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Le centre de gravité du monde se déplace lentement mais sûrement vers l’Est

Le centre de gravité du monde se déplace lentement mais sûrement vers l’Est

Le général Stéphane Abrial, Chef d'état-major de l'armée de l'Air, le CEMAA, a rencontré le 27 mars 2008 les élèves-officiers de l'Ecole de l'air et de l'Ecole militaire de l'air sur la base aérienne de Salon-de-Provence. Source : Sirpa Air : Salon-de-Provence/Paris le 27 mars 2008.

    Sous-lieutenants, aspirants et élèves officiers des promotions de l’Ecole de l’air et de l’Ecole militaire de l’air.

C’est pour moi un très grand plaisir de vous rencontrer et de m’exprimer devant vous cette après-midi. Tout officier de l’armée de l’air a toujours un petit pincement au cœur quand il revient à Salon de Provence et que ses pas croisent ceux des jeunes officiers qui y sont en formation. Il ne peut s’empêcher de remonter le temps, de se rappeler quand il était à leur place, de la manière dont il imaginait sa future carrière et de faire le point sur les événements qui ont marqué sa vie professionnelle depuis ce temps héroïque où tout semblait possible.

Rassurez-vous cependant, je ne suis pas venu faire devant vous un rapide bilan de ma carrière. Je ne suis pas non plus vous narrer la manière dont nous nous accommodions des heures de cours magistraux en attendant de montrer ce que nous valions vraiment aux commandes des Fouga Magister ou des stages en unité, au contact avec la vie opérationnelle quotidienne de l’armée de l’air – encore que certaines astuces pourraient peut-être être toujours utiles !

Non, je suis en fait venu à votre rencontre pour vous dire la chance qui était la vôtre d’intégrer une école d’officiers en ce début de 21ème siècle et pour vous préciser ce qu’on va très prochainement attendre de vous dans les unités combattantes de l’armée de l’air.

Connaissez-vous à ce titre le lieutenant Giovanni Drogo ? C’était un officier assez fameux, qui avait pris ses fonctions au fort Bastiani, sorte de bastion isolé dans une zone montagneuse et d’aspect lunaire, qui devait s’opposer à une invasion de tribus tartares. Alors qu’il terminait un détachement de 4 mois obligatoires, Drogo décida de prolonger son séjour, envoûtée par la magie de la forteresse, le trouble que suscitait l’environnement et l’attente du Grand événement, c'est-à-dire l’assaut de l’ennemi contre sa position. Il allait passer toute sa carrière à attendre cet événement, sa vie étant réglée par la monotonie et le confort du règlement. Et quand ses adversaires apparaissent enfin après une trentaine d’années d’attente, il est évacué du fort pour raisons médicales et ne peux participer au combat. Ce Giovanni Drogo, vous l’avez reconnu, c’est le héros du merveilleux livre de Dino Buzzati intitulé le "Désert des Tartares". Les interprétations de ce livre sont nombreuses et sont plus d’ordre existentielle qu’une simple description critique de la vie militaire. Mais ce que je peux vous garantir, c’est que votre carrière ne ressemblera en rien à celle du lieutenant Drogo et que vous vivrez des moments uniques, quelque soit votre spécialité, quelques soient vos affectations. Votre vie professionnelle est loin d’être écrite tant l’imprévu dominera l’avenir et vous laissera une part possible de prendre en main votre destin.

Est-ce à dire que le chaos est à venir ? Pas du tout, c’est même le contraire. Vous vivez une période de refondation, où un nouveau monde est en train de se bâtir devant nous, qui semble parfois hésiter sur la direction à prendre, sur le chemin à suivre.

De nouveaux acteurs émergent d’abord sur la scène internationale. Des puissances régionales acquièrent de plus en plus d’influence localement et tentent d’influer sur le cours des événements. Certaines tentent même d’accéder à un statut mondial, comme l’Inde ou la Chine. A l’inverse, des acteurs non étatiques poursuivent leurs intérêts qui heurtent parfois ceux des états, comme les organisations criminelles ou terroristes. Elles possèdent plus un pouvoir de nuisance qu’une véritable capacité de transformer le monde. Bref, les rapports de force sont en train de se recomposer et le centre de gravité du monde se déplace lentement mais sûrement vers l’est. Le fait que l’armée de l’air soit présente en Asie Centrale aux marches de la Chine est à mon sens une conséquence de cette nouvelle donne.

