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Contribution à la réflexion sur le concept d'Union européenne de sécurité et de défense 

 

Contribution à la réflexion sur le concept d'Union européenne de sécurité et de défense 

Réunion des Chefs d'Etat et de Gouvernement d'Allemagne et de France, du Luxembourg et de Belgique sur la défense européenne: Après la déclaration commune adoptée à Bruxelles le 29 avril 2003, conférence de presse tenue par les quatre Chefs d'Etat et de Gouvernement. Propos du président Chirac. Source: Quai d'Orsay, Paris et Auswärtiges Amt, Berlin. Côte à côte, le Chancelier d'Allemagne, Gerhard Schröder, à sa droite le Premier ministre belge Guy Verhofstadt, le président de la République Jacques Chirac et le Premier ministre du Grand Duché du Luxembourg.

Photo Bundesbildestelle, Berlin

Jacques Chirac: Merci, Monsieur le Premier ministre. Je voudrais tout d'abord remercier notre collègue, notre ami Guy Verhofstadt, pour avoir organisé cette réunion. Il a toujours eu une vision forte et dynamique de l'Europe, il a toujours été l'un des promoteurs de la construction européenne et, une fois de plus, il marque son empreinte sur une évolution positive de notre grand projet commun concernant la construction européenne. Je voudrais lui exprimer ma reconnaissance.

La défense est un problème important auquel nos quatre pays, qui font partie des pays fondateurs, ont toujours attaché la plus grande importance. Vous vous souvenez qu'en 1991, c'est une lettre du chancelier fédéral allemand et du président de la République française qui a fixé pour ambition à l'Union européenne la définition d'une politique de défense commune. Notre engagement commun s'est traduit à l'époque par la création du Corps européen.

Ce sommet, aujourd'hui, est l'aboutissement de travaux qui, le Premier ministre vient de le rappeler, ont été engagés depuis plusieurs mois, depuis que, le 18 juillet dernier, Guy Verhofstadt nous a écrit pour faire part de sa préoccupation devant l'état de développement de la défense européenne.

Depuis lors, les travaux se sont poursuivis. Il y a eu la contribution franco-allemande à la Convention, contribution qui a été soutenue par la Belgique, il y a eu le quarantième anniversaire du Traité de l'Elysée, il y a eu le rapport du groupe défense à la Convention, il y a eu le Sommet franco-britannique du Touquet, qui a marqué une avancée significative sur plusieurs points importants, en particulier dans le domaine des capacités et des opérations.

Ces différentes contributions ont, de manière complémentaire, mis en évidence à la fois les progrès réalisés depuis Saint-Malo, Cologne, Nice et Laeken, mais aussi le caractère illusoire d'une Europe de la Défense qui naîtrait naturellement du développement de l'Europe de la politique étrangère.

Comme dans d'autres domaines de la politique européenne, nous pensons qu'il faut aujourd'hui faire preuve de volontarisme et afficher une vraie ambition pour l'Europe de la Défense.

Dans cet esprit, nous avons donc décidé de présenter à la réflexion de nos partenaires, de nos 21 partenaires, une contribution qui porte tant sur les institutions que sur les outils opérationnels à la disposition de l'Union européenne.

La déclaration, le Premier ministre vient de le rappeler, comprend une présentation de notre démarche, qui insiste en particulier sur notre volonté de construire une défense européenne crédible et sur le caractère fondamental du partenariat stratégique entre l'Europe et les Etats-Unis dans le cadre de l'Alliance.

Nos pays conçoivent en effet leurs engagements dans l'Union européenne et dans l'OTAN comme des engagements complémentaires. En construisant une Europe plus forte, nous contribuons évidemment à une Alliance atlantique plus forte. C'est également le sens des arrangements dits de "Berlin plus", auxquels nos quatre pays sont naturellement très attachés, ou celui de notre décision de participer à la force de réaction de l'OTAN, la NRF.

