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Persistance et déclin du communisme dans les nouveaux Bundesländer

Persistance et déclin du communisme dans les nouveaux Bundesländer (2/2)

A l´occasion des élections européennes, le PDS, parti post-communiste issu du SED a enregistré une série de succès électoraux inattendus. Patrick Moreau (*) analyse ici les causes et décrit l´état du parti, son organisation, sa sociologie et ses stratégies politiques. Paris le 22 juillet 2004 (©). Dans une première partie, l'auteur présente le PDS après les élections au Parlement européen ; dans une deuxième partie il détaille les résultats des dernières  élections communales allemandes.

Patrick Moreau - Photo © European-Security.

Patrick Moreau - Photo © European-Security

  • 9. Les élections européennes, de Thuringe et les communales de juin 2004

A l´occasion du « super dimanche électoral », le PDS remportait une série de succès, soulignant les forces et les faiblesses du parti comme de ses concurrents politiques. Structurellement, ces élections montraient que le système politique à trois composantes qui domine à l´Est depuis 1990 pourrait être remis en question à court terme. Les Grüne, les libéraux (au plan régional et local) et l´extrême droite (au plan local) deviennent des acteurs politiques importants.

  • 9.1 Interprétation des résultats

  • 9.1.1 Les résultats des élections européennes

Les vainqueurs de l´élection européenne du 13 juin 2004 furent les partis conservateurs CDU/CSU, avec 44,5 % des voix. Ils perdaient toutefois par rapport à 1999 4,2 points. [9] Dans un contexte d´abstention massive (43 % de votants seulement), le camp conservateur profitait de l´effondrement du SPD à 21,5 % (-9,2 points)[10], une défaite historique pour ce parti. Les grands vainqueurs étaient les petites formations qui gagnaient 4,5 % et frôlaient la barre de 10 %. L´extrême droite, divisée et n´ayant pratiquement pas fait campagne ne profitait pas de la mauvaise humeur des électeurs (REP: 1,9%, +0,2% ; NPD 0,9%, +0,4%).

Le succès du PDS (6,1 %, +0,3 %) reposait, comme dans les élections précédentes sur son implantation à l´Est, mais le parti progressait aussi, et pour la première fois sensiblement à l´Ouest.

Tableau: Les résultats du PDS aux européennes de 2004 et ventilation est-ouest

 

Allemagne

Allemagne de l´Ouest 1)

Allemagne de l´Est 2)

 

Suffrages

%

Diff. 04-99

Suffrages

 

 

Suffrages

%

Diff. 04-99

PDS

1579693

6,1

0,3

345142

1,7

0,4

1234551

25,2

2,2

1) Allemagne de l´Ouest = Vieux Länder + Berlin Ouest 2) Allemagne de l´Est = Nouveaux Länder et Berlin Est.

 Source: Infratest dimap, Wahlberichterstattung

Le parti progressait le plus fortement à l´Est (Saxe-Anhalt 23,7 %, +2,8 %; Thuringe (25,3 %, +4,7 % ; Saxe : 23,7 %, +2,8 % ; Brandebourg : 30,8 %, +5 %. De manière intéressante, dans les Länder où le PDS était associé au pouvoir, il perdait du terrain (Berlin : 14,4 %, -2,4 % ; Mecklembourg-Poméranie : 21,7 %, -2,6 %). Les résultats à l´Ouest étaient essentiels pour l´avenir du parti. Pour la première fois, il franchissait la barre des 2 % dans de nombreux Land (Hambourg : 2,8 %, Brême : 3,7 %, Hesse : 2,1 %, Sarre : 2 %). Seule la Bavière résistait (0,9 %). Si le PDS se maintenait à ce pourcentage en 2006, le franchissement de la barre des 5 % ne lui poserait aucune difficulté.

L´analyse des transferts électoraux 2002-2004 permettent de cerner les causes du succès PDS.

Tableau: Les transferts électoraux (élections européennes de 2004, élections au Bundestag 2002)

Echange avec…

Gains

Pertes

Solde

Union (CDU/CSU)

130.000

30.000

100.000

SPD

270.000

30.000

240.000

FDP

170.000

30.000

140.000

Grüne

70.000

0

70.000

Autres

10.000

40.000

-30.000

Somme entre partis

650.000

130.000

520.000

Abstentionnistes

110.000

930.000

-820.000

Nouveaux votants/décédés

30.000

50.000

-20.000

Arrivées/départs

0

10.000

-10.000

Total des échanges

790.000

1.120.000

-330.000

Electeurs stables

780.000

780.000

 

Résultats 2004 et 2002

1.570.000

1.900.000

-330.000

Les gains du PDS reposaient sur un afflux (net) de 240.000 électeurs SPD.

La sociographie du PDS restait en 2002 très proche de celle de 1999 pour la ventilation par âge, mais montrait des changements importants dans les catégories socioprofessionnelles.

Tableau: le choix PDS par tranche d´âge et évolution 1999-2004

 

2004

Diff.

Total

6,2

0,4

18 – 24 ans

6

0

25 – 34 ans

5

-1

35 – 44 ans

6

-1

45 – 59 ans

7

1

60 ans et plus

6

1

Source: ARD/Infratest dimap. Wahltagsbefragungen 1999 und 2004

Le PDS reculait chez les bac et plus, mais compensait ses pertes dans les autres catégories.

Tableau: la sociographie du PDS (européennes de 2004 et évolution 1999-2004)

 

2004

Diff.

 

2004

Diff.

Résultat

6,2

0,4

Résultat

6,2

0,4

Niveau de formation

 

 

Syndicat

 

 

élevé

7

-2

Membre

9

0

moyen

6

1

Non membre

6

+1

faible

5

2

Confession

 

 

Activité

 

 

Protestant

3

+1

Ouvrier

8

2

Catholique

1

0

Employé

5

-2

Sans confession

18

0

Fonctionnaire

4

0

 

 

 

Indépendant

3

-2

 

 

 

Paysan

5

-2

 

 

 

Retraités

7

1

 

 

 

En formation

6

0

 

 

 

Chômeur

16

2

 

 

 

Source: ARD/Infratest dimap. Wahltagsbefragungen 1999 und 2004

Le parti faisait ses meilleurs scores chez les retraités et les chômeurs. La surreprésentation de la catégorie "sans confession" reflétait la déchristianisation intervenue pendant les 40 années de communisme.

