La France et l’Allemagne ont longtemps été des ennemis que certains ont peut-être abusivement qualifié d’héréditaires. En fait, l’antagonisme est d’abord devenu conflictuel avec l’Autriche, puis avec la Prusse. Alors que les rois de France s’entendaient plutôt bien avec les empereurs d’Autriche et avec le roi de Prusse, le Premier Empire issu de la Révolution française a voulu, dés sa création en 1804, en découdre avec un empire catholique au Centre-Europe et un empire protestant.

D’Austerlitz au Traité de l’Élysée (1805-1963) (1)
En 1805, le 2 décembre quand Napoléon a remporté avec panache la « guerre des 3 empereurs à Austerlitz », autant il a su être magnanime avec l’Autriche et avec la Russie, autant il a été impitoyable avec la Prusse.[01] Alors que cette guerre terrestre avait été financée par l’Angleterre qui avait défait l’empire français sur les mers avec l’amiral Nelson à Trafalgar, mais n’ayant ni infanterie ni cavalerie, pouvait difficilement s’aventurer dans une guerre terrestre avec la France. Napoléon a rendu son épée à l’Empereur d’Autriche, sous la condition que celle-ci n’attaquerait plus la France. Idem pour la Russie, libérant leurs officiers, les soldats restant traditionnellement détenus jusqu’à la signature d’un accord de paix. En ce qui concerne les Prussiens qui avaient alors la première armée d’Europe, ceux-ci sont rentrés à Berlin humiliés.
Sommaire
par Joël-François Dumont — Paris, le 14 aoùut 2026

A Auerstedt et à Iéna, la défaite de la Prusse a engendré durablement des sentiments anti-français. Seule une revanche pouvait laver l’affront qui avait tué de chagrin la reine Louise, pourtant pas suspecte d’être anti-française. La Prusse a vécu de 1805 à 1870 avec une obsession : prendre sa revanche et écraser militairement la France.

La Prusse a bien tenté à plusieurs reprises de se lancer. Elle profitera de l’occasion en rejoignant en 1813 les États coalisés d’Europe contre Napoléon, dont la grande Armée n’était plus que l’ombre d’elle-même après la désastreuse campagne de Russie en 1812.

Encouragés par cet échec, tous ceux qui s’étaient sentis humiliés par Napoléon au cours des guerres précédentes se sont ligués contre la France. Une occasion que la Prusse a saisie, profitant du retournement des troupes bavaroises contre l’Empereur. A Leipzig, lors de la « bataille des Nations », en octobre 1813, Napoléon défait doit se replier. Il perdra finalement la bataille de France et devra abdiquer. Mais la Prusse et la France s’étaient installés dans une sorte de détestation. La Prusse, même si elle redevenait une puissance de premier plan, estimait qu’elle n’avait pas eu « sa revanche » contre la France.
En 1830, en 1848, la Prusse avait envisagé une campagne, mais c’est finalement en 1870 que se déroulera la grande guerre franco-allemande.

Bismarck lavera l’affront. Il se rendra alors à Sedan et dira, « il y a eu Sedan parce qu’il y a eu Auerstedt.»[02] Le chancelier Otto von Bismarck enfoncera le clou le 18 janvier 1871 en proclamant dans la galerie des glaces à Versailles la création de l’empire allemand.

La France, amputée en 1871 de l’Alsace-Lorraine ne pensera qu’à laver cet affront. Avec le résultat que l’on connaît.

En 1914, une Première Guerre mondiale qui va prolonger la guerre de 1870 en l’étendant à d’autres pays d’Europe. au traité de Versailles, tout sera fait pour de nouveau humilier l’Allemagne. celle-ci se verra imposer des conditions très dures. Et cela entraînera dans le pays des bouleversements profonds. La crise de 1929 amplifiera la situation, multipliant les tentatives de coup d’état en Allemagne jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Hitler.