Elle contient aussi, cette déclaration, une contribution à la réflexion sur le concept d'Union européenne de sécurité et de défense, que nous avons introduit à la Convention. Nous voyons cette Union comme permettant de réunir des Etats membres qui sont prêts à aller plus rapidement et plus loin dans le renforcement de leur coopération en matière de défense.

Les Etats participant à l'Union européenne de défense et de sécurité prendront notamment l'engagement de se porter secours et assistance face à tous les risques de toute nature et notamment, bien entendu, à ceux du terrorisme. Nous avons pour notre part déjà souscrit des engagements de ce type avec l'Allemagne et avec le Royaume-Uni. Ces Etats regroupés rechercheront systématiquement l'harmonisation de leurs positions sur les questions de sécurité et de défense et ils prendront par ailleurs un certain nombre d'engagements concrets en matière d'équipement des forces. Le Premier ministre belge vient à l'instant de les détailler.

Nous avons, enfin, formulé à l'intention de nos partenaires de l'Union européenne des propositions de mesures concrètes de rapprochement de nos outils de défense nationaux pour compléter les structures politiques et militaires mises en place depuis le sommet de Saint-Malo. Nous proposons de réfléchir avec nos partenaires à la création d'un noyau de capacité de planification opérationnelle et de conduite d'opérations de niveau stratégique, appuyé sur les états-majors nationaux des pays membres.

Cet état-major, ou ce noyau, plus exactement, stratégique pourrait être utilisé lorsque l'Union européenne décidera, conformément aux déclarations de Saint-Malo et du Conseil européen de Cologne, de ne pas recourir à l'utilisation des moyens et capacités de l'OTAN, par exemple dans le cadre d'opérations conduites par l'Union européenne sous l'égide des Nations unies, comme nous l'avions décidé, ou plus exactement proposé, Britanniques et Français, lors du dernier Sommet bilatéral du Touquet.

Il ne s'agit pas bien entendu de créer un Shape européen mais plus simplement de chercher à rapprocher les moyens nationaux des Etats membres de l'Union européenne en limitant ainsi les duplications nationales inutiles. Il ne s'agit pas de dupliquer le Shape. Il s'agit d'éliminer, parce que coûteuses, inutiles et aberrantes, des duplications qui existent actuellement entre nos différents Etats dans le domaine de la défense. Il ne s'agit donc évidemment pas de découpler les efforts de défense entre l'Union européenne et l'Alliance atlantique.

Nous proposerons par ailleurs la création d'une agence européenne de développement et d'acquisition des capacités militaires, une mesure qui évidemment va là aussi dans le sens d'une plus grande économie de nos moyens et donc d'un renforcement global de notre effort commun de défense.

Tous ces projets s'inscrivent donc dans la perspective de notre participation commune à des opérations conduites dans le cadre de l'Union européenne ou dans le cadre de l'OTAN.

En conclusion, je voudrais tout simplement souligner que cette contribution nous semble de nature à permettre à l'Europe de la Défense de franchir un véritable saut qualitatif.

Sur le plan politique, la mise en place d'une Union européenne de sécurité et de défense comportant de vrais engagements pour ses membres sera un pas majeur fait dans la direction de l'Europe de la Défense et donc aussi de l'Europe de la politique étrangère.

Sur le plan des capacités, l'Europe manque aujourd'hui de moyens, chacun le sait. Nos propositions vont dans le sens d'un effort accru, de la mutualisation des moyens et de la suppression des duplications inutiles, donc dans le sens permettant à l'Union européenne de dépenser plus et mieux pour sa défense et donc de représenter un élément solide du pilier que nous formons, le pilier européen de l'Alliance atlantique.

C'est l'intérêt de l'Europe, c'est l'intérêt de l'Alliance atlantique. Et nos ministres des Affaires étrangères présenteront cette contribution à nos partenaires à l'occasion du Gymnich. Nous aurons ensuite des échanges de vues sur ces idées à l'occasion du Conseil européen de Thessalonique et la réflexion va se poursuivre naturellement avec l'ensemble de nos partenaires.