L´analyse de cette consultation permet de tirer des conclusions sur la crise du SPD en Allemagne et ses retombées positives pour le PDS. Entre 2002 et 2004, le SPD a perdu du terrain à l´occasion de toutes les consultations, ceci surtout dans ses bastions électoraux traditionnels, jadis caractérisés par le trinôme ouvriers, fort engagement syndical, industries lourdes. [11] En 2004, les électeurs ont vu dans cette consultation un enjeu national et pas européen. Leur mauvaise humeur, que reflètent des sondages de plus en plus négatifs (le SPD est en juillet 2004 à 20 % des intentions de votes), se traduisait dans un vote sanction. La social-démocratie et son chancelier se voient reprocher de ne pas avoir su donner des réponses à la crise économique et surtout au chômage. Les réformes sociales en cours (retraites, système d´assurance …) sont perçues comme injustes et ne profitant qu´aux riches. La propension des électeurs à ne pas voir dans les propositions floues du camp conservateur une alternative efficace à l´avenir ne faisait que renforcer la tentation des électeurs de porter leurs voix ailleurs. Le PDS recueillait à ce moment les fruits de son agitation anticapitaliste et critique de la gestion libérale de l´Allemagne par le SPD. Néanmoins, à ce jour, le mouvement de transfert entre SPD et PDS reste limité (gauche du SPD et syndicalistes critique[12]). Toutefois, cette tendance est beaucoup plus forte dans les nouveaux Bundesländer, où la social-démocratie s´approche de la barre des 10 %. Si le SPD ne parvenait à corriger son image et à faire comprendre aux électeurs le sens de ces réformes, le PDS sera en 2006 la seconde force politique dans les nouveaux Bundesländer et à nouveau présent au Bundestag.

  • 9.1.2 L´élection au Landtag de Thuringe

L´élection au Landtag de Thuringe vient illustrer ce mécanisme de la crise du SPD. Là encore, la CDU au pouvoir régionalement gagnait les élections (42,8%), mais perdait 8 points par rapport à 1999. Le PDS devenait le second parti régional (26,1%, + 4,8 %). Dans cinq cercles électoraux, le PDS devenait le premier parti local. Le SPD reculait à 14,5 % des suffrages exprimés (- 4 points).

Les sondages réalisés à la sortie des urnes montraient que le choix PDS n´avait pas été commandé par une croyance des électeurs dans les capacités économiques du PDS. Le SPD se voyait reproché d´avoir abandonné son engagement pour la justice sociale, 63 % des sondés jugeant la répartition actuelle des biens et le niveau des salaires injuste.[13]

Le PDS progressait dans toutes les catégories sociales et les tranches d´âges.

Tableau: la sociographie du PDS (Thuringe 2004 et évolution par rapport à 1999)

Résultats du PDS

26,1 %

21,3 %

Résultats du PDS

26,1 %

21,3 %

Homme

27 %

+ 5 %

Ouvriers

26 %

+ 5 %

Femme

25 %

+ 4 %

Employés et fonctionnaires

28 %

+ 4 %

Moins de 30 ans

22 %

+ 4 %

Indépendant

13 %

- 3 %

30 – 44 ans

26 %

+ 5 %

Chômeurs

37 %

+ 9 %

45 – 59 ans

29 %

+ 5 %

 

 

 

Plus de 60 ans

26 %

+ 4 %

 

 

 

Le PDS devenait le premier parti chez les chômeurs et talonnait le SPD chez les syndicalistes (34 %). L´analyse des transferts électoraux révélait une dimension intéressante : le succès du PDS passait bien par des gains d´électeurs venus du SPD, mais le parti se montrait aussi capable de rapiner des électeurs conservateurs.

Tableau: Les transferts électoraux aux élections au Landtag de Thuringe (PDS 1999 et 2004)

Echanges avec…

Zustrom

Abstrom

Saldo

CDU

25.000

7.000

18.000

SPD

24.000

10.000

14.000

Grüne

1.000

3.000

-2.000

FDP

1.000

2.000

-1.000

Autres

4.000

5.000

-1.000

Total avec les partis

55.020

27.002

28.018

Abstentionnistes

52.000

55.000

-3.000

Nouveaux électeurs/décédés

12.000

17.000

-5.000

Arrivées/départs

5.000

8.000

-3.000

Total transferts

124.020

107.002

17.018

Electorat noyau

141.000

141.000

 

Total des voix 2004 et 1999

265.020

248.002

17.018

Sources :  Infratest dimap Wahlberichterstattung

  • 9.1.3 Les résultats communaux

Les résultats des élections communales de 2004 ont été bons également pour le PDS. Toutes ces consultations se caractérisaient par une participation partout en baisse et globalement très faible, un signe incontestable du malaise des électeurs.

En Sarre, aux élections de cercles (Kreistagwahlen), le PDS progressait de 1,5 % (PDS 2004: 1.9%) et enregistrait des percées communales inattendues.[14] En Saxe-Anhalt, le PDS progressait par rapport à 1999 de 4 points et devenait la seconde force politique communale avec 241 élus (PDS 2004: 22,4 %, 241 élus, PDS 1999: 18,4 %). Le PDS en Bade-Wurtemberg défendait ses bastions de Stuttgart (1,8 %), Constance (3,1 %), Karlsruhe (2,6 %) et Tübingen (8,6 %) et progressait en différents points du pays. En Mecklembourg-Poméranie, le PDS payait toutefois au plan communal sa participation au gouvernement et perdait du terrain par rapport à 1994 (son optimal électoral) et 1999 (PDS 2004: 20,2 %, 179 élus; PDS 1999: 21,9 %, 208 élus; PDS 1994: 24,3 %, 228 élus). Les élections communales de Thuringe confirmaient les gains du PDS au niveau régional. Le parti gagnait 6,7% (PDS 2004: 24,6 %).

Les élections communales de Saxe peuvent servir de cas exemplaire pour comprendre les motivations des électeurs. Le PDS progressait en pourcentage, mais perdait en chiffres absolus des suffrages (PDS 2004: 843.972 voix, 18,5 %, 1 043 élus; PDS 1999: 904.144 voix, 16,9 %, gain : +1,6 %). Une des curiosités de l´élection étant la poussée de l´extrême droite (NPD 2004: 0,5 %; NPD: 1999: 0,3 %; REP 2004: 0,7 %; REP 1999: 0,2 %). Le NPD dispose au terme de ces élections de 41 mandats et franchit dans 148 des 513 communes de Saxe la barre des 5 %. Les Republikaner n´obtenaient que neuf élus[15] et à Dresde, une alliance de tous les partis d´extrême-droite faisait une percée remarquée.[16] Au niveau du Land, les conservateurs au pouvoir reculaient de 44,5 % en 1999 à 38,4 %. Le SPD enregistrait aussi de lourdes pertes (13,6 % en 2004 contre 18,7 en 1999). L´analyse des transferts électoraux montrait que les partis démocratiques perdaient essentiellement des électeurs au profit du camp des abstentionnistes, alors que le PDS gagnaient surtout des électeurs SPD 1999.[17]

