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La guerre cognitive ou l'arme de la connaissance

La guerre cognitive ou l'arme de la connaissance (2)

A la question de savoir pourquoi les USA ne peuvent pas se retirer d’Irak, François-Bernard Huyghe [1] directeur de l'Observatoire d’infostratégie [2] apportait déjà en octobre 2006 "sept réponses" [3] : "Le chaos", "le pétrole", "l'Iran", "le mythe Al Qaeda", "la catastrophe humanitaire", "les biais cognitifs" et enfin, "le traumatisme du plus jamais". « Il sont persuadés » écrivait-il, « que c’est la fermeté de Reagan et non la propre décadence de l’URSS qui a amené sa perte. Ils croient que la survie même du monde libre dépend de la volonté des USA de ne jamais baisser la garde contre "ceux qui haïssent la liberté". Ils appliquent un schéma fait pour un ennemi unique, dans une situation de Destruction Mutuelle Assurée qui empêche de monter aux extrêmes (la guerre atomique) et donne un rôle décisif au bluff. » Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, [4] l'auteur de "l'ennemi à l'ère numérique" posait « la vraie question : comment l'hyperpuissance devient-elle l'hypercible? La machine américaine à se faire des ennemis et la machine à ressentiment arabe et musulmane sont en phase. La première fournit à la seconde un territoire pour se battre, des griefs, des objectifs et des motifs pour recruter. La seconde offre à la première de quoi nourrir sa paranoïa : il faut en finir avec 'ceux qui haïssent la liberté'. Et le tout se nomme guerre perpétuelle. » Ici même, en mai 2004, il s'interrogeait pour savoir si les USA n'avaient pas déjà perdu la guerre de l’information. [5] Une guerre devenue une réalité et que tout responsable économique et politique doit prendre en compte au même titre que les militaires le font maintenant depuis quelques années. Auteur de nombreux ouvrages de référence sur le sujet, François-Bernard Huyghe nous met en garde. Dans un livre collectif qui fait parti d'une collection remarquable lancée par l'éditeur Lavauzelle [6] avec d'autres spécialistes éminents, [7] ils se sont attachés à définir le concept de "guerre cognitive" en tentant de répondre comment et par qui elle était pratiquée, enfin de voir comment relever les divers défis et le retard de l'Europe en la matière. Pour mieux comprendre le sens de son intervention concernant un nouveau paradigme : l’infostratégie, François-Bernard Huyghe a pris le soin dans un premier papier de défini l'infostratégie [8]. Paris, le 3 mai 2007. (©) François-Bernard Huyghe.[9]

François-Bernard Huyhe - Photo © Edith Huyge.

François-Bernard Huyhe

« De tous temps, on a lutté avec des mots, des images, des signaux. Bref, les antagonistes avaient toujours connu des stratégies (ou des infostratégies) qu¹on peut grossièrement classer en quatre catégories :

  • Stratégies d’amplification (faire partager ses convictions, persuader, mais aussi impressionner, menacer, rassembler, proclamer),

  • Stratégies de rétention (toutes les variétés du secret, qu’il porte sur le futur, les plans ou projets des acteurs, sur le passé, afin se mettre à l’abri de la répression ou de la dénonciation),

  • Stratégies d’acquisition (guetter, observer, bref, les divers types d’intelligence ou de surveillance). Enfin des

  • Stratégies de perturbation : telle l’intoxication qui s’adresse plutôt aux ennemis pour les leurrer, la désinformation qui consiste à propager délibérément des informations fausses pour influencer une opinion et affaiblir un adversaire, ou encore l’attaque contre ses systèmes d’information, etc.

Qu’y a-t-il de changé à l’ère d’Internet et de l’infoguerre, au-delà des facteurs évidents : puissance de traitement des NTIC, rôle crucial de l’information dans nos sociétés, instantanéité et universalité des moyens de communication, etc. ?