Comment qualifier la relation franco-allemande, comment comprendre l’attitude des Allemands sans la justifier ? Finalement aujourd’hui, grâce à la réconciliation voulue et organisée de concert par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, les deux pays sont devenus le moteur de l’Europe. Un modèle pour les pays divisés.
1. Introduction : Comment qualifier la relation franco-allemande de 1806 à 1945 ?
Une relation de « conflictualité spéculaire et cyclique ».
- Spéculaire (en miroir) : Chaque nation se construisait en opposition à l’autre. La victoire de l’un était perçue comme l’humiliation insupportable de l’autre. L’affront subi par la Prusse à Iéna et Auerstedt (1806) est « lavé » par la victoire allemande à Sedan (1870). L’annexion de l’Alsace-Lorraine, humiliation française de 1871, trouve sa « réparation » dans le « diktat » du Traité de Versailles en 1919. L’humiliation allemande de 1919 est à son tour « effacée » par l’armistice signé dans le même wagon à Rethondes en 1940. C’est un dialogue tragique où chacun répond à l’humiliation par une humiliation plus grande.
- Cyclique : La relation n’est pas un état de guerre permanent, mais un engrenage. Une guerre sème les graines de la suivante en créant un désir de revanche. La paix n’est qu’un entre-deux-guerres, une période où la nation vaincue rumine son ressentiment et prépare sa revanche, tandis que la nation victorieuse tente de maintenir sa domination. Votre description de la Prusse post-1806, de la France post-1871 et de l’Allemagne post-1919 illustre parfaitement ce cycle.
2. Comment comprendre l’attitude des Allemands sans la justifier ?
La question est essentielle : comprendre n’est pas justifier. Comprendre l’attitude allemande, notamment celle qui a mené à l’ascension du nazisme, c’est analyser un terreau psychologique, politique et économique, sans pour autant excuser les crimes qui en ont découlé.
- Le traumatisme napoléonien et la naissance du nationalisme : Avant Napoléon, « l’Allemagne » était un conglomérat d’États (le Saint-Empire romain germanique). La défaite écrasante de la Prusse à Iéna, une puissance militaire de premier plan, fut un choc immense. Cet événement a catalysé la naissance d’un nationalisme allemand moderne, fondé sur une langue, une culture et un désir d’unité pour ne plus jamais subir une telle déroute. La revanche de 1870 est donc l’aboutissement de ce processus : l’unification de l’Allemagne s’est faite contre la France.
- L’humiliation du Traité de Versailles (le « Diktat ») : Pour les Allemands, ce traité était insupportable pour trois raisons principales :
- La culpabilité morale : L’article 231 désignait l’Allemagne comme seule responsable de la guerre. C’était une condamnation morale vécue comme une injustice profonde par un peuple qui avait aussi le sentiment de s’être défendu.
- L’amputation territoriale et militaire : La perte de l’Alsace-Lorraine était attendue, mais d’autres territoires furent cédés, et le démantèlement quasi complet de son armée fut vécu comme une castration.
- Les réparations financières : Perçues comme une volonté de maintenir l’Allemagne dans un état de servitude économique.
- Le terreau de la crise : Ce sentiment d’injustice, combiné à la légende du « coup de poignard dans le dos » (l’armée n’aurait pas été vaincue mais trahie par les civils et les révolutionnaires), a créé un ressentiment profond. Lorsque la crise économique de 1929 a frappé le pays avec une violence inouïe (chômage de masse, hyperinflation), elle a discrédité la République de Weimar, jugée incapable de défendre l’honneur et le pain des Allemands. Hitler et le parti nazi ont exploité ce terreau avec un talent diabolique, en promettant à la fois la restauration de la fierté nationale, la fin de l’humiliation de Versailles et le retour à la prospérité.
Comprendre ce contexte n’excuse en rien l’idéologie raciste, l’antisémitisme meurtrier et la barbarie totalitaire du régime nazi. Cela explique cependant comment un discours populiste et nationaliste a pu trouver un écho si puissant auprès d’une population déboussolée et humiliée.
3. Deux hommes vont changer le cours des choses
Entre la France et l’Allemagne, deux hommes ont changé le destin de leurs nations : le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. Une même volonté, un même dessein, et quelle réussite ! Faire de deux pays voisins, qui s’étaient affrontés avec une violence inouïe, deux pays amis — deux pays qui allaient unir leur destin européen et partager avec le reste du monde les bienfaits de cette réconciliation sans pareille.
Beaucoup d’hommes ont œuvré pour faire durer cette volonté. Parmi eux, une centaine, des deux côtés du Rhin, s’y sont dévoués corps et âme.