Ce succès du PDS au plan communal est à la conjonction de plusieurs tendances lourdes. On trouve d´abord les deux trends nationaux, celui du déclin du SPD et le transfert d´électeurs sociaux-démocrates au PDS et la volonté des électeurs de donner une leçon au parti au pouvoir régionalement. La CDU de Saxe était châtiée comme parti de gouvernement n´ayant pu par sa gestion rétablir l´optimum économique et réduire le chômage. Le choix PDS était commandé par deux autres dimensions : d´abord une campagne protestataire (« ça suffit »), qui nourrissait aussi la poussée de l´extrême-droite, mais aussi de son image positive dans le cadre communal. Le parti avec quelques 6000 élus en Allemagne (2004) a acquis dans les nouveaux Bundesländer le profil d´un parti compétent à ce niveau. Les raisons en sont une série de propositions communales très élaborées[18], des structures de travail bien implantées (AG Kommunalpolitik – Communauté de travail politique communale - par exemple), regroupant des cadres et experts reconnus.[19] La campagne du PDS en Saxe ou en Thuringe se caractérisait aussi par une mise en avant de la solidité de la gestion ou cogestion PDS au niveau des conseils communaux, une gestion souvent consensuelle avec les autres partis élus.

  • 9.2 Les campagnes du PDS

Le PDS a mené plusieurs campagnes de front, dont l´efficacité a été très variable.

·        L´Europe

La dimension européenne a été centrée autour de la fondation d´un parti de gauche européen. Ce projet est un épisode des tentatives des partis communistes et post-communistes européens de se doter de structures de communication et de reconstruire un internationalisme différent de celui qu´avait incarné en son temps "l´Internationale" du type Komintern. Depuis 1994, la NELF (Forum der Neuen Europäischen Linken - Forum de la Nouvelle Gauche Européenne)[20] comme la KVEL/NGL[21] (Konföderation der vereinigten europäischen Linken/Nordische Grüne Linke - Confédération des Gauches Européennes Unies - Gauche Nordique Verte) active au sein du parlement européen fonctionnent comme des centres de coordination. L´analyse des activités comme des débats internes de la NELF montre que cette structure avait été partiellement incapable de jouer son rôle et que les tensions avaient grandi entre PC traditionalistes et le camp des partis communistes ou post-communistes « rénovateurs ».[22] La NELF ne pouvait pas être le noyau d´un parti européen, les formations nordiques par exemple étant très hostiles à la construction européenne, les réformateurs jugeant cette dernière utile, pourvu que le projet européen connaissent une refonte « anticapitaliste », pacifiste, anti-impérialiste et anti-raciste. Le PDS, le PCF et Rifondazione Comunista se mettaient alors à la recherche d´un autre cadre. Le 8 et 9 mai 2004 se déroulait à Rome le congrès de fondation du "Parti de gauche européen" (Europäische Linkspartei - EL). Celui-ci associait 15 partis représentant environ 500.000 membres. Le communiste italien Fausto Bertinotti était choisi comme premier président de cette formation.[23] Derrière cette fondation, on découvrait aussi des perspectives financières (200.000 euros devant venir de la communauté européenne en soutien à ce projet politique).

La liste des partis membres, comme le déroulement du congrès de fondation, soulignait la division du camp communiste et postcommuniste. De nombreux partis communistes traditionalistes comme le PCP portugais ou le KKK grec refusaient de rejoindre la nouvelle formation.

Tableau : Les partis membre de l´EL (au 15 Juni 2004)

Partei des Demokratischen Sozialismus (PDS), Allemagne

Estnische Sozialdemokratische Arbeiterpartei (Eesti Sotsiaaldemokraatlik Tööpartei - EST) Estonie

Französische Kommunistische Partei (Parti communiste français - PCF), France

Koalition der Linken, der Bewegungen und der Ökologie (SYNASPISMOS), Grêce

Partei der kommunistischen Wiedergründung (Partito della Rifondazione Comunista – PRC), Italie

Kommunistische Partei Österreichs (KPÖ), Autriche

Sozialistische Allianzpartei (Partidul Alianta Socialista – PAS), Roumanie

Kommunistische Wiedergründung (Rifondazione Comunista Sammarinese – RCS), San Marin

Partei der Arbeit der Schweiz (PDA), Suisse

Kommunistische Partei der Slowakei (Komunistická Strana Slovenska - KSS), Slovaquie

Kommunistische Partei Spaniens (Partido Comunista de España – PCE), Espagne

Vereinigte Alternative Linke Kataloniens (Esquerra Unida i Alternativa - EUA), Espagne

Vereinigte Linke (Izquierda Unida - IU), Espagne

Partei des Demokratischen Sozialismus (Strana demokratického socialismu – SDS), Tchéquie

Arbeiterpartei (Munkáspárt – MP), Hongrie

Trois partis possédaient un statut d´observateur: Partei der Italienischen Kommunisten (PdCI), Italien; Fortschrittliche Partei des Werktätigen Volkes (AKEL), Zypern; Dei Link (Die Linke – DL), Luxembourg

La fondation de ce parti passait à peu près complètement inaperçue en Europe, à l´exception de l´Italie. Les résultats des partis membres (ayant participé au scrutin) se révélaient aussi décevants : PCF : 5,3 % (2 élus) ; SYNASPISMOS: 4,2 % (1 élu); Rifondazione: 6,1 % (5 élus); PdCI: 2,4 % (2 élus); IU: 4,2 % (2 élus); AKEL: 27,92 % (2 élus). Au terme de la consultation électorale, ce « parti de gauche européen » va se fondre au quotidien dans la nouvelle fraction KVEL/NGL qui devrait compter 39 membres contre 55 jusqu´en juin 2004.[24]

En terme d´efficacité, la campagne "internationaliste" ne jouait qu´un rôle très marginal dans la mobilisation en faveur du PDS.

·        La campagne « renforcer la protestation ».

Ce slogan qui avait été celui choisi par Sarah Wagenknecht, l´égérie de la « Plate-forme communiste » du PDS était une variante de la campagne « ça suffit » organisée par la direction réformatrice du parti. Les observateurs politiques ont parlé pour juger l´efficacité de cette campagne populiste de « salaire de la peur ».[25] En fait, la mécanique électorale était plus complexe : le PDS collait au contraire de ce qui s´était passé en 2002, à nouveau avec l´humeur collective dans les nouveaux Bundesländer.

Si l´on analyse les tendances de la période 1998-2001, la stabilité des sentiments collectifs étonne : un mélange de frustrations et de satisfactions s´équilibrant à peu près. Une détérioration se produit à partir de 2002. Un tableau de bord simplifié montre l´apparition d´un pessimisme collectif, et d´une méfiance croissante vis-à-vis des institutions. Seuls quelques indicateurs centraux peuvent être analysés ici.