Il est évident que les missiles sont plus puissants et plus précis, les ordinateurs plus rapides, que les satellites surveillent mieux, bref que les moyens de lutte et de contrainte connaissent le même « progrès » grâce aux NTIC que les moyens de communication ou de production. Mais le changement va bien au-delà. Toute technique est une économie d’énergie et un gain de complexité (génératrice à la fois de liberté et de dépendance) et ceci est particulièrement vrai pour les technologies de la mémoire, de l’intelligence et de la communication qui prolongent notre cerveau au dehors. Elles ne servent pas seulement à accroître nos possibilités, elles supposent une réorganisation y compris de nos rapports sociaux. Et notamment, du conflit. En somme : quels changements de ces règles immémoriales dans une époque dominée par les « 4 M. » ? Marché (pour ne pas dire marchandisation générale de l’existence). Mondialisation (interdépendance planétaire des hommes, des richesses et des savoirs circulants). Médias (et hypermédias : les NTIC et l’idéal du « tout savoir, tout exprimer » qu’elles favorisent). Morale (le politiquement correct, le droit d’ingérence, la judiciarisation de tous les rapports sociaux, la diffusion d’une sensibilité hostile à tout mode de discrimination ou d’autoritarisme, le culte médiatique de la victime, de la repentance, etc.). Insistons ici surtout sur le troisième M : les médias. Les NTIC ont produit un changement de règles qui n’est pas seulement de l’ordre du quantitatif (puissance), ou la vitesse (c’est-à-dire de l’apparente abolition de la distance physique et du délai). Il est également qualitatif et structurel. Les bouleversements portent sur les facilités, les fragilités et les finalités du conflit. »

  • (Extrait de la guerre cognitive : Chapitre : Menaces, Conflit, Information : vers une info-stratégie) Courtoisie (©) François-Bernard Huyghe

La date du 11 septembre 2001 n’est pas seulement le repère symbolique d’un changement d’ère, elle est aussi l’expression d’une dimension inédite de la guerre, celle qui se mène par l’information. La guerre du Golfe, l’intervention américaine en Somalie ainsi que les conflits dans l’ex-Yougoslavie avaient déjà donné un aperçu de cette mutation. Lors de l’invasion du Koweït par l’Irak, l’opinion publique américaine s’est mobilisée à la suite d’une désinformation orchestrée par les autorités américaines avec la complicité de la fille de l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis . Le débarquement télévisé des troupes américaines sur les plages de Mogadiscio, de même que le lynchage en direct d’une unité de l’US Army, ont fait passer au second plan la réalité politico-militaire de la guerre civile locale. Dans les évènements du Kosovo, la polémique sur la manipulation de l’information a été présente du début (négociations diplomatiques) jusqu’à la fin (communiqués de presse de l’Otan sur la précision des frappes et les dommages collatéraux). Cette dimension particulière de la guerre par l’information est devenue évidente dans le cadre de la mise en scène des attentats du 11 septembre, montrés en direct par les chaînes de télévision à une échelle planétaire.

Cette guerre par l’information est étudiée depuis de nombreuses années aux États-Unis. Près d’une dizaine d’écoles spécialisées des trois armées et d’instituts de recherche travaillent sur "l’Information Warfare" et "l’Information Dominance".

Une telle polarisation de la pensée militaire américaine sur l’information pourrait s’expliquer par le bilan négatif tiré de la guerre du Vietnam. Mais l’explication est à la fois plus globale et plus complexe. Les États-Unis sont placés devant un contexte stratégique inédit. Sans rival militaire, ils souhaitent assurer durablement leur suprématie en se présentant comme le modèle de référence de toutes les démocraties marchandes. Contrairement au passé, la dissuasion nucléaire ne suffit plus à Washington pour imposer ses vues aux autres pays sur les échiquiers géopolitique, économique, culturel et sociétal.

Seule une maîtrise absolue de la production de connaissances en amont (circuits éducatifs) et en aval (Internet, médias audiovisuels) peut assurer aux États-Unis une légitimité durable sur le contrôle des affaires mondiales.

En France, ce sont surtout les milieux de la Défense qui ont travaillé sur les applications techniques de la démarche américaine. Des industriels dont Thalès commercialisent des produits labellisés « Information Dominance ». De son côté, l’armée française par l’intermédiaire du Centre d’Électronique de l’Armement (Celar), met au point une capacité de guerre électronique et de guerre informatique. Le séminaire "Renseignement à l’horizon 2030", organisé en décembre 2001 par l’État-major de l’Armée de Terre et la Délégation Générale de l’Armement, a souligné les carences de notre dispositif en matière de guerre par l’information dans le domaine du contenu. Ce retard doit être comblé. Mais le ministère de la Défense est pour l’instant bloqué dans son élan à cause des séquelles de la guerre d’Algérie . Du côté des autres administrations, la situation n’est guère plus propice à la créativité dans la mesure où la prise de conscience ne dépasse pas le cap de la gestion de crise.

