Jean Durtzer — Photo © Tous droits réservés
Pages d'Histoire

Le dernier salut d’un « malgré nous »

Cette plaque aux Invalides est de pierre froide, mais ton souvenir, lui, est brûlant de vie. Tu restes pour nous l’exemple que même au cœur de la contrainte la plus absolue, un homme peut toujours choisir son destin. Tu as su brandir la flamme de la Résistance là où personne ne l’attendait.

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général Jean Ganeval
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Berlin-Tegel 1948 : Le coup de génie français

D’occupants à protecteurs, les forces françaises à Berlin ont radicalement changé la donne. D’abord mise à l’écart après-guerre, la France a arraché son propre secteur pour devenir un acteur clé. Plus que des soldats, ils furent des bâtisseurs et des agents de la dénazification. Puis vint le blocus soviétique de 1948, leur heure de vérité. Tandis que les États-Unis et la Grande-Bretagne dominaient les airs, la France a joué son va-tout au sol. Leur coup d’audace : construire un aéroport entier, Tegel, en un temps record de 90 jours.

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Otto Abetz, Ambassadeur du Reich à PAris
Pages d'Histoire

« Les ambassadeurs de la collaboration »

Le documentaire de Pierre-Olivier François et Jean-Marc Dreyfus, diffusé sur Arte le 10 juin, offre une perspective fouillée et glaçante sur un aspect spécifique mais central de l’Occupation : la collaboration d’État, incarnée par deux figures aussi complémentaires qu’essentielles, le Français Fernand de Brinon et l’Allemand Otto Abetz. Loin de se contenter de survoler la période, le film dissèque la mécanique de leur action, leurs motivations idéologiques et personnelles, ainsi que les conséquences funestes de leur entente. Un documentaire essentiel qui, en se concentrant sur deux trajectoires, offre une mise en garde puissante. A partir d’images d’archives et de témoignages inédits, il montre comment des ambitions personnelles, des convictions idéologiques et un même aveuglement politique ont pu transformer des hommes en instruments d’un régime totalitaire, le régime nazi, les rendant complices des pires atrocités.

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8 Mai 2025 — Photo © Joël-François Dumont
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1945-2025 : Berlin se souvient

Mai 2025 sera marqué par la célébration du 80e anniversaire de la libération des camps de concen-tration nazis et la capitulation du IIIe Reich, sans condition. Une page d’histoire était tournée. Une page noire, écrite avec le sang de nos parents, qui sera suivie d’une autre symbolisant une période de paix, de stabilité et de prospérité sans précédent en Europe. La France en Allemagne était représentée à Ravensbrück et Sachsenhausen, comme à Berlin, par son ambassadeur, S.Exc. M. François Delattre. La célébration du 8 mai avait, cette année à Berlin, une résonnance particulière. Les Alliés d’hier célébraient le 80e anniversaire de la capitulation sans conditions du IIIe Reich, sans les Russes, exclus par les Euro-péens de toute manifestation officielle publique depuis l’invasion de l’Ukraine. La seule commémo-ration officielle qui marquera cette journée mémorable le sera dans la Julius-Leber Kaserne, l’ancienne caserne Hermann Goering, là où fut créé en 1937 la Fallschirm-Panzer-Division 1. « Hermann Göring » qui, en 1943, sera transformée pour moitié en hôpital militaire, avant de devenir pendant un demi siècle, de 1947 à 1994, le quartier général des Forces Françaises de Berlin. En 1994, le quartier sera renommé « Julius Leber Kaserne »

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Amicale française de Ravensbrück devant le lac Schwedt -— Photo © Joël-François Dumont
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Regard numérique sur le passé et vision d’avenir

Le 5 mai, pour prolonger des moments émouvants de recueillement et de souvenir, partagés lors des commémorations organisées pour la libération des camps, l’ambassadeur de France en Allemagne, S.Exc. M. François Delattre a reçu, Pariser Platz, les repré-sentants des associations mémorielles présentes à Ravensbrück et à Sachsenhausen. Pour les dernières rescapées de cet enfer, ce pèlerinage en l’honneur de toutes ces femmes déportées était sans doute le « der des der », un dernier combat pour la mémoire… Deux surprises de taille étaient au rendez-vous, après un accueil chaleureux dans l’amphithéâtre : « Vous êtes ici chez vous ». Première surprise : La projection en avant-première du dernier court-métrage de Wim Wenders, « Schlüssel zur Freiheit » (La clé de la liberté). De quoi rendre la célèbre Berlinale jalouse ! La deuxième surprise est venue de la table ronde organisée à l’ambassade sur le thème « Le rôle de la mémoire dans les relations franco-allemandes et européennes ». Une occasion de découvrir que les pères de la réconciliation ont travaillé la mémoire franco-allemande d’une manière inédite pour mieux inscrire ce rapprochement dans la durée.

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Gerbe déposée à Sachsenhausen - Photo © Joël-François Dumont
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Les 10 camps spéciaux soviétiques en Allemagne de l’Est

Le 80e anniversaire de la libération des camps de concentration en Allemagne a été célébré en mars et avril dernier dans les Länder d’Allemagne en présence des derniers survivants. Le devoir de mémoire entrepris par l’Allemagne a été aussi exemplaire dans la durée qu’incomplet en ce qui concerne ces « libérations ». A Yalta, Russes, Américains et Britanniques ont décidé, après la capitulation de l’Allemagne, de « dénazifier » le pays, en jugeant les criminels de guerre et en retirant des circuits administratif, judicaire et policier tous ceux qui avaient appliqué méthodiquement les décisions criminelles du IIIe Reich. Dans un pays vaincu et dévasté par la guerre qui comptait encore plus de 6 millions de membres encartés au NSADP, la tâche s’avérait longue et difficile. Dans les secteurs soviétique et allié, les choses se sont passé de manière très différente, ce qui était prévisible, compte tenu de la nature du régime soviétique et de son chef, Staline. « Ni les crimes nazis ni les crimes staliniens ne doivent être relativisés ou banalisés en les opposant les uns aux autres » pour autant comme l’a très justement dit Bernd Faulenbach lors de sa déposition au Bundestag.

