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Les yeux du commandement

Les yeux du commandement, ou comment les drones bouleversent la tactique

Revue trimestrielle des anciens élèves de l’École de l’air, le Piège [1] est de loin, l'une des meilleures revues de référence pour tous ceux qui s'intéressent à l'armée de l'Air, à ses évolutions, à ses transformations successives pour relever de nouveaux défis [2] sans oublier bien sûr ses personnels. Au delà de sa mission de maintenir un lien associatif avec les anciens « Piégeards », outre de belles pages d'histoire qu'elle s'efforce de faire partager, elle a aussi pour vocation de susciter la réflexion et de nourrir le débat en publiant de papiers de fond. Ainsi, dans son N° 204, daté de mars 2011, au moment où les drones se sont affirmés comme un moyen d'observation et de renseignement incomparable, elle relate l'expérience faite dans l'urgence en Afghanistan des Harfang de l'escadron Adour,[3] ces avions télépilotés dont le pilote est au sol. Envoyé en renfort il y a deux ans dans l'urgence en Afghanistan, après la dramatique affaire d'Uzbin,[4] ce système encore expérimental a démontré à la fois son intérêt, ses forces et aussi ses faiblesses ou ses insuffisances.[NDLR)

En 2001, l’armée de l’Air a décidé de se doter de drones et a opté pour l’achat du Héron israélien, modifié par EADS avec l’apport de liaisons SATCOM, de logiques d’atterrissage et de décollage automatique, d’antigivrage, et l’occidentalisation des équipements de navigation et de communication (INS/GPS, radio, IFF). Malheureusement, un gros retard a été pris lors du développement et, bien que toujours en expérimentation, le drone Harfang a été envoyé en Afghanistan pour y renforcer les moyens de renseignement. À l’approche du deuxième anniversaire de sa présence sur ce théâtre d’opération, l’auteur, David Secher (96 – de Saxcé) a dressé pour la revue Le Piège un bilan de l’emploi de ce moyen et des leçons retenues de cette expérience. Avec l'autorisation de la revue et de son auteur, nous publions ce récit envoyé depuis la base américaine de Bagram, le 16 février 2011.©

Déployé en janvier 2009, le drone Harfang a effectué plus de 3300h de vol en un peu plus de 350 missions au profit des forces de l’ISAF. L’avènement de cette capacité d’observation permet aujourd’hui à l’Armée de l’air de renouer avec une de ses grandes missions historiques : la coopération avec une unité terrestre, comme l’ont pratiquée nos grands anciens des GAO & GR [5] ainsi que ceux des escadrilles légères de l’Armée de l’air en Algérie. C’est d’ailleurs logiquement que l’escadron s’est vu récemment confier les traditions du 1/33 Belfort, lors de son transfert de tutelle du CEAM vers le CFA.

Harfang décolle de Bagram pour une nouvelle mission

Cette filiation s’explique par la diversité des capteurs mis en œuvre par le drone, lui permettant d’effectuer tout un panel de missions allant de la reconnaissance d’objectifs traditionnelle jusqu’à l’appui au déploiement et à l’action des forces au sol, en passant par la sécurisation des enceintes alliées et des convois logistiques, tout comme la lutte anti IED [6] et le soutien aux forces spéciales.

  • De la différence entre drone MALE [7] et drone tactique

La portée de ces missions demeure éminemment tactique, à l’instar des drones SDTI [8] de l’Armée de terre, bien que les caractéristiques intrinsèques des drones MALE offrent au commandant de la force d’autres possibilités, lui permettant d’obtenir les effets recherchés. La première plus value reste le contrôle du drone grâce à un relais satellite géostationnaire, lui autorisant l’accès à l’ensemble du théâtre, sans préoccupation des masques du relief. Cette aptitude lui permet de s’inscrire dans une manœuvre de théâtre, privilégiant la concentration de moyens ISR [9] pour des opérations terrestres de premier plan ou présentant un profil de risques élevé. Harfang demeure donc un moyen sous contrôle du COMISAF et n’est pas rattaché organiquement à une brigade, comme peut l’être le SDTI.