Certains sont restés dans l’ombre. D’autres ont pris la lumière, comme en France cette génération d’ambassadeurs surnommée « l’école Basdevant », dont le dernier en poste, François Delattre, sert aujourd’hui à Berlin depuis trois ans, comme ambassadeur de France en Allemagne.
Parmi ceux qui sont restés dans l’ombre, j’en citerai deux. Un officier allemand d’abord, le colonel Dr Heinrich Bucksch, homme du BND que le chancelier Adenauer avait choisi pour être, à Paris, son contact privilégié auprès du général de Gaulle. Cinq années de tête-à-tête, sans compter les sommets entre les deux hommes d’État. Autant de pages d’histoire magnifiques, et qui n’auraient jamais été racontées, sans le témoignage que son fils Georg m’avait fait un jour l’honneur de me livrer.[03]
Le général de Gaulle, à l’Élysée, aux côtés de l’ambassadeur d’Allemagne, s’entretient avec le colonel Bucksch
— Photo Présidence de la République
Et puis un diplomate français, Pierre Maillard, que j’ai eu la chance de bien connaître — celui-là même qui avait préparé la première grande visite du général en Allemagne, en 1962, lui faisant répéter patiemment son discours en allemand, celui qui allait rester dans les annales.

Je me souviens d’un jour, chez lui à Boulogne-sur-Seine, où il fut stupéfait d’apprendre que lui, conseiller Allemagne à l’Élysée du général de Gaulle pendant tant d’années, avait pu ignorer l’existence même du colonel Bucksch et le rôle éminent qu’il avait joué auprès du général et des deux côtés du Rhin si longtemps.
« La sobriété du discours accentue le relief de l’attitude. Rien ne rehausse mieux l’autorité que le silence, splendeur des forts et refuge des faibles » (Charles de Gaulle dans Le fil de l’épée)
C’est cela aussi, la méthode gaullienne : compartimenter jusqu’au secret le plus intime, y compris entre ceux qui, chacun à sa manière, avaient consacré leur vie à la même cause. J’ai eu le privilège de connaître nombre de ces hommes qui ont agi dans l’ombre ou œuvré dans la lumière. Au soir d’une vie, il faut parfois penser à témoigner…
4. Quelles leçons peut-on tirer de cette période ?
L’histoire franco-allemande, dans ce qu’elle a de plus tragique comme dans ce qu’elle a de plus admirable, offre des leçons universelles.
- Le poison de l’humiliation : La leçon la plus évidente est qu’une paix construite sur l’humiliation du vaincu est souvent le prélude à une guerre future. Pour qu’une paix soit durable, elle doit être perçue comme juste, ou du moins supportable, par toutes les parties. Le contraste entre le Traité de Versailles (1919) et la gestion de l’après-1945 est frappant.
- La nécessité de briser le cycle : Le cercle vicieux de la vengeance ne peut être arrêté que par un acte de volonté politique courageux. La réconciliation n’était pas une évidence en 1945. Elle a été le fruit de la vision d’hommes d’État exceptionnels, comme De Gaulle et Adenauer, qui ont compris que l’avenir commun était plus important que les ressentiments passés.
- La force des intérêts partagés : La réconciliation n’a pas été seulement symbolique (la messe de Reims en 1962). Elle a été ancrée dans le concret. En créant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951, on a mis en commun les ressources mêmes qui avaient alimenté les guerres. En liant les économies, on a rendu la guerre non seulement impensable, mais aussi matériellement impossible.
- La mémoire n’est pas l’oubli : La réconciliation franco-allemande ne s’est pas faite en oubliant le passé, mais en le regardant en face, ensemble. La création de manuels d’histoire communs, les échanges de jeunes (OFAJ), les jumelages de villes… tout cela a contribué à construire une mémoire partagée, qui reconnaît les souffrances des deux côtés sans les mettre en compétition.
5. Conclusion
En conclusion, deux des plus grandes nations d’Europe sont passées du statut d' »ennemis héréditaires » à celui de « moteur de l’Europe ». C’est un témoignage puissant qui prouve que les pires antagonismes ne sont pas une fatalité et que la volonté politique, ancrée dans des projets concrets, peut changer le cours de l’Histoire. Encore faut-il afficher mais pas seulement une volonté politique.