Tableau: l´évolution des conditions de vie 1998-2003 – nouveaux Bundesländer (en %)

 

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Satisfaction avec les conditions de vie

* très content/content

56

59

58

56

47

40

* mécontent/très mécontent

10

7

8

10

12

18

Espérances en l´avenir

* avant tout espoirs

22

28

31

27

12

6

* avant tout des craintes

21

17

14

19

25

41

Appréciation de la situation personnelle

* très bonne/bonne

40

47

47

41

36

30

* mauvaise/très mauvaise

16

10

13

16

22

30

Possibilités de satisfaire ses besoins

* oui

35

38

36

32

25

23

* partiellement

40

41

43

43

43

39

* non

24

21

21

25

32

36

Unité allemande

* avant tout des gains/prédominance de gains

34

43

41

38

35

35

* avant tout des pertes/ prédominance de pertes

23

15

17

20

25

30

Source: sfz/leben (2004), p. 28

Ce qui caractérise la période 2002-2003 est une appréciation de la situation dans les nouveaux Bundesländer de plus en plus négative. Cette dernière est perçue comme se dégradant rapidement. Les sondés jugent leur situation économique personnelle de plus en plus mauvaise et menacée. En toute logique, les succès du PDS en 2004 se base partiellement sur la montée de ce pessimisme économique.

Tableau: l´appréciation de sa propre situation économique 1992, 1998-2003, Nouveaux Bundesländer (en %)

 

1992

1998

1999

2000

2001

2002

2003

très bonne

3

1

3

3

2

2

2

bonne

39

38

44

44

40

33

28

bonne et mauvaise

47

44

43

40

43

42

40

mauvaise

9

13

8

11

14

17

22

très mauvaise

2

3

2

2

1

5

8

pas de réponse

0

0

1

0

0

0

0

Source: sfz/leben 1992, 1998-2001 (pondéré)

L´insatisfaction des sondés est particulièrement forte dans plusieurs domaines clé: la justice sociale, la situation économique, le rapport salaire/prix. Quatre autres catégories jouent un rôle important pour la formation d´un potentiel protestataire qu´exploitera le PDS: L´influence politique personnelle, l´état de la démocratie, la sécurité sociale. Seules les catégories habitat, famille et loisirs étaient encore jugées comme satisfaisantes par les sondés.

Tableau: satifactions / insatisfactions, nouveaux Bundesländer (en %)

 

très satisfait/satisfait

insatisfait/très insatisfait

Habitat

75

6

Temps libre

59

11

Mener une vie saine

37

23

Se former/se qualifier

39

15

Harmonie du couple

67

5

Environnement naturel

20

26

Administration publique

18

30

Vivre avec ses enfants

21

30

Perspectives personnelles d´avenir

21

40

Influence politique personnelle

6

48

Démocratie

9

47

Justice sociale

3

71

Sécurité sociale

19

41

Avoir du travail (18-59 ans)

42

19

Situation économique

2

79

Rapport prix-revenus

4

71

Source: sfz/leben 2003 (gew.)

L´avenir apparaissait sombre et marqués par la peur d´une dégradation dans de nombreux domaines : sécurité sociale, emploi, salaire, sécurité personnelle. La comparaison avec 2001 est frappante: la dégradation est quasi générale.

Tableau: les attentes 2001-2003, nouveaux Bundesländer (en %)

 

meilleur

2001

meilleur

2003

pas de changement 2001

pas de changement 2003

dégradation

2001

dégradation

2003

Habitat

24

15

62

62

14

15

Temps libre

20

9

67

50

13

25

Mener une vie saine

23

14

58

38

19

36

Se former/se qualifier

21

15

61

40

18

29

Harmonie du couple

11

12

80

62

9

15

Environnement naturel

21

15

51

40

28

33

Égalité des chances dans la vie professionnelle

17

13

47

50

36

27

Société démocratique

12

6

62

40

26

36

Rapports humains

9

6

53

36

38

39

Vivre avec ses enfants

14

11

49

32

37

46

Sécurité personnelle

10

14

48

42

42

31

Sécurité sociale

11

4

44

20

55

68

Avoir du travail (18-59 ans)

12

7

29

20

59

68

Salaires, revenus, prix

12

5

28

20

60

63

Sources: sfz/leben 2001 und 2002 (pondéré.) Différence à 100: ne sait pas, pas de réponse

Cette évolution négative se reflète naturellement dans l´appréciation en 2003 de l´unité allemande. 36 % seulement évoquent l´idée d´un gain, 30 % parlent d´un mélange de gains et de pertes. Le groupe des "perdants" a cru massivement depuis 2001. Le PDS bâtit sa percée électorale de 2004 sur ce potentiel d´insatisfaits, mais y agrège d´autres groupes d´électeurs autrement motivés.

Tableau: l´appréciation de l´unité allemande (1994-2003), nouveaux Bundesländer (en %)

 

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Avant tout des gains

23

18

14

13

11

16

19

15

11

11

Plus de gains

26

31

20

21

22

27

22

23

24

25

Des gains et des pertes

37

41

53

45

43

42

41

42

37

30

Plus de pertes

13

9

10

17

19

12

15

17

20

23

Avant tout des pertes

2

1

2

4

3

3

2

3

5

7

Source: Sozialreport, a.a.O., Datenbasis: sfz/leben 2003 (pondéré)

L´unité allemande est, dans les nouveaux Bundesländer, de toute évidence imparfaitement réalisée et son achèvement remis à un futur plus ou moins lointain. Le nombre de ceux qui se perçoivent comme des citoyens à part entière recule ainsi depuis 2001 (-5%). Le nombre de ceux qui se sentent "plus ou moins mal" a lui aussi grandi.

Tableau: les appartenances subjectives au système (1997-2003), nouveaux Bundesländer (en %)

 

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

En tant qu´Allemand de l´Est, je me sens XX années après la réunification comme un véritable citoyen de ce pays

16

17

20

21

25

20

20

En tant qu´Allemand de l´Est, je voudrais retrouver ma R.D.A.