Harfang face à l'Antonov-124

Cette différence est accentuée par l’endurance (on ne parle plus de rayon d’action…) de ce type d’engin, de l’ordre de 24 heures pour Harfang, rendant ainsi possible le cumul de plusieurs soutiens successifs au profit des brigades différentes, au sein d’un même vol. Cette persistance ouvre aussi de nouvelles perspectives en terme de renseignement puisqu’elle offre au commandement un suivi continu de l’action ou une surveillance continue de l’ennemi. Cette caractéristique est primordiale dans les conflits de basse intensité, nécessitant une parfaite compréhension des habitudes de vie et des réactions de la population locale, cible privilégiée de notre stratégie.

Harfang au parking à Bagram

Enfin, la mise en œuvre de cette classe de drone par des aviateurs dans des portions de l’espace habituellement dévolues à l’aviation de chasse permet une surveillance du sol en toute discrétion, qualité indispensable requise par les forces spéciales et ce, depuis une base aérienne, disposant de tous les moyens de communication nécessaires à la diffusion des vidéos, issues des capteurs du drone, vers l’ensemble des acteurs du théâtre.

  • Un moyen essentiel dans une manœuvre de capteurs

Sa participation à une opération d’envergure de la Task Force Lafayette, courant décembre, symbolise, à elle seule, son impact dans le déroulement des actions terrestres. Cette opération visait à investir une série de bâtiments de la vallée de la Kapisa, censés abriter des combattants appartenant à  un réseau insurgé local, responsable de nombreuses attaques de harcèlement et poses d’IED le long de cet axe logistique vital pour nos forces comme pour l’économie de la province.

La veille du vol est consacrée à l’échange de données de coordination entre les acteurs (moyens de communication, affectation des zones de recherches, définition d’un baptême terrain).

Le drone décolle alors deux à trois heures avant le début de l’infiltration, afin de s’assurer, en toute discrétion, de l’absence de menaces sur l’axe de pénétration de nos forces et de l’activité sur la cible. Certainement alerté par des informateurs, un groupe d’individus suspects quitte la zone cible pour se poster le long de l’axe de progression de nos troupes. Le drone renseigne alors le centre opération, sur la conférence dédiée (messagerie type MSN), de la mise en place du dispositif ennemi. Dès le premier contact et la riposte amie, Harfang suit les combattants qui se regroupent quelques centaines de mètres plus loin.

              

Photos 1 et 2 : Détection tir de roquette  --  Documents © SIRPA Air                         3 : Activité suspecte IED   

La vidéo du drone étant disponible en temps réel pour nos correspondants gérant les appuis, soit par réseau, soit grâce à l’émetteur ROVER,[10] le JTAC [11] est maintenant capable de guider l’hélicoptère Tigre sur la nouvelle position; ce dernier neutralisant le groupe insurgé en une seule passe canon. La force peut maintenant se concentrer sur l’objectif initial et fouiller les bâtiments visés.

Disposant aussi de capteurs de nature différente, le responsable renseignement de l’opération (S2) nous avertit de l’interception de communications VHF ennemies, trahissant une action de représailles de la part des insurgés, et nous demande de confirmer une activité humaine aux coordonnées déduites de l’interception. S’agissant d’une menace importante pour la force, le centre opération décide d’utiliser un F-16 pour effectuer une démonstration de force, au-dessus de cette zone densément peuplée. Les insurgés sont, tout de suite, suivis par le capteur du drone, qui réussit à localiser la maison dans laquelle ils décident de se cacher.

Le coordinateur tactique

Fort de ce renseignement, le responsable de l’opération décide d’investir ce bâtiment pour tenter de capturer ces individus. Harfang va alors se charger de détecter d’éventuels fuyards. Au cours de cette nouvelle action et devant la violence de l’assaut, deux de nos camarades sont blessés. Une mission d’évacuation médicale par hélicoptère est alors ordonnée et Harfang va « éclairer » la zone de posé du Caracal. Reste alors à « scanner » la route retour du dispositif ami vers sa base, après une dizaine d’heures de présence sur le terrain, en essayant de détecter d’éventuels poseurs d’IED ou une nouvelle embuscade. Au total, plus d’une vingtaine d’insurgés auront été éliminés ce soir-là et la mission réussie.

  • Un bilan mitigé

Bien que la qualité des équipes de spécialistes de l’Armée de l’air ait permis un déploiement en un temps record du drone en Afghanistan, ainsi que sa parfaite intégration, en moins de trois semaines, dans la flotte de moyens ISR de la coalition, cette performance ne saurait masquer les difficultés qui se sont accumulées lors de la montée en puissance de cette capacité. Le développement de technologies « clé » par des sociétés françaises (liaison par satellite, atterrissage et décollage automatique par GPS) et les faiblesses propres à ce drone d’origine israélienne y sont pour beaucoup.