Pour ne pas s’appesantir dans les états d’âme du passé, des initiatives ont donc vu le jour au sein de la société civile. L’École de guerre économique a été créée en 1997 dans la continuité d’une démarche initiée avec le concept d’intelligence économique à la fin des années 1980. De l’aventure Aditech , en passant par Intelco/DCI jusqu’à la création de l’EGE, les travaux de recherche et de formation ont conservé un cap précis : servir les entreprises en apportant des éclairages nouveaux sur le rôle croissant des sources ouvertes dans les stratégies d’affrontement entre les économies, les entreprises et les groupes de pression issus de la société civile. Après cinq ans de réflexion et d’exercices pratiques tirés de cas réels d’entreprises, l’EGE a abouti à la formulation d’un concept opérationnel distinct de la notion de guerre par l’information développée aux États-Unis. Il s’agit du concept de guerre cognitive.

  • Inventer la guerre cognitive

Les guerres du cognitif opposent des capacités à connaître et produire ou déjouer des connaissances. Les sciences cognitives portent sur l’ensemble des sciences qui concernent la connaissance et ses processus (psychologie, linguistique, neurobiologie, logique, informatique).

La définition que nous donnons de la guerre cognitive est donc la manière d’utiliser la connaissance dans un but conflictuel. Elle se différencie de l’acceptation américaine qui limite la guerre cognitive à la manière de leurrer l’adversaire en termes de commandement.

Il existe en fait deux manières d’appréhender la guerre cognitive : dans un rapport du fort au faible et inversement dans un rapport du faible au fort. Les multiples formes d’affrontement qui secouent périodiquement le monde de l’entreprise démontrent que l’innovation dans ce domaine n’est pas forcément du côté de la force brute. Dans la guerre cognitive, David doit vaincre Goliath.

  • Nous avons conçu cet ouvrage autour de trois axes de réflexion :

Le premier axe constitue une interrogation sur les fondements du concept de guerre cognitive. Abordée sous une quadruple perspective (sciences politiques, sciences de gestion, psychologie sociale et sociologie), cette partie explore le concept depuis l’acceptation française (Christian Harbulot), et elle remet en cause les analyses en vigueur en matière de guerre de l’information traditionnelle (Philippe Baumard). Le troisième chapitre (Claude Rainaudi) aborde la cognitive warfare depuis le prisme militaire américain, enfin le dernier point constitue une seconde analyse critique des stratégies de « façonnage de l’esprit ».

Le deuxième axe s’intéresse aux démarches méthodologiques de la guerre cognitive et tente de répondre à l’interrogation : Comment et par qui est-elle pratiquée ? Ce volet commence par une réflexion (Charles Prats), autant d’ordre philosophique que juridique et managériale, et explore l’articulation entre la subversion et la guerre de l’information envisagée sous l’angle concurrentiel. Dans le prolongement, Alain Tiffreau livre une démonstration des savoir-faire nécessaires pour mener des opérations de guerre de l’information, dans le cadre d’une prestation de conseil. Enfin, le dernier volet de réflexion est le fruit des étudiants de la promotion en cours de l’Ecole de Guerre économique. Il s’attache d’un point de vue tactique, à l’étude d’un cas de guerre par l’information dans un contexte local ? par opposition à international.

Concernant le troisième et dernier axe de cet ouvrage, il approfondit des questionnements liés aux mutations de nos univers, il évalue les impacts de la société de l’information et s’interroge sur les fondements et le devenir de la guerre cognitive. François-Bernard Huyghe délimite le cadre théorique d’un nouveau paradigme : l’info-stratégie. Le chapitre suivant (Nicolas Moinet) revient sur une donnée essentielle de la guerre de l’information et démontre le rôle capital des stratégies-réseaux dans l’appréhension de la complexité et la conduite du changement. Enfin, l’ultime chapitre (Didier Lucas) constitue un essai sur la nécessité ? stratégique ? de mener des réflexions au niveau européen sur le thème de la sécurité de l’information, tant le retard par rapport aux États-Unis est aujourd’hui important.