Deux hommes ont réussi un pari qui tenait de l’impossible. Le général de Gaulle, président de la République française et Konrad Adenauer, Chancelier de la République fédérale d’Allemagne.
Si la CDU n’avait pas, obéissant aux pressions de Washington, rajouté un préambule dans le Traité de l’Élysée qui supprimait sinon une mise en commun des moyens militaires du moins une coopération très forte entre les deux pays dans ce domaine, la situation eut certainement été très différente aujourd’hui.[03]
Cette Europe du XXIème siècle, a-t-elle la volonté et le pouvoir d’être un acteur de premier plan dans la gestion des affaires du monde ? L’Europe a tous les atouts nécessaires, l’Amérique le réclame et en a même besoin pour compenser ses lacunes évidentes. L’Europe doit dire si elle se veut un partenaire fort ou un allié de principe. De Gaulle avait proposé en 1944 un accord franco-britannique à Churchill qui lui avait répondu en ces termes : « Oui, pour une alliance de principe. Mais dans la politique aussi bien que dans la stratégie, mieux vaut persuader les plus forts que de marcher à leur encontre… Les Américains n’emploient pas toujours leurs immenses ressources à bon escient ».
Joël-François Dumont
Notes
[01] A Austerlitz, le 2 décembre 1805, trois souverains se retrouvent sur le champ de bataille, d’où le surnom de « bataille des Trois Empereurs ». Voir : « Délibérer est le fait de plusieurs… Agir est le fait d’un seul (De Gaulle) » — (2023-0126) —
[02] « La bataille d’Austerlitz » — Site Napoléon & Empire.
[03] « De Gaulle – Adenauer : une communauté de destin…» : par Georg Bucksch, Senior Vice-président, Direction de la Stratégie et du Marketing du Groupe EADS. Voir le témoignage sur l’épisode du préambule ajouté par le Bundestag en mai 1963, de Georg Bucksch, fils du colonel Heinrich Bucksch, officier de liaison entre De Gaulle et Adenauer (texte initialement publié dans la revue Défense, n°144, mars-avril 2010, IHEDN).
Pour aller plus loin — dossier « La relation franco-allemande à l’épreuve du temps » (2010)
[04] « La relation franco-allemande à l’épreuve du temps (1) » — (2010-0223) — Introduction : Joël-François Dumont.
[05] France-Allemagne : le grand dessein : Grand entretien avec l’ambassadeur Pierre Maillard, Conseiller diplomatique du général de Gaulle. Un des artisans, côté français, du « Traité de l’Élysée ». « L’Europe des patries » : le grand dessein de Charles de Gaulle (1)
[06] De Gaulle – Adenauer : une communauté de destin… : Georg Bucksch, Senior Vice-président, Direction de la Stratégie et du Marketing du Groupe EADS.
[07] Coopération dans le renseignement : “De la plus grande importance…” : Ambassadeur Hans Georg Wieck, président du BND (1985-1990).
[08] Coopération dans le renseignement : “Un domaine privilégié…” : Général d’armée aérienne François Mermet (2S), ancien DGSE.
[09] L’intelligence économique et la coopération franco allemande… : Alain Juillet, ancien Haut Responsable pour l’Intelligence Économique (2003-2009).
[10] L’espionnage économique : un défi pour le BfV : Hans Elmar Remberg, vice-président de l’Office fédéral de protection.de la Constitution.
[11] L’Eurocorps, traduction d’une volonté politique : Chef de Bataillon Marie-Laure Barret, ORP de l’Eurocorps.
[12] La brigade franco-allemande en 2010 : Général de brigade Philippe Chalmel, Commandant la brigade-franco-allemande (BFA).
[13] Le Centre Multimodal des Transports : Général de brigade aérienne Philippe Carpentier, Commandant le Centre Multimodal des Transports.
[14] Échanges sur la coopération franco-allemande : Henri Conze, DGA (93-96) et Dr Martin Guddat, directeur allemand de l’Armement (94-98).
[15] L’aventure européenne : de la défense à l’industrie : Amiral Alain Coldefy, Conseiller « Défense » du président d’EADS.
[16] Becker : un exemple de PME franco-allemande : Roland Becker, PDG de Becker Avionics International.
[17] Les services et la prise de décision politique : Joël-François Dumont, rédacteur en chef adjoint de la revue Défense.
Décryptage : L’Europe cherche encore ses De Gaulle
Ce que révèle, en creux, l’histoire du préambule de 1963, c’est une question que l’Europe n’a toujours pas réglée soixante ans plus tard : peut-elle vraiment compter sur la protection américaine si le prix à payer, un jour, devait être une ville américaine ? De Gaulle avait posé cette question dès la fin des années 1950, au lendemain de Spoutnik, quand il était devenu évident que l’Union soviétique pouvait frapper le territoire des États-Unis eux-mêmes. Il en avait tiré une conclusion que peu de dirigeants européens osaient formuler tout haut : une puissance ne met en jeu son existence pour la défense d’un allié que si cette défense engage directement sa propre sécurité. C’est cette lucidité, largement solitaire à l’époque, qui l’a conduit à doter la France d’une force de dissuasion autonome et à sortir du commandement intégré de l’OTAN en 1966.