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Eileen Nearne, héroïne des FANY
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La libération de Ravensbrück et de Sachsenhausen

Le 80e anniversaire de la libération par l’armée rouge des camps de concentration emblématiques de Ravensbrück et de Sachsenhausen a été célébré en présence d’une dizaine de rescapés de l’enfer nazi. Le plus grand nombre de déportées à Ravensbrück venait de pays d’Europe de l’Est, catalogués pays de sous-hommes slaves. Si le camp de Ravensbrück fut transformé en caserne, ceux de Sachsenhausen et Buchenwald devinrent des camps spéciaux, mis en place dès mai 1945, dans la SBZ (zone d’occupation soviétique en Allemagne orientale). Officiellement pour nettoyer l’arrière de l’Armée rouge des éléments ennemis, en fait, pour y déporter, sans jugement, tout opposant considéré comme ennemi potentiel. Dans ces Spezlag, les prisonniers étaient des esclaves coupés du monde. Dans ces camps du silence, plus de 1.100.000 personnes sont mortes et enterrées dans des fosses communes ou incinérées, avant que l’URSS ne les transfère à la RDA. Certains comme le camp de concentration de Bautzen, constitueront, jusqu’à la chute du mûr, l’annexe carcérale de la STASI („Stasi-Knast“).

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Porte d'entrée du camp de sachsenhausen — Archives © Joël-François Dumont
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Le système concentrationnaire nazi

Un travail de mémoire considérable a été effectué en Allemagne pour décrire le système concentrationnaire nazi. Sur Internet, il est disponible pour qui veut savoir mais faut-il encore le vouloir. Les nazis, dès l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933 ont établi un réseau de camps spécialisés reliés entre eux par voie ferrée. Les deux premiers camps de concentration « modèle » ont été construits à Dachau et à Sachsenhausen. Les détenus, sous-alimentés et mal soignés ont d’abord du construire les camps, avant de s’attaquer aux routes pour faciliter en Pologne l’avancée des troupes allemandes pour envahir la Russie, et aussi pour déblayer les gravats après les bombardements anglo-américains. Entre 1933 et 1945, l’Allemagne nazie a mis en place plus de 44 000 camps et autres lieux d’incarcération, des « ghettos ». des prisons comme Plötzensee où en mars-avril 1945, on pendait jour et nuit. Prétendre que dès 1934, en Europe ou aux États-Unis, on ne pouvait pas savoir ce qui se passait dans ces camps en Allemagne nazie est un mensonge qui n’honore pas tous ceux qui ont choisi de fermer les yeux. Occulter ensuite leur utilisation après 1945 par les Soviétiques jusqu’en 1950 avant leur transfert à la RDA en est un autre.

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Amiral Philippe De Gaulle
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Tel père, tel fils : le premier compagnon et le dernier

« Il faut agir au-delà de soi et travailler pour plus grand que soi » … « Comme il est dur, pourtant, d’être De Gaulle après De Gaulle, d’en avoir l’allure, la voix, les gestes et de ne pas être lui. L’Amiral répondait aux murmures par la rigueur de sa conscience, son indifférence à la mondanité, déclinant toute prési-dence parlementaire ou honorifique, quelle qu’elle fût. Dans son œuvre de mémorialiste, il montrait toujours la grandeur collective, et non la sienne, effaçant ses hauts faits derrière ceux des autres. Le témoin expliquait l’Histoire, l’officier expliquait le combat, l’Amiral expliquait le Général.» Il y a des moments où une Nation se retrouve. Ce fut le cas lors de l’hommage rendu à l’amiral Philippe de Gaulle dans la cour d’honneur des Invalides. Les mots choisis par le président Emmanuel Macron pour honorer la mémoire et le parcours hors-normes de ce grand soldat ont été une occasion de renouer avec le temps long cher aux militaires.

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19 novembre 2023 - Cimetière Lilienthal
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L’Allemagne célèbre sa journée de deuil national

Afin d’honorer la mémoire des victimes de la 1e Guerre mondiale et faire preuve de solidarité envers les survivants, le Volksbund a institué, dès 1919, une « journée de deuil national » (Volkstrauertag). Depuis 1995, ces commémorations sont organisées avec le soutien de la Bundeswehr et du bataillon de la garde (Wachbataillon), héritier des traditions du 9e régiment d’infanterie de Potsdam dont 19 officiers prirent part à l’attentat contre Hitler en 1944. Le 15 décembre 1943, sur ordre d’Hitler, une barre métal-lique munie de cinq crochets de boucher est installée dans la chambre d’exécution pour les pendaisons. Plus tard, ce sont huit crochets qui seront utilisés pour augmenter leur nombre. Les premiers pendus sont les membres de l' »Orchestre rouge » le 22 décembre, dont Harro Schulze-Boysen et Arvid Harnack. Une partie des conspirateurs du 20 juillet 1944 a été pendue avec des cordes de piano. 245 Français, pour la plupart des résistants, ont été pendus à la prison de Plötzensee entre 1940 et 1945.

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