Harfang en maintenance

Depuis le mois de février 2009, le détachement n’a de cesse de faire face à de nombreuses difficultés d’ordre technique et logistique, qui trahissent le manque de maturité de cette capacité. Nous nous sommes donc résolus à cannibaliser notre système pour tenter de maintenir en permanence un vecteur complet sur les trois. Malgré tout, une bonne part des contraintes proviennent du contexte de déploiement, qui reste fort éloigné des scénarii d’emploi au-dessus d’Israël. Le drone, propulsé par un moteur d’ULM, évolue dans une région très montagneuse, au pied du massif himalayen, qui demeure le siège de phénomènes aérologiques et météorologiques violents et rapidement changeants (turbulences, vents contraires ou travers, orages, givrage, neige). La période estivale n’est pas plus clémente, depuis un terrain situé dans une cuvette à plus de mille mètres d’altitude, où se mélangent poussière, cailloux et chaleur.

Harfang paré pour un décollage de nuit sur la base de Bagram

Cette base de Bagram, abritant près de trente mille personnes, accueille aussi bien hélicoptères, avions de transport stratégique que des chasseurs de l’USAF; l’ensemble contribuant à un trafic aérien similaire à celui de Roissy. Cette saturation complique fortement la mise en œuvre d’un planeur d’une tonne, tout comme celle du domaine fréquentiel, vital pour commander le drone à distance. La maîtrise de ces éléments, notamment grâce à l’expérience de son personnel navigant, permet quand même à l’unité d’effectuer ses missions, qui demeurent malheureusement limitées par l’obsolescence des capteurs du drone.

Harfang en alerte sur la base de Bagram.

Assurément, les conflits de contre insurrection nécessitent des moyens d’observation au sol de pouvoir identifier des détails de l’ordre de l’armement individuel sur un insurgé pour le distinguer d’un civil, ce en quoi Harfang est incapable à son altitude de travail, contrainte par l’environnement et son impératif de discrétion. Ce défaut de performances, associé à un manque d’interopérabilité (communication chiffrée, transmission vidéo, radio compatible avec les moyens terrestres) placent Harfang dans le peloton de queue des moyens de la coalition, composés essentiellement de drones et d’avions anglo-saxons bientôt capables de reconnaître les visages à notre altitude de travail.

  • Une capacité à construire

Bien qu’ayant répondu à un impératif opérationnel conjoncturel, Harfang ne dispose pas des caractéristiques nécessaires pour durer sur le théâtre afghan. Sans réelle possibilité d’évolution à court terme, notamment pour les capteurs, le drone a déjà atteint sa fin de vie identifiée dans le contrat initial et présente de nombreuses obsolescences sur des équipements que l’industrie n’est plus capable de soutenir. C’est pourquoi l’Armée de l’air, tenant compte du retour d’expérience du Harfang, s’est lancée dans une étude d’acquisition d’un système de remplacement, baptisé MALE Intermédiaire, capable de retrouver sa place parmi les moyens ISR de la coalition en Afghanistan, en attendant le lancement de programmes futurs, certainement réalisés en coopération avec d’autres nations européennes. L’option MQ-9 Reaper, proposée à la France, aurait l’avantage d’être de facto compatible avec l’ensemble des forces déployées sur le terrain et de combler rapidement le fossé technologique et capacitaire qui sépare l’Armée de l’air de ses homologues anglo-saxonnes. Mais le matériel n’est pas tout. La question du personnel demeure tout aussi cruciale et l’acquisition d’une telle capacité demandera un recrutement, une formation et un intéressement important de spécialistes renseignement et navigants pour rentabiliser l’utilisation d’une plateforme multicapteurs endurante. Cette révolution aura aussi un impact fort sur les organisations des chaînes d’exploitation du renseignement et des chaînes de commandement et contrôle.