Le drame, c’est que cette même lucidité n’a jamais pu s’étendre à l’échelle européenne. Si le projet esquissé avec Konrad Adenauer avait abouti sur le plan militaire — si le préambule du Bundestag n’avait pas vidé le Traité de l’Élysée de sa dimension stratégique — l’Europe disposerait peut-être aujourd’hui d’une architecture de défense commune bâtie sur les deux seules nations alors en mesure de la porter. La défense européenne, telle qu’elle existe aujourd’hui, fragmentée, dépendante, rattrapée dans l’urgence par les crises ukrainienne et transatlantique, ne serait sans doute pas ce qu’elle est.
Or c’est précisément ce défi qui revient, sous une forme presque identique, six décennies plus tard : la question de la crédibilité de la garantie américaine, la nécessité d’une dissuasion pensée à l’échelle du continent, et l’absence criante de dirigeants ayant la stature, la vision et le courage politique d’un De Gaulle ou d’un Adenauer pour trancher. Ce ne sont pas les traités qui ont manqué à l’Europe entre 1963 et aujourd’hui : c’est cette trempe d’hommes d’État, capables de subordonner l’intérêt immédiat de leur pays à un dessein qui dépasse leur propre mandat.
L’histoire franco-allemande a montré que c’était possible une fois. Elle attend encore de savoir si cela peut se reproduire, à l’heure où l’Europe en a, de nouveau, un besoin vital.