(…)

Question: S'il y a un cœur nouveau de défense, comme vous le prévoyez avec l'Union européenne de sécurité et de défense, combien de pays voudriez-vous avoir dans ce cœur nouveau ? Et quelle serait la position des membres non alignés comme la Finlande ?

Jacques Chirac: Première partie de la question : à qui voulons-nous nous adresser ? Pour moi, c'est simple. Et pour nous, c'est simple : aux Vingt-cinq, c'est à dire à l'ensemble de l'Union européenne, naturellement.

Deuxième partie de votre question : mais il y a des pays qui ont des caractéristiques particulières, qui touchent notamment aux problèmes de défense. La réponse, c'est que naturellement il faut respecter ces caractéristiques et qu'il n'est pas question pour nous de leur imposer quoi que ce soit. D'ailleurs, c'est le contrat actuel de l'Union européenne et il n'est pas question de le modifier.

Question: Est-ce que votre volonté, dont vous avez parlé, inclut également de maintenir vos positions en solitaires si les autres partenaires européens n'acceptent pas votre invitation ? Et, Monsieur le Chancelier, vous avez souligné que cela ne se faisait pas contre l'OTAN ni contre les Etats-Unis. Mais est-ce qu'il ne s'agit pas quand même d'un petit bout d'émancipation par rapport aux Etats-Unis dont vous faites preuve, ici ?

(…)

Jacques Chirac: Tout le monde sera intéressé par cette initiative et je ne crains pas du tout que nous soyons le moins du monde isolés. Toute la démarche européenne s'est faite à partir d'initiatives prises par deux ou trois d'entre nous.

Je voudrais vous rappeler que, s'agissant de l'Europe de la défense, indépendamment des origines que j'ai évoquées, germano-françaises, il y a eu une déclaration de M. Tony Blair qui était passée pratiquement inaperçue au Conseil européen de Pörtschach, en Autriche. Puis il y a eu Saint-Malo. Je me souviens encore de toutes les appréciations des observateurs médiatiques ou politiques disant : c'est une farce, jamais cela ne donnera lieu à une réalisation. C'était unanime, la critique. Si vous avez la curiosité de reprendre les déclarations des observateurs politiques ou médiatiques, vous serez étonnés de voir l'unanimité. Et puis, après, tout le monde est arrivé et on a eu une conception globale.

Au mois de juillet dernier, sous l'impulsion de Guy Verhofstadt, nous avons pensé que le moment était venu de donner une nouvelle force à cette politique de défense commune. Nous avons élaboré cela, sans aucun rapport et sans aucun lien avec une conjoncture politique qui est celle que nous connaissons aujourd'hui. Avec la volonté, comme vient de le dire le chancelier, d'abord et avant tout d'éviter les duplications et les dépenses inutiles entre nous, pour avoir un renforcement du pilier européen de l'OTAN, ne mettant évidemment en rien en cause l'Alliance atlantique, au contraire, en la renforçant. Et je ne doute pas un seul instant que l'ensemble des pays européens, comme cela a été le cas dans tous les domaines et notamment celui de la défense, à partir de nos propositions, s'associent, nous permettant ainsi d'arriver à des conclusions positives et tenant compte naturellement des initiatives et des réflexions de chacun.

(…)

Question: Dans votre conversation avec le président Bush, vous avez indiqué que l'OTAN pourrait jouer un rôle en Irak. Quel rôle spécifique vous envisagez et avec quel mandat ?

Jacques Chirac: J'ai évoqué effectivement cette question sur l'initiative du président Bush. J'ai naturellement indiqué qu'il fallait qu'il y ait une résolution de l'ONU pour demander à l'OTAN d'intervenir et, si tel était le cas, la France était tout à fait prête à discuter des modalités d'intervention.