10

11

9

6

9

10

11

Je ne souhaite pas retrouver ma R.D.A., mais je ne me sens pas bien dans cette république

68

65

64

65

59

67

65

Je ne sais pas, pas de réponse

7

7

7

8

7

3

4

Source: Sozialreport, Datenbasis: sfz/leben 1997-2003 (pondéré)

Le PDS faisait un choix politique parfaitement rationnel en plaçant la question de la justice et de la sécurité sociale au cœur de son programme 2003 comme de ses campagnes électorales 2004. Les sondés en font des priorités ((70%, 69%). L´égalité, pierre de touche du message communiste, ne recueillait par contre qu´une appréciation positive bien moindre. Le fait que le PDS ait su gagner de nouveaux électeurs en jouant du thème de la sécurité sociale est aussi, partiellement, un héritage du passé. Les électeurs des nouveaux Bundesländer ne croient plus guère que la coalition actuelle au pouvoir (Grüne et SPD) ou son éventuelle remplaçante en 2006 (CDU/CSU et FDP) soient en mesure de changer les choses en bien à l´avenir.

Dans ce contexte de pessimisme global, on peut se demander si les Allemands de l´Est sont en situation d´ « exil intérieur » (ce que l´on sait de la frange la plus âgée des membres du PDS), ce que pourrait laisser croire, les forts taux d´abstention. Il n´en est rien : les sondés se montrent de plus en plus intéressés à la politique.

Tableau: l´évolution de l´intérêt pour la politique (1993-2003), dans les nouveaux Bundesländer (en %)

 

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Très fort/fort

26

24

26

26

27

26

24

20

22

37

42

Faible/très faible

33

34

34

36

39

34

37

41

39

24

17

Source: sfz/leben 2003 (pondéré)

L´abstention apparaît donc en 2004 commandée par le fait que les électeurs ne se reconnaissent pas dans les partis en lice (ce que montre aussi les préférences exprimées pour des formations marginales). On peut, à ce point de l´analyse, avancer l´hypothèse qu´il existe dans le système politique est-allemand de la place pour un ou plusieurs nouveaux partis.

Sur le long terme, on voit que les sondés sont insatisfaits de la démocratie, les chiffres de 2003 rappelant ceux de 1990 !

Tableau: La satisfaction d´avec l´état de la démocratie (1993-2003), nouveaux Bundesländer (en %)

 

1990

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Très content/content

8

17

18

11

11

13

18

15

16

11

9

Partiellement content

41

48

48

45

44

42

47

52

48

41

37

Mécontent/très mécontent

46

31

32

42

41

41

32

30

34

39

47

Sans réponse

5

4

4

3

4

3

3

3

4

9

8

Source: sfz/leben 2003 (pondéré)

Les institutions centrales (gouvernement et Bundestag) souffrent de ce climat. Les Gouvernements régionaux sont par contre bien mieux considérés et appréciés.

Tableau: La confiance dans les institutions (2000-2003), dans les nouveaux Bundesländer (En %, réponses "pas de confiance" = "kv", "peu de confiance" = wt)

 

kv

wt

kv

wt

kv

wt

kv

wt

 

2000

2000

2001

2001

2002

2002

2003

2003

Gouvernement

8

33

10

30

22

35

27

39

Bundestag

10

33

10

32

21

34

23

38

Gouvernement des Länder

8

23

10

23

15

27

13

30

Source: sfz/leben 2003 (pondéré)

Ventilées par sous-catégories, on retrouve les mêmes tendances. Police, tribunaux et administrations communales sont jugées positivement. Ceci montre que la distance croissante vis-à-vis des structures centrales n´implique pas un rejet du modèle administratif actuel. De toute évidence, les nouveaux Bundesländer ne sont pas dans une situation « prérévolutionnaire ».

Tableau: la confiance dans les institutions (2003), dans les nouveaux Bundesländer (en %)

Confiance

totale

grande

peu

très peu

aucune

Ne sait pas / Pas de réponse

Gouvernement

1

5

25

39

26

3

Gouvernements régionaux

1

9

41

30

13

5

Bundestag

0

5

28

38

23

6

Administration des villes/communes

3

15

43

22

12

5

Police

5

34

42

12

5

3

Tribunaux

3

23

36

22

11

6

Administration Birthler *

3

11

24

18

20

25

Source : sfz/leben 2003 (gew.). Administration chargée de la gestion et du dépouillement des archives du ministère de la sécurité d´Etat

En conclusion, et pour se concentrer sur le seul cas du PDS, on voit que ce parti a des chances de préserver sa force politique actuelle, s´il continue à coller à l´identité est-allemande d'aujourd'hui et à exploiter le potentiel d´insatisfaction perceptible à tous les niveaux. Son enracinement politique peut être considéré comme stable jusqu´en 2006. Cette stabilité repose sur un échange PDS-électorat. Le parti joue à plein son rôle de représentation et d´avocat du parti et "encaisse" en retour une acceptation politique large et une préférence électorale très stable (à environ 15 % dans les nouveaux Bundesländer). La seule ombre à ce tableau est la participation du PDS à des coalitions gouvernementales en Mecklembourg-Poméranie et à Berlin. Dans ce contexte, un désenchantement se fait jour et le PDS perd des sympathies.

·        La campagne de Thuringe

Cette dernière est bien sûr articulée autour des deux campagnes précédemment décrites, mais reste différente à cause de son double contexte régional et communal. Le PDS a d´abord su mener une bonne campagne communale, qui a pris à contre-pied la CDU. Le parti faisait campagne autour du thème « Pour des communes sociales » et rappelait aux électeurs la « dégradation » (réelle) de la situation financière des communes. Le thème du traitement des eaux et de ses coûts jouait un rôle important. Au niveau du Land, le PDS publiait un « programme à cent jours du PDS de Thuringe », sans grande originalité.[26] Les bons résultats du PDS avaient une autre cause: le parti, très affaibli sur le plan militant et incapable de "tenir" la rue comme au début des années 90 focalisait toute sa campagne autour de son candidat tête de liste Bodow Ramelow. Celui-ci, malgré son passé extrémiste (il avait été proche du parti communiste ouest-allemand - DKP) et son origine « ouest-allemande » parvenait à mobiliser les électeurs traditionnels du PDS et un fort noyau d´électeurs protestataires ou transfuges du SPD et des syndicats. L´élection montrait, ce que le cas Gysi nous avait appris dans le passé, que le PDS ne peut se passer de "personnalités" phare pour ses campagnes électorales, un problème qu´il lui faudra résoudre en 2006.

  • 10. Perspective 2006: une nouvelle fraction PDS au Bundestag ?

L´hypothèse du franchissement de la barre des 5 % par le PDS en 2006 a gagné en crédibilité, même si le contexte électoral de 2004 ne ressemble pas à celui d´une campagne électorale pour le Bundestag en 2006.

