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France-Afrique: un chemin partagé

France-Afrique: un chemin partagé

Visite au Burkina Faso: Point de Presse conjoint du ministre français des Affaires étrangères et d président du Burkina-Faso, M. Blaise Campaoré. Propos de Dominique de Villepin tenus à Ouagadougou, le 21 juillet 2002. Source: Ministère français des Affaires étrangères, Paris.

Dominique de Villepin et Blaise Campaoré - Photo : © F.de La Mure/MAE

Je suis très heureux de cette occasion qui m'est donnée d'être reçu par le président Compaoré. Il est inutile de vous dire à quel point les relations entre la France et le Burkina Faso sont des relations d'amitié et de fidélité. Il y a une longue et riche histoire entre nous dont nous sommes fiers, à juste titre, et il y a quelque chose de spécifique qui met le cœur au centre de nos relations, il y a enfin une volonté de faire de cette coopération entre la France et le Burkina Faso quelque chose d'exemplaire. On le voit d'ailleurs dans la qualité de cette coopération. L'effort fait par la Burkina Faso sous l'égide du président Compaoré pour offrir aujourd'hui une gestion rigoureuse, exigeante, en matière économique et financière, qui fait que, avec la mise en œuvre de l'initiative des pays pauvres très endettés, il y a véritablement des résultats très marquants qui permettent aujourd'hui d'effacer complètement la dette publique entre la France et le Burkina Faso. Il y a là un chemin, un exemple, qui mérite d'être poursuivi et encouragé.

Il y a un domaine qui marque la vitalité de notre coopération, c'est la force de la coopération décentralisée entre le Burkina Faso et la France. Il faut savoir qu'il y a 120 partenariats avec des collectivités territoriales entre la France et le Burkina Faso, 500 organisations non gouvernementales, associations, qui participent aujourd'hui au développement des relations entre nos deux pays. C'est une richesse, une force. Cela marque bien la relation, bien sûr, de grande qualité entre nos deux Etats mais aussi entre nos deux peuples. C'est une affaire commune. C'est une affaire de grande intensité. On l'a vu récemment lors de la tenue à Poitiers de la réunion de cette coopération décentralisée. Il y aura, cette année, à nouveau, une réunion ici à Ouagadougou, une réunion de retour, qui permettra de marquer clairement la force et la vitalité de cette coopération. C'est une responsabilité que nous voulons poursuivre.

Nous voulons œuvrer en commun dans cette voie et c'est l'occasion pour moi de saluer aussi les efforts qui sont faits en matière politique, les efforts d'ouverture, les efforts démocratiques qui permettent d'ouvrir et de poursuivre dans la voie de la réforme, réforme institutionnelle, que nous accompagnons. Nous soutenons les efforts faits par le Burkina Faso dans le domaine de l'Etat de droit.

J'ai eu l'occasion de visiter ce matin l'Ecole de Police. C'est une coopération exemplaire entre nos deux pays au service justement de cet Etat de droit. Coopération aussi dans le domaine de la santé : j'ai eu l'occasion de visiter la réalisation de l'hôpital pédiatrique. Mme Chirac était là, l'année dernière, pour l'inauguration. C'est un élément important aussi de notre coopération. Bien sûr, aussi, coopération dans le domaine de la décentralisation : nous appuyons les efforts de gestion rigoureuse, la rationalisation, l'adressage. Voilà autant de projets qui nous concernent tous, qui nous mobilisent. Beaucoup a été fait. Il y a encore beaucoup à faire et j'ai été heureux avec le président Compaoré de pouvoir évoquer la situation de l'Afrique dans la région.

Comme vous le savez, j'étais en Angola, au Mozambique. Nous avons donc fait, dans les deux capitales, le point sur les efforts de paix et de réconciliation. J'ai eu l'occasion également d'évoquer la situation dans la sous-région, la situation des pays du fleuve Mano.

Il y a là une inquiétude qui pèse. Je connais les efforts faits par le président Compaoré en ce qui concerne en particulier la réconciliation au Liberia. Il a accueilli au mois de juillet une conférence des principales parties. Les efforts doivent se poursuivre.

