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La grande muraille autour de l

Barack Obama, champion des réseaux sociaux sur internet

La campagne du candidat démocrate utilise toutes les ressources de la Toile pour mobiliser ses partisans. De quoi inspirer cette chronique sur les armes de communication massive, publiée dans la revue Défense.[1] Nous la reproduisons ici avec l'autorisation de son auteur, François d'Alançon (*). Paris, le 22 août 2008.©

Barack Obama, premier candidat numérique dans l’histoire de la communication politique ? Des deux côtés de l’Atlantique, les professionnels de la communication s’extasient sur son utilisation stratégique des ressources d’Internet pour amasser des fonds, organiser ses troupes, bâtir son image et gérer sa réputation. Sur la page principale de son site Web, une section nommée Obamaeverywhere expose tous les réseaux et médias sociaux sur lesquels se retrouve le candidat démocrate. Facebook, Myspace, Twitter, Linkedin, Digg, Flickr et Wikipedia, pour ne citer que les plus populaires, représentent une partie essentielle de la stratégie de communication préconisée par son équipe.

Pour Dave Senay, patron de l’agence de Fleishman Hillard, la communication de Barack Obama cumule trois avantages. D’abord, tout comme Ronald Reagan était le candidat de la télévision, le sénateur démocrate est parfaitement adapté au média Internet. « Il est jeune, débrouillard, charismatique, beau, bon communicant, bref, c’est un bon produit » affirme Dave Senay. Ensuite, sa campagne dispose d’une réelle expertise des réseaux sociaux sur internet.

Principal artisan de cette révolution digitale, Mark Penn, 24 ans, un des quatre fondateurs de Facebook , a rejoint, début 2007, le quartier général de Barack Obama à Chicago. Enfin, la communication de Barack Obama donne à l’électeur l’impression d’être responsable à part entière de la campagne du candidat : la politique redevient personnelle, l’équipe de campagne guidant et donnant les outils aux supporters pour qu’ils investissent dans la direction souhaitée.

Sur le modèle de MySpace et de Facebook, Mark Penn, véritable gourou de l’organisation « online », a révolutionné l’usage du Web comme outil politique, en aidant le candidat à collecter plus de 2 millions de dollars de dons de moins de 200 dollars chacun et à mobiliser des centaines de supporters avant chaque primaire. L’équipe nouveaux-media, dirigée par Joe Rospars, un ancien de la campagne de Howard Dean en 2004, ne se contente pas de gérer le compte Facebook et le compte Myspace du sénateur mais elle a créé son propre réseau social, My.BarackObama.com, où sont inscrits un million de participants.

Au centre du dispositif, ce site permet aux supporters de rejoindre des groupes locaux, de créer des évènements, de s’inscrire sur des listes et de monter leurs propres pages de collecte de fonds. Pour toucher une audience au delà de la base des jeunes accros à l’Internet, l’équipe a développé sa capacité à recevoir des appels téléphoniques en ligne. A la mi-mai, pour maintenir les volontaires occupés après la fin des primaires, elle a lancé une campagne nationale d’inscription des électeurs sur les listes électorales. Fin juin, au lendemain de la défaite concédée par Hillary Clinton, la campagne a demandé aux millions de supporters inscrits sur ses listes d’organiser à domicile des soirées « Union pour le changement » ouvertes aux supporters de la sénatrice de New York et aux indécis. Près de 4000 « parties » ont ainsi eu lieu à travers le pays. L’équipe de Mark Penn gère la publicité du candidat sur Internet, répond aux messages des électeurs, produit des vidéos et envoie des courriels à des millions de supporters. L’objectif est de fournir en ligne les outils nécessaires aux sympathisants pour développer leurs contacts au niveau local, participer à des réunions de quartier et mobiliser leur entourage. Pendant les primaires, des volontaires recrutés par Internet ont pu exploiter des listes de numéros de téléphone fournies par la campagne pour téléphoner de chez eux aux électeurs. Pour répondre aux attaques, la campagne de Barack Obama a créé FightTheSmears.com, une page Web spécialement dédiée à cet effet.

Ce nouveau modèle de communication implique l’abandon d’une certaine dose de contrôle puisque la campagne est menée par de nombreux intervenants qui ne sont pas tous sous les ordres directs des stratèges de Chicago.

Pour atteindre un public sans le filtre des médias traditionnels, la campagne court le risque de voir le système mis en place se retourner contre son candidat. Fin juin, le New York Times a relayé les plaintes de blogueurs anti-Obama qui se pensaient censurés par Google. Ces blogueurs hébergés par Google avaient reçu un email expliquant que leurs sites avaient été identifiés comme des spams potentiels. D’après eux, Google a été victime d’activistes pro-Obama qui se sont servis d’une faille du système Google pour qualifier les blogs de spam. Mais les apparences sont trompeuses. En dépit de ses innovations sur le Web, la campagne de Barack Obama reste, une structure verticale, soucieuse de contrôler très étroitement le message et les images du candidat.[4]

François d'Alançon

(*) Auditeur à l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) et rédacteur en chef adjoint de la revue Défense.

[1] Défense N°135 daté de Septembre-octobre 2008. Revue bimestrielle de l'Union des Associations des Auditeurs de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN). Abonnements: BP 41-00445 Armées.

[2]

[3]

[4]

Dans la rubrique “Armes de communication massive”, lire également du même auteur :

 


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