Les chances du PDS dépendent de nombreux facteurs d´importance variable.[27]

Le plus décisif est la poursuite ou non du déclin électoral du SPD. Si celui-ci venait à se poursuivre, des transferts entre l´électorat SPD et PDS sont à attendre aussi bien dans les anciens Bundesländer que dans les nouveaux. Le seul danger pour le PDS serait une scission de l´aile gauche du SPD et son ralliement, partielle ou totale à un nouveau parti de gauche du type "USPD", organisé autour des syndicalistes aujourd´hui déjà exclus du SPD, ou en voie de l´être bientôt, et de personnalités comme Oskar Lafontaine ou Gregor Gysi. Ce parti pourrait canaliser les insatisfaits du SPD avec une forte identité sociale et anticapitaliste et prendre au PDS les voix nécessaires au franchissement de la barre des 5%. D´autres dangers menacent le PDS : la montée en puissance du mouvement de critique de la globalisation du type ATTAC, en particulier chez les jeunes, risque d´empêcher le PDS d´attirer une frange des tranches d´âges les plus jeunes. Le refus – crédible si l´on observe le cas d´ATTAC France – de muter en parti politique n´est pas nécessairement rassurant pour le PDS. ATTAC et sa périphérie altermondialiste sont très critiques des blocages idéologiques et organisationnels des partis de gauche traditionnels comme du PDS et favorisent une tendance à l´abstention électorale chez leurs sympathisants. Enfin, le PDS profitera ou non de la faiblesse ou de la force du camp conservateur, ceci indépendamment d´un retour ou non à une stratégie de campagne anti-PDS. Si la qualité programmatique des partis de l´Union (en clair le projet de gouvernement après 2006) reste faible, si la division et la cacophonie des dirigeants perdurent, l´électorat mobile continuera à n´avoir qu´une confiance limitée dans le camp conservateur. Dans ce contexte, des votes de protestation profitant au PDS comme à d´autres acteurs du type extrême droite sont vraisemblables.

  • Notes :

[9] Forschungsgruppe Wahlen (2004), Wahlanalyse Europawahl 2004: Debakel für die SPD – Un­zufriedenheit mit Bundesregierung prägt Wahlentscheidung, in: http://www.forschungsgruppewahlen.de/Aktuelles/PM_Europa/. Infratest dimap (2004), Analyse der Europawahl und Thüringenwahl: Zwei Wahlen ein Verlierer, in: http://www.infratest-dimap.de/wahlen/europa04/Infratest_Analyse.pdf. Konrad-Adenauer-Stiftung (2004), Wesentliche Bestimmungsgründe des Wahlergebnisses der Europawahl in der Bundesrepublik Deutschland vom 13. Juni 2004 – Motive der Wahlentschei­dung und Politische Stimmung im Vorfeld der Europawahl, bearbeitet von Viola Neu, http://www.kas.de/publikationen/2004/4821_dokument.html.

[10] Se reporter à: SPD-Parteivorstand (2004), Europawahl 2004: Ergebnisse und Schnellanalysen. Kurzfassung des Infratest dimap-Berichts für die SPD und eigene Analysen. Erstellt vom Planungsstab Wil­ly-Brandt-Haus vom 14.06.2004.

[11] Par exemple en Rhénanie-westphalie, le land SPD par excellence: Düsseldorf -  Oberhausen - 15%, Duisburg - 14,9 %, Herne - 14,5 %, Gelsenkirchen 14,4 %, Dortmund - 14,0 %, Bochum - 14,0 %, Wuppertal - 13,8 %, Recklinghausen - 13,4 %, Unna - 13,4 %.

[12] einblick, 12/2004, p. 3

[13] Schröders letztes Gefecht, in: Der Spiegel 26/2004. Voir aussi: Institut für Demoskopie Allensbach, "Verlieren die sozialdemokratischen Konzepte an Glanz", juin 2004.  Laut Allensbach will die Mehrheit der Bevölkerung mehr und nicht weniger soziale Gerechtigkeit.

[14] Sarre : listes communales PDS ou avec participation PDS: Kreistag Neunkirchen: 3,6 (1999: 0,0); Kreistag Saarlouis: 2,4 (0,0); Stadtverbandtstag Sbr.: 3,2 (1,5); Stadtrat Saarbrücken: 3,3 (1,8); Bezirksrat Sbr.-Mitte: 3,5 (2,3); Bezirksrat Dudweiler: 4,9 (0,0).

[15] Lohn der Angst, in: Der Spiegel, 26/2004, S. 30. Dans le cercle agraire Sächsische Schweiz, le NPD atteint 9,1 %, dans la commune de Reinhardtshorf-Schöna 25,2 %. Parmi les autres résultats exceptionnels de l´extrême droite: NPD: Wurzen: 11,8 %, Trebsen: 11,7 %, Riesa: 8,8 %, Meißen: 9,6 %; Neustadt I. S.: 7,8 %; Sebnitz: 13,2 %; Königstein: 21,1 %; Freiber: 5,3 %; Großrückerswalde: 15,6 %; Annaberg Buchholz: 9 %; Limbach Oberfrohna: 7,3 %. REP: Chemnitz: 10,3 %; Freital: 6,7 %; Burkhardtsdorf: 13,2 %.

[16] Sur la situation à Dresde: Nach dem Wahldebakel brodelt es in der CDU, in: Dresdner Zeitung, 16 Juni 2004.

[17] Se reporter à: Anita Kecke, FDP und Grüne wildern bei der CDU, in LZ, 16 Juni 2004.

[19] Par exemple.: Kommunalpolitische Konferenz West - 8. und 9. November 2003 in Offenbach am Main; Gelungener Auftakt einer kommunalpolitischen Verständigung. Bericht von Kommunalpolitischen Konferenz West der PDS in Offenbach, in: http://sozialisten.de/politik/kommunal/texte_allgemein/view_html?zid=17765&bs=1&n=6;

Für starke Kommunen in einem sozialen, demokratischen und friedlichen Europa Sömmerdaer Erklärung der Bundeskommunalkonferenz der PDS vom 14. bis 16. Mai 2004, in: http://sozialisten.de/politik/kommunal/texte_allgemein/view_html?zid=19851&bs=1&n=2.