La mondialisation me semble également être une tendance lourde du monde demain, si on la comprend comme une intensification des flux de différents types sur notre planète. Ces flux sont d’ordre financiers, commerciaux, ou humains. Des liens se tissent, des interdépendances se créent entre les différentes régions du monde. Certains événements qui se déroulent à l’étranger ont une influence, à plus ou moins long terme, chez nous. Le médiologue et philosophe MacLuhan prédisait l’apparition d’un village global. Cette vision est peut-être prématurée, mais elle a une certaine portée heuristique quand on considère par exemple les problèmes liés à l’environnement qui doivent être approchés de manière globale. C’est donc notre représentation du monde qui se modifie progressivement.

Enfin, l’électronique comme l’informatique sont en train de bouleverser nos moyens de communiquer. Il n’est guère besoin d’aller très loin pour en mesurer la portée, puisque chacun d’entre vous a un téléphone portable ou dispose d’Internet dans sa chambre. Vous êtes tous reliés au monde, même si vous savez parfois mieux ce qui se passe aux Etats-Unis que dans le bâtiment de l’autre côté de la cour. La diffusion de l’information et les formes du savoir se transforment progressivement, ouvrant de nouvelles opportunités.

Un monde nouveau est en train d’émerger dans lequel va s’inscrire votre action. Les choses sont donc loin d’être figées. L’armée de l’air, dans ce cadre se doit d’évoluer. Elle est en pleine transformation et sous l’influence des directives politiques, des enseignements opérationnels et des progrès technologiques, est en train de rebâtir ses structures, recapitaliser ses équipements et redéfinir le rôle de chacun de ses membres.

L’armée de l’air de demain sera plus resserrée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous disposions par exemple il y a encore vingt ans de six cents avions de chasse. Nous espérons en conserver environ trois cents après les différents travaux en cours qui reconsidèrent notre politique de défense et les moyens pour la mener. Est-ce à dire que nous allons perdre de notre efficacité au combat ? Sincèrement, je ne le crois pas, car les avions de type Rafale F3 que nous allons mettre en œuvre possèdent des performances largement supérieures à celles de leurs prédécesseurs. Par ailleurs, ce sont les premiers avions de l’armée de l’air à être polyvalents, c'est-à-dire capables d’effectuer en même temps une mission air-air ou air-sol.

Contrairement aux théâtres d’opération terrestres, disposer de plus de moyens n’est pas synonyme de supériorité dans la guerre aérienne. Il existe certes un seuil sous lequel il ne faut pas descendre, mais je préfère disposer dans mon arsenal de 100 Mirage 2000 de défense aérienne équipés de tout leur armement, notamment pour le tir à longue portée que de 400 Mirage IIIC. Il en est de même pour les missions air-sol. La précision des armements se substitue à la masse. Les Américains ont évalué qu’une patrouille de F-117 pendant la première guerre du Golfe obtenait le même effet militaire qu’un raid de 900 bombardiers pendant la seconde guerre mondiale. Les futurs chefs de patrouille de Rafale pourront donc être comparés aux leaders des raids composés de centaines de forteresses volantes et infliger à l’ennemi avec seulement quatre avions les mêmes dégâts, mais cette fois sans dommages collatéraux – si toutefois ce terme convient pour désigner les destructions complètes de certaines villes allemandes ou japonaises.

Les pilotes de transport pourront quant à eux profiter des performances des A-400M qui remplaceront nos valeureux Transall qui arrivent à bout de souffle. Ces avions peuvent emporter des charges utiles remarquables, mais ont surtout la capacité de se poser sur des revêtements spéciaux tels la latérite et d’accéder à des lieux peu accessibles par des moyens routiers. Les souvenirs des équipages sont souvent chargés d’émotion quand ils racontent leur contact avec des populations dont ils constituent le principal lien avec l’extérieur.

