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Redéploiement des forces américaines

Redéploiement des forces américaines : glissement vers l’Europe centrale et orientale

Cette chronique sur les forces spéciales été publiée dans la revue Défense.[1] Nous la reproduisons ici avec l'autorisation de son auteur, Pascal  Le Pautremat (*). Paris, le 26 décembre 2005.©

Au regard de la transformation des menaces contemporaines et en tenant compte des contraintes et des impératifs qui en découlent, la géopolitique américaine amis en avant une refonte de la répartition des forces armées en Europe.

Cette démarche s’inscrit en conséquence logique non seulement de la fin de la guerre froide – et du Pacte de Varsovie – la Russie n’apparaissant plus comme une menace en tant que telle pour l’Europe de l’Ouest, mais aussi du bouleversement de septembre et octobre 2001, respectivement suite aux attentats sur le sol américain, aujourd’hui en phase de sanctuarisation prononcée, et à l’offensive contre le régime des Talibans en Afghanistan ; régime qui, initialement, avait reçu l’approbation des États-Unis avec l’espoir, alors, qu’il puisse contribuer à rétablir le calme dans un pays meurtri par la guerre. On sait ce qu’il advint, au terme de la mise en coupe réglée du pays sous l’égide de la charia. Il s’agit désormais pour Washington de se focaliser sur la concrétisation d’un Grand Moyen-Orient imprégné d’une démocratisation à l’occidentale, des rives atlantiques de la Mauritanie jusqu’aux portes de l’Afghanistan.

Carte du « Grand Moyen Orient »

  • Pays du Moyen-Orient (en vert foncé)
  • Définition du G8 pour le « Grand Moyen-Orient » (en vert)
  • Pays parfois associés avec le Moyen-Orient.

Par conséquent, cela implique une réorganisation stratégique et une redéfinition de la répartition des forces à travers le monde, pour un coût estimé à 6 milliards de dollars, avec notamment la fermeture d’une centaine de bases sur les 700 répertoriées. A l’inverse, les zones bénéficiaires d’un renforcement de la présence militaire des États-Unis sont l’Asie du Sud-Est – et non plus du Nord-Est – le Moyen-Orient et, à un degré moindre, les confins de la zone saharienne. Il faut ajouter aussi l’Asie centrale vers laquelle les États-Unis se tournent de plus en plus, d’où une orientation en faveur des Pays d’Europe centrale et orientale (PECO), eux-mêmes – la Pologne et la Roumanie en particulier – loin d’être insensibles aux programmes d’équipement proposés par l’industrie militaire des États-Unis. C’est concrètement à partir du 6 décembre 2005, avec la signature d’un accord américano-roumain, que le redéploiement des troupes américaines est devenu effectif. Si bien que l’Europe ne devrait plus garder que 50 000 hommes environ contre les 100 000 répertoriés ces dernières années. Nombre d’unités sont réorientées vers le territoire national. Quant aux forces maintenues à l’étranger, elles devraient se révéler à l’avenir plus flexibles et légères, dotées de solides capacités de projection.

Et cela en fonction de la nouvelle classification qui régit les bases américaines réparties entre MOB (Main Operating Bases), véritables sites de référence et pôles majeurs de projection, FOS (Forward Operating Sites), situés à proximité des zones grises ou noires, et CSL (Cooperative Security Locations), activées selon les besoins géostratégiques. Les États-Unis envisagent d’implanter quatre bases en Roumanie et quelques autres en Turquie, carrefour évidemment géostratégique entre Occident et Moyen-Orient. Mais là encore, il ne s’agit pas de sites imposants ou surdimensionnés, mais plutôt de véritables plates-formes de projection, bénéficiant d’une interopérabilité flexible.

Il s’agit, pour le Pentagone, de disposer de forces interarmées, quasi autonomes, facilement projetables vers les zones d’opérations. Et ce n’est pas un hasard si, pour la première fois dans l’histoire de l’armée américaine, c’est un général de l’USMC (United States Marine Corps), Peter Pace, qui a pris la tête de l’État-major interarmées en octobre 2005, succédant ainsi au général Richard Meyers. Pour adjoint, le général Pace peut compter sur un réformateur de l’institution militaire désireux de privilégier l’apport en hautes technologies : l’amiral Edmund Giambastiani. Car, rappelons-le, les armées de demain se dessinent de manière de plus en plus nette : entre high-tech et opérations spéciales. Avec les efforts de l’armée américaine pour être présente en moins de 48 heures n’importe où sur la planète et mener des guerres limitées – ou des conflits de basse intensité – en moins d’une semaine. Entre forces de projection, forces de frappe et perpétuelle adaptation.

Pascal  Le Pautremat (*)

(*) Auditeur à l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) et Chroniqueur à la revue Défense.

[1] Défense N°119 daté de Janvier-février 2006. Revue bimestrielle de l'Union des Associations des Auditeurs de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN). Abonnements: BP 41-00445 Armées.

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