[20] Celui-ci a été fondé à l’initiative "Izquierda Unida" (IU). A partir de novembre 1991, date de sa fondation, le "Forum" se rencontra à l’occasion de conférences dans diverses villes d’Europe. La NELF ne regroupait à l’origine que des PC européens ayant connu, en début 1990, au moins une rénovation idéologique partielle. Par la suite, la NELF devint intéressante  pour des organisations plus "passéistes", pourtant très critiques à l’origine. En 1999, on peut constater que ce double mouvement d’adhésion a conduit à la constitution de sensibilités contradictoires, le poids des communistes traditionalistes se renforçant de plus en plus. L’analyse des 14 adhérents du "Forum" en 1995 montre le rapport de force à l’origine: "Socialistisk Volkspartiet" (SAP), Danemark, une formation socialiste de gauche, avec une forte sensibilité écologique et une aile trotskiste, "Eesti Demokraatlik Toopartei", Estonie; "Vasemmistolitto/Vansterforebundet", Finlande; "Sosialistisk Venstreparti", Norvège; "Democratic Left", Irlande; "Synaspismos", Grèce; "Rifondazione Comunista" (PRC), Italie; "Izquierda Unida" (IU), Espagne; "Initiativa per Catalunya", Espagne; "Partei der Arbeit" (PdA), Suisse; "Groen-Links", Pays-Bas; "Mouvement des Citoyens", France; "Partei des demokratischen Sozialismus" (PDS), RFA. Le déplacement vers une sensibilité communiste plus traditionnelle peut être observé à partir de la mi-1995, avec l’élargissement des formations ayant le statut d´"hôtes permanents": la "Democratic Left" de Grande-Bretagne, l’"ADISOK" de Chypre, qui est une organisation de masse du parti communiste AKEL, la "Gauche Unie" de Belgique. La KVEL a, pour sa part, un statut d´"hôte permanent". La situation a continué d’évoluer depuis lors en faveur des partis traditionalistes. A l’occasion de la rencontre d’Helsiki en octobre 1996, la scission de gauche de Refondation communiste - le "Movimenti dei Communisti Unitari" a été acceptée parmi les membres. Le PCF a demandé à devenir membre de plein droit, alors que l’AKEL était pour la première fois présente comme hôte. Le PDS, membre depuis moins d’un an, s’est vu chargé, à l’occasion de la conférence d’avril 1997 à Berlin, d’inviter les communistes autrichiens du "Kommunistische Partei Österreichs"  (KPÖ). Les acteurs essentiels sont, de toute évidence, les grands partis communistes et post-communistes de l’Europe de l’Ouest: PCF en France, PDS en Allemagne, PCR en Italie, IU en Espagne et, avec certaines restrictions, le PCP portugais. Le moteur organisationnel est le couple PCF-PDS, qui forme un axe Paris-Berlin, de plus en plus actif.

[21] Le Groupe GUE/NGL qui s’est constitué en 1999 était, par ordre d'importance numérique, le cinquième groupe du Parlement européen. Il est actuellement composé de quarante deux députés originaires de quinze partis politiques (DIKKI (Grèce); Izquierda Unida (IU) (Espagne); Kommunistiko Komma Elladas (KKE) (Grèce); Ligue communiste révolutionnaire (LCR- France); Lutte ouvrière (LO-France); Partei des Demokratischen Sozialismus (PDS-Allemagne); Parti Communiste Français (PCF-France); Partido Comunista Português (PCP-Portugal); Partito dei Comunisti Italiani (PdCI-Italie); Rifondazzione Comunista (RC-Italie); Socialist Partij (SP-Pays-Bas); Socialistisk Folkeparti (SF-Danemark); Synaspismos (Syn-Grèce); Vänster Partiet (VP-Suède); Vasemmistoliitto (VAS-Finlande) actifs dans dix pays d'Europe (Danemark, Espagne, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède). Les députés européens par État membre étaient au nombre de 6 pour la France (plus 5 membres associés); 6 pour l'Allemagne; 6 pour l'Italie; 7 pour la Grèce; 4 pour l'Espagne; 3 pour la Suède; 2 pour le Portugal, 1 pour la Finlande; 1 pour le Danemark et 1 pour les Pays Bas.

[22] Sur la question du déclin du communisme en Europe: Patrick Moreau, Die kommunistischen und postkommunistischen Parteien Westeuropas, : ein unaufhaltsamer Niedergang ? In: Totalitarismus und Demokratie, 1 Jg, B. 1, 2004, Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 2004, S. 35 - 62.

[24] Tableau : Les résultats aux Européennes des partis membres du „Parti de la gauche européenne » et comparaison 1999-2004

 

 

Europénnes 2004

Europénnes 1999

 

 

 

en %

Mandats

en %

Mandats

Différence

Danemark

Sozialistische Volkspartei (SFU)

7,9

 

1

 

7,1

 

1

 

0,8

 

 

Dänemark Volksbewegung gegen EU

5,2

1

7,3

1

-2,1

Allemagne

PDS

6,1

7

5,8

6

0,3

Finlande                     Linksallianz (VAS)

Linksallianz (VAS)

9,1

1

9,1

1

+0

             France                     Kommunistische Partei (PCF)

kommunistische Partei (PCF)

5,2

3

6,8

6

-1,6

Grèce

Kommunistische Partei (KKE)

Griechenland

9,3

3

8,7

3

0,6

 

Linkskoalition (SYN)

4,0

1

5,2

2

-1,2

Italie

Kommunistische Partei (PdCI)

Italien

2,4

2

2,0

2

0,4

 

Kommunistische Partei (RC)

6,1

5

4,3

4

1,8

Hollande Sozialistische Partei (SP)

Sozialistische Partei (SP)

7,0

2

5,0

2

2,0

           Portugal                     Kommunistische Partei (PCP)

Kommunistische Partei (PCP)

9,2

2

10,3

2

-1,1

              Suède                     Linkspartei (V)

Linkspartei (V)

12,8

2

15,8

3

-3,0

Espagne  Vereinigte Linke/Grüne (IU)

Vereinigte Linke/Grüne (IU)

4,2

2

5,8

4

-1,6

Tchéquie Kommunistische Partei (KSCM)

Kommunistische Partei (KSCM)

20,3

6

-

-

20,3

Chypre Progressive Arbeiterpartei (AKEL)

Progressive Arbeiterpartei (AKEL)

27,8

2

-

-

27,8

[25] Lohn der Angst, in: Der Spiegel 26/2004.

[27] Sur la stratégie du PDS pour 2006, se reporter à: „Thesen zur strategischen Weiterentwicklung der PDS“. Document interne 22.06.2004.

Voir également :

  • Patrick Moreau est né en 1951 à Wetzlar (Allemagne): études de philosophie et d´histoire à l´université de Paris I - Sorbonne. 1978 Doctorat. Études de sciences politiques à Institut d´Études Politiques in Paris. 1984 Doctorat d´Etat. Ancien boursier de la fondation Alexander-von-Humboldt et de la Deutsche Forschungsgemeinschaft. Ancien membre de la Commission d´Enquête du Bundestag (Bundestag-Enquete-Kommission) "Überwindung der SED-Diktatur".

  • Bibliographie : Ouvrages de référence et Documents (Extrait)

"La communauté de Combat Nationale-socialiste Révolutionnaire et le Front Noir". "Action et Idéologie en Allemagne, Autriche et Tchécoslovaquie 1930/1935", doctorat de IIIe cycle de l'Université de Paris I, Paris 1978, 2 volumes, 818 pages.

