armement qui est impacté comme le révèle Quentin Dickinson. Comme on dit de ce côté de l’Atlantique, « Bravo l’artiste, plus con que cela, tu meurs »

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Le Point — Une du 2.03.2025
Françoise Thom

La double vengeance de Vladimir Poutine 

La connivence pour ne pas dire la complicité entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour l’éviction de Volodymir Zelensky et le dépeçage de l’Ukraine au nom d’une « paix » russe est assurément le secret le mieux gardé de Washington. Comment les États-Unis d’Amérique ont-il pu en quatre semaines démanteler une architecture de sécurité exemplaire et un lien transatlantique qui avait duré 80 ans ? L’Amérique de Trump est en train de procéder à une révolution en s’inspirant du modèle poutinien.
Pour Françoise Thom, « Trump et Vance se sont fait les instruments de l’assassinat politique de Zelensky. L’Ukraine publiquement abandonnée par son principal allié d’outre-Atlantique, en présence d’un journaliste russe de surcroît : ce spectacle permet à Moscou de pouvoir espérer procéder à la deuxième phase de son plan, l’installation d’un collabo « pacifiste » au pouvoir à Kyïv… La poutinisation de l’Amérique est la réalisation d’un dessein nourri par les dirigeants russes depuis le milieu des années 1990.» 

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Le-Bureau Ovale transformé en saloon — Photo-©AI-E-S
Quentin Dickinson

Pile je gagne, face tu perds

Le Bureau ovale, censé être un lieu sacré aux États-Unis (pas pour Musk apparemment), est devenu le dernier saloon tendance MAGA où l’on « deale » sous les feux des projecteurs. « Pile, je gagne, Face, tu perds » a remplacé « donne moi ta montre et je te donnerai l’heure »… Ainsi en a décidé le nouveau shérif, entouré de ses adjoints étoilés et de quelques fans méritants. Les journa-listes professionnels (Associated Press) sont aujour-d’hui remplacés par des blogueurs complotistes qui marchent dans la combine. Cette fois-ci, la personne « Most Wanted » était Volodymir Zelensky. Condamné d’avance pour n’avoir pas donné les éléments prouvant que le fils de Joe était impliqué dans des affaires louches en Ukraine. Zelensky était censé céder à vie les richesses du sous-sol de l’Ukraine aux US contre des promesses fumeuses, remercier le shérif et s’excuser avant de démissionner pour laisser la place à quelqu’un de plus souple qui aurait l’oreille de Trump et la langue de Poutine. J.D. Vance, chargé des basses besognes, lancera l’estocade pour relayer un Donald visiblement à court d’argument après son poker-menteur !

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Guerres en Europe-Photo BS ©-Ivantsov
Quentin Dickinson

Guerre et Paix en Europe

« Les Européens doivent être lucides » comme le répète inlassablement Emmanuel Macron. A Washington, Républicains et Démocrates, sans l’avouer, partagent la même vision des choses : pour eux, l’Europe n’a qu’à se prendre en mains. Le désengagement américain en Afghanistan aurait du ouvrir les yeux des Européens. La France a préféré rapatrier ses troupes et ses moyens sans attendre une débâcle annoncée, suite au « deal » recherché entre une équipe de Donald Trump, alors président — dans le dos du gouvernement afghan — directement avec les Talibans. La semaine a été longue. Entre les visites d’Emmanuel Macron, de Keir Starmer et de Volodymyr Zelensky à Washington, les Européens et leurs alliés canadien et ukrainien compris devraient se retrouver à Londres pour faire le point et décider. L’heure n’est plus à la parole mais à l’action. aient se retrouver à Londres pour faire le point et décider. L’heure n’est plus à la parole mais à l’action. Comme le dit Quentin Dickinson il est grand temps de bâtir une nouvelle architecture de protection de l’Europe sans plus attendre…

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A Kiev, 40 pays soutiennent l'Ukraine — Photo © Présidence ukrainienne
Quentin Dickinson

L’Europe au pied du mur

« L’Ukraine fait partie de notre famille européenne. Les Ukrainiens ont exprimé leur désir d’un avenir au sein de l’UE. Nous en avons pris acte en accordant à l’Ukraine le statut de pays candidat et avons lancé les négociations d’adhésion. L’Ukraine a fait des progrès significatifs en matière de réformes liées à l’adhésion, et ce dans les circonstances les plus difficiles qui soient. Nous sommes déjà en train d’intégrer l’Ukraine au marché intérieur de l’UE. L’avenir de l’Ukraine et de ses citoyens se trouve dans l’Union européenne. Dans un contexte international et géopolitique difficile, nous soulignons l’importance de préserver la solidarité transatlantique et mondiale avec l’Ukraine. Nous soulignons la nécessité de veiller à ce que la communauté internationale persévère dans ses efforts pour aider l’Ukraine à parvenir à une paix globale, juste et durable fondée sur le plan de paix ukrainien.» La déclaration des trois prési-dents des institutions de l’UE peut être comprise comme l’acceptation de la nouvelle définition des relations internationales, mais aussi de la volonté d’y définir très rapidement pour l’Europe une place unique, forte, et indépendante.