C’est dire la responsabilité de ceux qui travaillent sur ces avions ou qui permettent qu’ils volent. Tous, que vous soyez pilotes, mécaniciens, basiers ou commissaires, avez un rôle déterminant à jouer pour que ces avions décollent et effectuent leurs missions.

La recapitalisation de nos machines va nous permettre de continuer à être parmi les premières armées de l’air du monde, parmi les plus modernes. Mais ce rang, nous le devons aussi au fait que nous participons à de nombreuses opérations dans le monde entier.

L’armée de l’air, c’est 3 500 aviateurs déployés dans le monde entier. Un tiers d’entre eux assure des missions de souveraineté outre-mer. Un autre tiers est impliqué dans des missions de présence dans des pays auxquels nous lient des accords de défense. Le reste agit quotidiennement dans le cadre d’opérations extérieures. Environ quatre-vingts appareils sont ainsi mis en œuvre, dont une vingtaine d’avions de combat.

En Afghanistan, nos équipages ont participé depuis 2002 ou sont impliqués aujourd’hui dans diverses missions. Les équipages de Mirage F1 CR, de Mirage 2000D et de Rafale frappent régulièrement les Talibans et font peser sur leurs têtes une menace constante. Ils ont permis de détruire des objectifs repérés par des forces spéciales, parfois composés par des commandos de l’air du CPA 10, ou de dégager des éléments pris en embuscade. Les avions de transport ont assuré des missions spéciales et le soutien des forces installées en Afghanistan. Les hélicoptères EC-725 ont assuré le même type de mission et ont recueilli en zone hostile l’équipage d’un hélicoptère italien qui s’était accidentellement écrasé. Une génération d’officiers est donc en train de connaître une expérience guerrière dont le caractère interarmées est très marqué. Ces hommes seront vos chefs directs en unités. Nul doute qu’ils vous feront partager leurs expériences.

L’armée de l’air intervient également en Afrique, et plus particulièrement au Sénégal, au Tchad, en Côte d’Ivoire, et à Djibouti où nos moyens de transport participent à la mobilité et au soutien logistique de nos camarades des autres armées. Quant à nos appareils de combat, ils offrent sur l’ensemble du théâtre africain une gamme complète d’effets allant de la reconnaissance à la destruction d’objectifs.

Dans cette description de la réalité opérationnelle de l’armée de l’air, il faut aussi souligner l’action, peut-être moins médiatisée mais ô combien précieuse des hommes et des femmes qui participent quotidiennement, sur notre territoire, à la sécurité des Français et au maintien de la souveraineté de notre pays.

Les avions de la composante nucléaire aéroportée s’entraînent ainsi tous les jours pour faire face à toute attaque contre nos intérêts vitaux. Les appareils de la défense aérienne sont prêts à intervenir à la moindre alerte pour faire respecter la souveraineté de l’Etat dans l’espace aérien français. Nous exportons même notre savoir-faire Enfin, l’engagement de l’armée de l’air sur le territoire se traduit aussi par notre participation : à la sécurité d’événements de portée nationale ou internationale ; au plan Vigipirate ; à la lutte contre les incendies de forêt ou pour sauver par les airs des hommes et des femmes victimes de catastrophes naturelles ; ou encore par la mission de recherche et sauvetage au profit de l’ensemble des aéronefs, civils ou militaires, français et étrangers qui survolent notre territoire.

Vous le voyez, l’armée de l’air est présente sur tous les fronts. La frontière entre les notions de défense et de sécurité tend parfois à devenir plus floue, de sorte que le spectre de nos missions s’élargit singulièrement.

Le dernier aspect qui peut caractériser l’action actuelle et à venir de l’armée de l’air est son ouverture aux autres acteurs de la défense. Vous avez pu déjà vivre cette ouverture lors du SIGEM, en échangeant avec vos camarades des grandes écoles militaires. Mais l’ouverture va au-delà des aspects interarmées. Elle est aussi interministérielle, comme le prouve les processus mis en place dans la mission de défense aérienne et internationale. Certains d’entre vous ont découvert les écoles de l’air étrangères tandis que des élèves officiers des pays européens sont venus ici pour appréhender la manière dont la France formait et instruisait ses futurs officiers de l’armée de l’air.