François-Bernard Huyghe                  

[1] Docteur d'État en Sciences Politiques, François-Bernard Huyghe est Chercheur en Sciences de l'Information et de la Communication. Il enseigne notamment à HEC, au Celsa Paris IV ainsi qu'à l'École de guerre économique à Paris (EGE). Ses recherches portent sur les rapports entre information, conflit et technologie.  Il a publié de nombreux ouvrages de référence, une série d'analyse des rapports entre information, technologie et conflit, parmi lesquels "Comprendre le pouvoir stratégique des médias" (Eyrolles), la "Quatrième Guerre Mondiale: faire mourir et faire croire"; "l'Ennemi à l'ère numérique, Chaos, Information, Domination" (Presses Universitaires de France) et "L'Information, c'est la guerre" (Panoramiques) ainsi que des essais critiques sur les idées contemporaines: "Écran/Ennemi: Terrorismes et guerre de l'Information" (www.00h00.com), "les experts ou l'art de se tromper: de Jules vernes à Bill Gates (Plon). François-Bernard Huyghe a également écrit de nombreux chapitres dans des ouvrages collectifs, consacrés à l'intelligence économique, à la stratégie et aux médias: citons pour mémoire "le dictionnaire mondial des images" (Nouveau monde); "Al Qaeda : les nouveaux réseaux de la terreur" (Ellipses Marketing). Enfin, avec son épouse Edith, ils ont publié plusieurs ouvrages les grands réseaux historiques de transmission : "la route de la soie" (Petite Bibliothèque Payot); "les routes du tapis" (Gallimard), "l'histoire des secrets" (Hazan); "Images du monde" (J.C. Lattès); "Les Coureurs d'épices" (Payot) et "Les empires du mirage" (Robert Laffont).

[2] L’Observatoire d’infostratégie, dont la renommée a dépassé largement les frontières des pays membres de l'Union européenne, a pour vocation de réunir des chercheurs, des praticiens ou des journalistes qui s’intéressent à la guerre de l’information au sens large. Et ce, pour la comprendre, pas pour la pratiquer pour une cause militante. Il n’est donc pas question, dans le cadre de l’Observatoire ou du site Vigirak de sortir du travail d’analyse, de diffuser des informations illégales ou dangereuses, d’aider quelque partie (ou parti) que ce soit ou bien entendu de propager des thèses "conspirationnistes". L’Observatoire d’infostratégie n'est donc pas une usine à rumeurs pour activistes électroniques de tous poils (NDLR).

[3] "Les sept piliers de la démence", par François-Bernard Huyge.

[4] Voir le Monde du 14 avril 2004 page 17.

[5] Les USA ont-ils perdu la guerre de l’information ? Par François-Bernard Huyge.

[6] Voir dans Defense N° 129 la rubrique de Joël-François Dumont consacrée à la remarquable collection "Renseignement, histoire & géopolitique" dirigée par Robert Belot, historien de formation, professeur des Universités, spécialiste des deux Guerres Mondiales et auteur de nombreux ouvrages, à qui l'on doit notamment d’avoir participé à ce qui est devenu la Direction de la mémoire, du patrimoine et des Archives du ministère de la défense, avant de repartir enseigner la géopolitique à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard. Avec cette collection, Robert Belot poursuit deux grands objectifs. Le premier est de  « répondre à un besoin du monde actuel en mariant les analyses historiques et contemporaines ». Le deuxième objectif « entend mettre en perspective critique la question du renseignement, du contre-espionnage et du secret. Le renseignement et le contre-espionnage, particulièrement en France, sont victimes d’un double déficit. Déficit moral, depuis le faux pas originel de l’affaire Dreyfus… et déficit intellectuel, tant il a été sollicité par la (mauvaise) littérature d’espionnage et au mythe  (trop facile) de l’origine secrète et conspirative des événements. Depuis la fin de la guerre froide et l’apparition de la mondialisation, il semble admis que la question du renseignement ne relève pas de la seule sphère étatico-militaire et du "secret" mais concerne tout autant le monde économique à travers le phénomène d’intelligence technologique ou de guerre cognitive, l’intelligence apparaissant autant comme une arme que comme un outil d’intelligibilité. C’est donc, conclut Robert Belot, aussi à une histoire culturelle du renseignement et de l’avènement de l’intelligence informationnelle que cette collection souhaiterait œuvrer. »  La liste des livres publiés est disponible sur Internet.

[7] "La guerre cognitive L'arme de la connaissance", sous la direction de C. Harbulot et D. Lucas (Lavauzelle), avec les textes de Philippe Baumard, Christian Harbulot, François-Bernard Huyghe, Didier Lucas, Nicolas Moinet, Charles Prats, Claude Rainaudi, Alain Tiffreau, Jean-Michel Valantin, « Promotion 2002 de l’Ecole de Guerre Economique ». (Pour commander ce livre sur Internet).

[8] L'Infostratégie (1), par François-Bernard Huyge.

[9] Site Internet de François-Bernard Huyghe

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