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Donald Trump en campagne à Glendale, Arizona, le 23 août — Photo © Gage Skidmore
Françoise Thom

Les leçons du trumpisme pour les Européens : comment éviter une autopoutinisation de l’UE

« La frénésie d’autodestruction qui s’est emparée des États-Unis a littéralement assommé ceux des Américains qui sentent le danger où ils sont, mais assistent impuissants au naufrage de leur démocratie. En Europe, la stupeur n’est pas moindre et le saisissement pétrifie les esprits.» Françoise Thom rappelle ici les origines intellectuelles du trumpisme, énonce ses principes et explique comment la mythologie de l’État profond et la trahison des élites ont été exploitées par les propagandistes du Kremlin pour installer le chaos aux États-Unis. Les grands patrons du numérique ont également joué un rôle néfaste dans le démantèlement de l’État américain. Enfin, elle propose des mesures à prendre en urgence en Europe pour éviter de subir le même sort que les Américains. Nous devons analyser et comprendre comment les États-Unis en sont arrivés là, car nous sommes travaillés par ces mêmes forces que nous voyons à l’œuvre outre-Atlantique. L’expérience américaine doit nous instruire.

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Quentin Dickinson
Quentin Dickinson

De si grands desseins

Dans sa dernière chronique sur euradio, Quentin Dickinson évoque le « grand dessein » de Donald Trump et de sa fine équipe présidentielle en croisade pour un prix Nobel dans une catégorie qui reste à déterminer. Donald fait l’unanimité. Que ce soit après ses courtes déclarations à la Maison-Blanche aux « influenceurs » qui ont remplacé la presse accréditée — autres temps autres mœurs — entre deux signatures de décrets présidentiels, ou à bord d’Air Force One devant un micro anonyme, Donald fait le buzz. Le Canard Enchaîné qui jadis consacrait une chronique hebdomadaire au général de Gaulle, « La Cour », serait bien inspiré de lui en consacrer une chronique… En moins d’un mois la plupart des dirigeants du monde s’accordent à reconnaître que Trump dynamite chaque jour davantage son propre pays et le reste du monde. Donnons lui encore deux mois pour qu’au bout de ses cent jours on puisse faire un premier bilan de ses « grands desseins » pour compléter le seul bilan chiffré jusqu’ici avec précision par le contribuable américain depuis le 21 janvier, date de sa prise de fonction et diffusé hier soir sur LCI.

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America is back - Photo de Donald Trump sur le site officiel de la Maison-Blanche - White House Photo
Quentin Dickinson

La manipulation alimente l’imbécilité et l’imbécilité tue

« On se souviendra longtemps encore de cette Conférence 2025 sur la Sécurité de Munich » comme le dit Quentin Dickinson dans sa dernière rubrique hebdomadaire sur euradio… Elle aura acté la volonté d’un brutal découplage des États-Unis d’Amérique de leurs alliés en Europe. Elle aura manifesté l’intention américaine de tenir ceux-ci pour quantité négligeable, priés de se débrouiller seuls vis-à-vis de la menace de la Russie, miraculeusement sortie de l’opprobre international par Donald Trump et traitée d’égal à égal par Washington.»
Les dirigeants européens abasourdis découvrent la trahison d’une Amérique champion du Monde Libre, un Allié qu’ils croyaient garant de leur sécurité à qui ils ont acheté des armes au prix fort pensant être payes en retour par un parapluie… Les déclarations du secrétaire à la Défense au siège de l’OTAN Pete Hegseth et celle du vice-président J.D. Vance à la conférence de Munich, entre deux tweets de Donald Trump, sont en train d’inaugurer le monde post-démocratique.

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Dessin de Patrick Chappatte publié dans la Tribune Dimanche (©)
Amiral Christian Girard

Début 2025, la véritable fin du concept d’Occident ?

Depuis sa prise de pouvoir en janvier, l’équipe Trump dynamite jour après jour aux États-Unis, et dans le monde encore réputé libre, tout ce qui symbolise et fonde une Alliance bâtie des valeurs politiques et morales avant d’être une organisation militaire. Cette Alliance que certains imaginaient éternelle mais dont de rares visionnaires, comme De Gaulle, anticipaient la possibilité de la voir dénaturée et dépérir.

De F-D. Roosevelt en 1945 à Donald Trump en 2025, de Yalta en février 1945 à Bruxelles et Munich en février 2025, que de résonances ! On a su qui conseillait Roosevelt : Harry Hopkins, dévoué à Staline et à ses services. On lui doit d’avoir organisé à Yalta le partage de l’Europe au profit de l’URSS, malgré Churchill. Comment ne pas se poser la question de savoir qui aujourd’hui conseille Trump ? Les pays de l’Union européenne, le Royaume Uni vont-ils enfin sortir se réveiller et réagir ?
These are the two big questions !

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Lonely Man — Photo BS © Mike-Kiev
Quentin Dickinson

Esclale chez les Lotophages

Notre dépendance à la machine s’accroit chaque jour. L’informatique interconnectée fait parti de notre quotidien et transfère à la machine une partie croissante de nos fonctions cérébrales, ce qui induit « la paresse cognitive, antichambre de l’atrophie fonctionnelle irréversible .» De renon-cement en renoncement, cette dépendance risque de devenir totale selon Quentin Dickinson. Les conséquences sont multiples, notamment, « l’acceptation automatique de toute information qui paraît sur un écran, petit ou grand. Le monde perçu n’a plus que deux dimensions. C’est la validation de données anonymes, invérifiées, non-datées et hors-contexte. Dans un second temps, l’amoncellement de données contradic-toires et le cyber chaos généralisé aidant, vient l’ère du doute universel : tout ne serait plus que tentative de manipulation à des fins politiques ou commerciales, et la réaction instinctive est de rejeter en bloc le contenu des écrans ; puisque tout est suspect, rien n’est donc vrai.» Last, but not least, « nous autoprogrammons le recul de notre santé physique, directement tributaire de notre santé mentale »…

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