Cette ouverture est également réelle en unité. Vous participerez tous à des exercices menés dans le cadre de l’OTAN par exemple. Vous apprendrez à travailler selon des règlements et des procédures partagées avec les aviateurs des pays alliés, de sorte que vous pourrez agir aisément avec eux en opération. L’expérience de la guerre du Golfe, du Kosovo ou plus récemment de l’Afghanistan montre tout l’intérêt que nous avons à assurer ce niveau et à maintenir cette coopération. Elle nous tire tous vers le haut et nous amène à sans cesse évoluer, à prendre en compte les évolutions tactiques ou techniques. Elle est la garantie de l’efficacité d’une Europe de la défense, qui sera fondée sur une vision commune de l’action aérienne et sur des moyens compatibles entre eux, pouvant être combinés ensemble.

Quelles sont les conséquences de tous ces changements, pour vous, qui allez bientôt intégrer les unités de l’armée, qui allez constituer très prochainement l’âme des unités opérationnelles de l’armée de l’air ?

Vous devrez tenir trois rôles, tout au long de votre carrière, à savoir celui de technicien, de combattant et enfin d’officier. Attardons-nous un moment si vous le voulez bien sur chacun d’entre eux.

  • Celui de technicien d’abord.

C’est la raison pour laquelle la formation scientifique est si développée dans cette école. Vous appartenez à une armée dont la raison d’être est l’exploitation à des fins militaires de la troisième dimension. Or celle-ci n’a été conquise qu’il y a un peu plus d’un siècle. Ce n’est pas un milieu d’évolution naturelle de l’homme. Nous sommes dépendants de la technique pour y accéder, pour pouvoir nous y maintenir. Nous en sommes encore plus dépendants pour nous y battre, pour rivaliser avec ceux qui veulent nous en expulser. Il en est donc essentiel que tout responsable aéronautique militaire développe une sensibilité dans ce domaine et comprenne les tenants et les aboutissants des nouvelles techniques. Mais au-delà du simple fait de savoir calculer des intégrales et résoudre des équations, il doit aussi s’interroger sur la meilleure manière pour intégrer de manière opérationnelle ses nouvelles technologies dans la culture d’une armée. Prenons l’exemple du développement des nouvelles technologies d’information et de communication. Les questions liées aux bandes passantes sont aujourd’hui décisives et une limite au volume d’information que l’on peut diffuser. Des connaissances en ce domaine sont indispensables. En même temps, il faut penser de nouveaux processus dans les armées. L’information étant plus aisément disponible, elle n’est pas concentrée uniquement dans le pouvoir des chefs. Bref, chaque exécutant peut interpréter ces éléments et compte tenu de la situation locale, profiter d’opportunités pour faire avancer notre position. Les aspects techniques, organisationnels et procéduriers sont donc étroitement liés et doivent être pensés ensemble.

  • Celui du combattant, ensuite.

Même si le fait d’assurer la sécurité de vos citoyens devient de plus en plus prégnant, l’horizon de votre métier est bien le combat et avec lui la mort. La mort peut être donnée, elle peut être reçue. Certains d’entre vous travailleront sur des armes nucléaires qui pourront rayer de la carte en un instant des grandes villes. D’autres décideront du destin d’hommes dont on ne devinera que les silhouettes sur des écrans TV dans les cockpits d’avions. Vous risquerez votre vie dans des missions d’entraînement, en opération. Elles s’avéreront parfois fatales. 12 officiers et sous-officiers de l’armée de l’air sont ainsi morts en 2007 dans de telles circonstances, en France ou au Sinaï. Vous devez réfléchir à tous ces aspects. Les accepter en pleine conscience constitue la grandeur de votre métier. C’est un engagement envers vous-même et votre pays. Il signifie que vous êtes prêt à défendre en toutes circonstances son territoire, sa souveraineté, ses valeurs.

Mais être combattant, c’est aussi savoir agir dans des circonstances difficiles, dégradées. C’est savoir accepter l’attente, c’est savoir durer en gérant le stress, les moments difficiles. C’est aussi savoir respecter son adversaire qui souffre aussi. C’est enfin trouver au fond de soi-même les qualités physiques et morales indispensables quand il faut soudainement se dépasser et accomplir des tâches indispensables dans un environnement hostile, ne pas céder à la facilité. Etre combattant, c’est ne jamais s’avouer vaincu, ni par l’environnement, ni par les circonstances.