Question: Quand je vois le compromis ou le texte final, je vois qu'on ne parle pas des investissements et des dépenses militaires. Quand je compare ce texte avec le document de réflexion belge d'il y a quelques semaines, c'est donc beaucoup moins ambitieux que la Belgique aurait voulu. Pour quelle raison avez-vous changé, ou pas retenu, les propositions concernant les investissements et les dépenses militaires ?

Jacques Chirac: Puisque j'ai été interrogé, je vais passer la parole à Guy Verhofstadt. Parce que nous n'avons rien changé depuis quelques semaines et que c'est un problème de rédaction et que la rédaction a été confiée à la responsabilité de la présidence belge.

(…)

Question: Votre collègue Tony Blair a donné hier une interview, dans le contexte de la réunion d'aujourd'hui, pour défendre la thèse comme quoi le monde ne devrait avoir qu'un seul pôle de pouvoir, à savoir les Etats-Unis. Est-ce que c'est votre avis ? Est-ce qu'il ne peut y avoir qu'un seul pôle de pouvoir, les Etats-Unis ?

(…)

Jacques Chirac: Puisque l'on a demandé la réaction des quatre, je vais parler en troisième dans l'ordre des pupitres. Je voudrais tout d'abord rappeler, je parlerai au nom de la France seulement, naturellement, que la France et la Grande Bretagne sont des acteurs communs de la construction européenne et partagent à cet égard les mêmes sentiments sur un très grand nombre de sujets. On évoquait la défense : je rappelle que c'est une initiative franco-britannique qui, à Saint-Malo, a lancé, ou a relancé plus exactement, le processus de la défense européenne.

Nous avons la même volonté de construire l'Europe. Il n'en reste pas moins que l'Angleterre et la France ont des traditions, des cultures, une histoire différentes, ce qui les conduit et c'est tout à fait naturel, c'est vrai d'ailleurs pour la plupart des pays d'Europe, à une vision qui peut être un peu différente, voire contradictoire, de ce que doit être l'avenir. Je n'ai naturellement pas l'intention d'exprimer la moindre critique à l'égard des positions rappelées par le Premier ministre britannique dans l'interview en question. Je me garderai bien entendu de faire la moindre critique, parce que je n'en ai pas à formuler et que je n'en pense pas. Je souhaite d'ailleurs que le Premier ministre britannique soit d'ailleurs dans le même état d'esprit, ce dont je ne doute pas.

Il n'en reste pas moins que, quand on regarde l'évolution du monde, on voit bien que tout naturellement se crée un monde multipolaire, qu'on le veuille ou non, c'est inévitable, et qu'à côté des Etats-Unis, l'Europe mais aussi la Chine, l'Inde, l'Amérique du sud, dans l'avenir prochain c'est à dire dans les cinquante ou cent ans qui viennent, constitueront des ensembles et qu'entre ces ensembles, les liens devront être forts si on veut éviter des affrontements, et notamment entre les ensembles qui ont la même culture, c'est-à-dire essentiellement entre l'Europe et les Etats-Unis. Mais, pour que l'équilibre existe, il faudra bien qu'il y ait une Europe forte et des Etats-Unis forts et liés ensemble par un pacte fort, qui est un pacte de culture.

C'est cela que, pour notre part, nous défendons et cela suppose naturellement que les relations entre l'Europe et les Etats-Unis soient des relations de complémentarité, des relations de partenariat. Entre partenaires égaux, naturellement, ou alors il n'y a pas relation de partenariat et c'est un autre monde. Ce n'est pas celui qu'observe et que souhaite la France.

Voilà pourquoi nous pouvons avoir une légère divergence de vues. Il appartiendra aux Européens, ensemble, aux vingt-cinq européens aujourd'hui et je l'espère un peu plus demain, ensemble, de répondre à cette question de fond.

(…).

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