"Nationalsozialismus von links" (Le nazisme de gauche), Deutsche Verlagsanstalt, Munich 1984, 260 pages.

"Le Parti National-Démocrate d'Allemagne dans la vie politique de la R.F.A.: études organisationnelle, sociologique et électorale d'une formation de l'opposition nationale 1964-1976", Doctorat d'Etat de Sciences Politiques, 2 volumes plus annexes, 1984, 1.244 pages.

"Les héritiers du IIIe Reich. L’extrême droite allemande de 1945 à nos jours", Seuil, Paris 1994, 509 pages.

(Avec Uwe Backes) "Die extreme Rechte in Deutschland. Geschichte - gegenwärtige Gefahren - Ursachen - Gegenmaßnahmen" ("L’extrême droite en Allemagne- danger actuel, causes - contre-mesures"), Akademischer Verlag, Munich 1994, 281 pages.

"Die PDS - Anatomie einer postkommunistischen Partei" ("Le PDS. Anatomie d’un parti postcommuniste"), "Schriftenreihe Extremismus und Demokratie", Bouvier Verlag, Bonn 1992, 465 pages.

"Was will die PDS ?" ("Que veut le PDS ?"), Report Ullstein, Berlin 1994, 233 pages.

(Avec Jürgen P. Lang/Viola Neu) "Auferstanden aus Ruinen ...? Die PDS nach dem Super-Wahljahr 1994" ("Surgi des ruines ...? Le PDS après la super-année électorale 1994"); "Interne Studien der Konrad-Adenauer-Stiftung", N° 111/1995, 220 pages.

(Avec Jürgen P. Lang) "Linksextremismus. Eine unterschätzte Gefahr" ("L’extrémisme de gauche. Un danger sous-estimé"), Bouvier Verlag, Bonn 1996, 482 pages

(Avec Marc Lazar, Gerhard Hirscher), "Kommunismus in Westeuropa" ("Le communisme en Europe de l’Ouest"), Olzog Verlag 1998, 664 pages.

(Avec Hermann Gleumes, Gerhard Hirscher, Peter Maser, Manfred Wilke), "Die PDS: Profil einer antidemokratischen Partei" ("Le PDS: Profil d’un parti antidémocratique"), Hanns-Seidel-Stiftung, Sonderausgabe Politische Studien, Munich 1998, 359 pages.      

(Avec les membres de la Commission d’Enquête du Bundestag), Schlußbericht der Enquete-Kommission "Überwindung der Folgen der SED-Diktatur im Prozeß der deutschen Einheit" ("Rapport final de la Commission d’enquête du Bundestag"), Bonn, Drucksache 13/11000, juin 1998, 335 pages.

(Avec Gisela Müller-Brandeck-Bocquet), "Frankreich. Eine politische Landeskunde" (France), Leske+Budrich, Opladen 2000, 172 pages.

"Les partis communistes et postcommunistes en Europe occidentale, problèmes politiques et sociaux", n° 830-831, La Documentation française, Paris 1999, 160 pages.

(Avec Rita Schorpp-Grabiak), "Man muss so radikal sein als die Wirklichkeit" – "Bertold Brecht: Die PDS eine Bestandaufnahme" ("Il faut être aussi radical que la réalité: Le PDS – état des lieux), Nomos Verlag, Baden-Baden, 2002, 350 pages.

(Avec Rita Schorpp-Grabiak, Henrik Eberle, Jost Vielhaber) "Politische Positionierung der PDS – Wandel oder Kontinuität ?" ("Le positionnement politique du PDS – Évolution  ou continuité ?"), Sonderausgabe der Politische Studien, ATWERB-Verlag, Munich 2002, 317 pages.

(Avec Pierre Blaise), "Extrême droite et national-populisme en Europe de l'Ouest", Centre de recherche et d´information socio-politiques (crisp), Bruxelles, 2004, 584 pages.

 


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Le Drian : Daech : une réponse à plusieurs niveaux
Carter: Defense Ministers Agree on Next Steps in Counter-ISIL Fight
Carter Convenes Counter-ISIL Coalition Meeting at Andrews
Carter Welcomes France’s Increased Counter-ISIL Support
100-Plus Aircraft Fly in for Exercise Red Flag 16-3
Growlers Soar With B-1s Around Ellsworth AFB
A-10s Deploy to Slovakia for Cross-Border Training
We Don’t Fight Against Mosquitoes With a Kalashnikov
Bug-Hunting Computers to Compete in DARPA Cyber Grand Challenge
Chiefs of US and Chinese Navies Agree on Need for Cooperation
DoD Cyber Strategy Defines How Officials Discern Cyber Incidents from Armed Attacks
Vice Adm. Tighe Takes Charge of Information Warfare, Naval Intelligence
Truman Strike Group Completes Eight-Month Deployment
KC-46 Completes Milestone by Refueling Fighter Jet, Cargo Plane
Air Dominance and the Critical Role of Fifth Generation Fighters
Une nation est une âme
The Challenges of Ungoverned Spaces
Carter Salutes Iraqi Forces, Announces 560 U.S. Troops to Deploy to Iraq
Obama: U.S. Commitment to European Security is Unwavering in Pivotal Time for NATO
International Court to Decide Sovereignty Issue in South China Sea
La SPA 75 est centenaire !
U.S. to Deploy THAAD Missile Battery to South Korea
Maintien en condition des matériels : reprendre l’initiative
La veste « léopard », premier uniforme militaire de camouflage
Océan Indien 2016 : Opérations & Coopération
Truman Transits Strait of Gibraltar
Navy Unveils National Museum of the American Sailor
New Navy, Old Tar
Marcel Dassault parrain de la nouvelle promotion d’officiers de l’École de l’Air
RIMPAC 2016 : Ravitaillement à la mer pour le Prairial avant l’arrivée à Hawaii
Bataille de la Somme, l’oubliée
U.S., Iceland Sign Security Cooperation Agreement
Cléopatra : la frégate Jean Bart entre dans l’histoire du BPC Gamal Abdel Nasser
Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite
America's Navy-Marine Corps Team Fuse for RIMPAC 2016
Stratégie France : Plaidoyer pour une véritable coopération franco-allemande
La lumière du Droit rayonne au bout du chemin





Directeur de la publication : Joël-François Dumont
Comité de rédaction : Jacques de Lestapis, Hugues Dumont, François de Vries (Bruxelles), Hans-Ulrich Helfer (Suisse), Michael Hellerforth (Allemagne).
Comité militaire : VAE Guy Labouérie (†), GAA François Mermet (2S), CF Patrice Théry (Asie).

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