  • Le dernier aspect que je voudrais aborder est celui de l’officier.

Rapidement, l’armée de l’air va vous confier des responsabilités, à la fois matérielle et humaine. Elles seront très importantes. Le matériel que nous mettons en œuvre possède une forte valeur ajoutée. Il est acquis grâce aux efforts de nos concitoyens et constitue à ce titre une part de la richesse de nos états-majors. Mais vous serez responsable aussi de l’autre richesse de notre organisation, qui est la richesse humaine. Vous devrez être capable de mener vos hommes au combat. Pour ce faire, il vous faudra être compétent et exemplaire. Compétent pour conserver votre légitimité. Exemplaire pour que vos hommes se comportent de la manière adéquate. N’attendez pas d’eux une attitude respectueuse si vous bafouez vous-même l’autorité et montrer un dédain envers vos supérieurs. Ne soyez pas surpris si leur accoutrement devient fantaisiste alors que vous prenez des libertés avec le port des effets militaires. Ne vous étonnez pas si le niveau opérationnel de vos hommes s’étiole lentement si vous n’êtes pas exigeant sur le niveau tactique de vos hommes.

Etre officier, c’est aussi respecter une éthique et des règles. L’armée de l’air ne vous demande pas d’être des chefs de bande. Elles vous demandent de créer l’harmonie pour que en restant fidèle à la finalité qui vous est fixé. Au-delà du caractère de chacun, Il s’agit d’être juste, dans le sens décrit par Aristote et d’être cohérent. Il n’y a rien de pire pour vos subordonnés d’avoir l’impression que l’arbitraire règne et qu’ils sont gouvernés par les humeurs de leur chef.

Vous le voyez, la route qui vous attend est longue et exigeante. Elle est aussi passionnante. Vous entrez dans l’armée de l’air en une période de refondation, de transformation, où chacun peut y imprimer sa marque. Votre carrière dans l’armée de l’air sera ce que vous en ferez. Engagez-vous et je vous promets que les satisfactions que vous en retirerez seront multipliés par cent.

Une des solutions que je préconise est de redonner un espace de responsabilité plus important à chacun de nos aviateurs, et notamment à nos sous-officiers qui forment la colonne vertébrale de notre armée de l’air. Mon but est de les recentrer vers leur cœur de métier, que sont la haute technicité et l’encadrement de proximité, alors que l’ensemble des tâches d’exécution seront dévolues aux militaires du rang. Nous devons par ailleurs veiller à ce que les meilleurs progressent vers les postes les plus élevés.

Nous devrons aussi favoriser ceux d’entre nous qui savent le mieux s’adapter à des situations dans lesquelles ils n’ont pas l’habitude d’évoluer. Ainsi, le personnel déployé à Kandahar a suivi un entraînement spécifique pour remettre à niveau ses connaissances dans le secourisme et pour réviser les actes élémentaires du combattant.

Offrir une plus grande autonomie au quotidien ne signifie cependant pas remettre en cause nos valeurs, car la finalité de notre métier reste la même. Il s’agit toujours de servir, ce qui implique des devoirs, ce qui nécessite de respecter au quotidien le sens de notre engagement au service de la Nation. Une plus grande autonomie de chacun n’est possible que si elle s’accompagne en même temps d’une plus grande responsabilisation de tous.

Voilà peut-être la définition de l’agilité, fameux terme introduit par les Anglo-saxons pour désigner les qualités nécessaires à l’aviateur de demain : ce serait savoir penser de manière originale dans l’incertitude et la tension, tout en restant fidèle à ses valeurs.

Et je vous garantis que vous allez vivre quelque chose d’unique, quelque soit votre spécialité, quelques soient vos affectations.

Si vous voulez au contraire agir, participer à la marche du monde, vous avez frappés à la bonne porte.

Je vous remercie de votre attention, attend vos questions … et en vous observant tous, je dois vous confier que j’aimerais bien être parmi vous.

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