Nous soutenons l'idée d'un groupe de contact qui permettrait d'encourager véritablement un règlement de cette crise. Nous soutenons les efforts pour améliorer et développer la confiance entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire. Je serai tout à l'heure à Yamoussoukro. J'évoquerai bien évidemment ces questions avec le président Gbagbo. Nous souhaitons beaucoup contribuer au renforcement de la confiance entre les deux pays.

Question: Monsieur le Ministre, la politique du Quai d'Orsay, c'est ni indifférence, ni ingérence. Succinctement, qu'est-ce que cela veut dire ?

Dominique de Villepin: C'est bien plus que cela. Le simple mot d'indifférence ne correspond en rien à la nature des relations que nous avons avec l'Afrique. Pas d'ingérence, c'est l'évidence. Pourquoi ? Parce qu'entre nous, il y a le respect et l'amitié. Je pense que le "ni ni" ne correspond en rien à l'ambition africaine de la France, ni d'ailleurs aux intentions et aux attentes de nos amis africains. Nous sommes là pour faire des choses, nous sommes là au service d'une certaine idée de l'Afrique. Il y a là une ambition, vous le voyez bien, et une ambition qui ne correspond en rien au souci d'un quelconque équilibre. Il y a un pari africain. Il y une amitié africaine et nous sommes là pour y travailler ensemble.

Question: Vous visitez l'Afrique, un certain nombre de pays actuellement. Est-ce qu'il y a un message nouveau sur le partenariat depuis la visite africaine ?

Dominique de Villepin: Notre volonté, c'est d'intensifier toujours plus ce partenariat. Nous sommes très conscients des problèmes et des défis auxquels l'Afrique aujourd'hui est confrontée. Nous voulons accompagner justement ces efforts africains et nous sommes heureux de constater, dans bien des situations de crise - je l'ai vu en sortie de crise au Mozambique, je l'ai vu tout récemment en Angola - les efforts qui sont faits dans le sens de la réconciliation, les efforts qui sont faits dans le sens de la reconstruction. La France veut être présente, plus que jamais, fortement présente. Le président de la République l'a dit à l'occasion de différentes grandes échéances internationales. Vous savez que la France est l'un des grands avocats de l'aide publique au développement. Nous l'avons été à la Conférence de Monterrey, nous l'avons été lors du Sommet du G7/G8 à Kananaskis, nous le serons l'année prochaine puisque la France aura la présidence du G8. Il y a là un devoir de solidarité, d'amitié et surtout une conviction très forte. C'est la capacité de l'Afrique à se mobiliser pour faire elle-même ces choses, pour prendre en main son destin. Et la France sait que cela demande des efforts, cela demande un chemin partagé. Nous voulons être aux côtés des Africains au long de ce chemin et il appartient à la communauté internationale de se mobiliser et de faire les efforts indispensables.

Question: Le Burkina Faso, grand producteur de coton, est confronté à cette subvention américaine et (…). Voulez-vous vraiment aider le Burkina Faso ?

Dominique de Villepin: Nous sommes très conscients des problèmes qui sont posés par l'évolution des marchés dans ce domaine. Il se trouve que les prix récemment ont augmenté permettant d'alléger la pression. Mais il y a un problème de fond qui mérite d'être traité. Quand je vois les efforts, la rigueur financière, qui a été celle du Burkina, il ne faut certainement pas décourager, mais au contraire donner un signal très positif de la communauté internationale. Nous devons faire un effort dans le sens de la prévisibilité. C'est important pour que la gestion économique puisse véritablement être pluri-annuelle, régler les problèmes sur longue période. Le développement, ce n'est pas une affaire d'une année, de quelques années d'efforts. C'est une affaire de longue durée. Et nous sommes soucieux, justement, de faire en sorte que notre coopération se situe dans le long terme. Vous savez que le partenariat que nous avons avec le Burkina Faso est un partenariat qui s'étend pour la période 2000-2005. Nous avons mesuré, à quel point, dans le chemin qui est parcouru, l'environnement général est important. Nous avons salué les efforts qui ont été faits, les efforts d'ouverture faits par le président Compaoré. Les élections de mai dernier marquent une étape importante. Le nouveau conseil économique et social qui vient d'être créé, qui laisse toute sa part à l'opposition, marque justement l'esprit de respect et d'ouverture du Burkina Faso. Ceci mérite non seulement d'être souligné mais d'être encouragé et je suis fier et heureux d'être aujourd'hui aux côtés du président Compaoré./.

 

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