  • Un réel défi pour le complexe militaro-industriel

Sans vouloir intervenir dans le débat du tout drone ou du tout piloté, qui fait déjà rage aux USA ou en Israël, il convient de se demander quelle place les Armées souhaitent accorder à la fonction Connaissance-Anticipation et si elles n’obèrent pas une partie de cette fonction en orientant la majorité de ses investissements vers les satellites. Nous assistons, malheureusement, aujourd’hui à une véritable déflation des capteurs tactiques et opératifs, qui jouent un rôle primordial dans les conflits de basse intensité (contre insurrection, maintien ou rétablissement de la paix), cœur de métier de nos soldats depuis près de vingt ans. Il est donc urgent de définir un véritable plan d’action sur le long terme pour le développement de ces moyens, afin d’orienter les bureaux d’études de notre industrie nationale, déjà dramatiquement en retard sur de nombreuses technologies inhérentes aux drones (robotique, traitement du signal, optique) et de soutenir des stratégies exportatrices aptes à faire baisser les coûts de développement et d’acquisition.

Ce dernier paramètre demeure important pour les drones. Le fait de rendre un appareil non habité, c’est prendre un risque accru de le perdre. Il devient donc incohérent d’utiliser des drones à plusieurs dizaines de millions d’euros pour suivre trois insurgés dans la montagne ou détruire un pick-up à dix milles euros. De même, en tant qu’acteur du renseignement, je préfère utiliser toute une constellation de drones robustes et peu coûteux pour observer toute une zone plutôt qu’une seule machine hyper perfectionnée.

Ce rapport de rentabilité doit rester un leitmotiv dans la définition de nos matériels et de la façon de s’en servir. C’est pourquoi il convient aussi d’assumer que le drone n’est pas la panacée. Ces robots dépendent trop souvent de la disponibilité satellitaire, inégalement répartie sur la planète. Leur empreinte logistique est telle qu’elle représente un frein à un déploiement rapide et de courte durée sur n’importe quel point du globe. Un complément par une capacité d’avions de renseignement dérivés de bimoteurs d’affaires (programme MC-12 Liberty Ship américain), voire de dirigeables, peut s’avérer décisif et apporte incontestablement de la souplesse dans l’utilisation de moyens ISR, notamment au-dessus du territoire national, contraint par une réglementation très stricte. Au-delà de la fonction Connaissance-Anticipation, il est déjà temps de laisser libre cours à notre imagination pour évaluer l’intérêt d’utiliser des drones pour d’autres applications. L’armement des drones fait déjà débat au sein de nos institutions et je peux d’ores et déjà vous dire que cela m’aurait été très utile encore récemment pour soutenir mes camarades de l’Armée de terre déployés en Kapisa. Les autres missions envisageables peuvent aller du transport de fret vers des zones dangereuses vers la permanence du ravitaillement en vol ou de la surveillance (AWACS), en passant par la MEDEVAC [12] ou la CSAR,[13] toujours dans l’optique de réduire les risques de perte d’équipages d’hélicoptères. À la lumière de ces éléments, vous mesurerez aisément les immenses progrès que les aviateurs du 1/33 Belfort ont réalisés depuis deux ans en Afghanistan sur la compréhension du phénomène drone et sur la façon de les employer. Il s’agit d’un sujet des plus passionnants et qui augure de l’avenir d’une partie de notre armée de l’air, auquel il conviendra de donner sa plus juste place.

[1] Le Piège, Revue de l'Association des anciens élèves de l'École de l'air, 26 boulevard Victor, 75753 Paris Cedex 15.

[2] “Notre devoir pour la nation nous impose de nous projeter à 15 ans, pas à 15 mois” : entretien avec le général d'armée aérienne Jean-Paul Paloméros, Chef d'État-major de l'armée de l'Air.

[3] "Harfang en Afghanistan : l’heure du bilan" : Rubrique de Joël-François Dumont in Défense N°145 daté de Mai-juin 2010.

[4] Voir Afghanistan : retour à la guerre classique ? : Synthèse des propos tenus par le GCA Benoît Puga, sous-chef opérations de l’État-major des armées, lors du point de presse hebdomadaire du ministère de la Défense après l’embuscade meurtrière tendue le 18 août 2008 par des Taliban à des soldats français en reconnaissance dans la vallée de la Kapisa.

[5] Groupe Aérien d’Observation et Groupe de Reconnaissance.

[6] Improvised Explosive Device : Engin explosif improvisé.

[7] Moyenne Altitude Longue Endurance.

[8] Système de Drone Tactique Intérimaire.

[9] Intelligence Surveillance & Reconnaissance.

[10] Remote Operation Video Enhanced Receiver.

[11] Joint Terminal Attack Controller (anciennement TACP).

[12] MEDical EVACuation.

[13] Combat Search And Rescue.

 


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