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G4Ops

G4Ops : la cartographie réinventée

212 délégations officielles de 96 pays représentant 821 délégués VIP, 13 ministres, 30 vice-ministres et secrétaires d'État, 18 directeurs nationaux d'armement et 26 Chefs d' état-major des armées et des armées de Terre ont visité Eurosatory, le salon de l'armement terrestre et de la sécurité. L'édition 2016 a accueilli 1.572 exposants de 56 pays, 57.018 visiteurs de 151 pays et 1.241 journalistes accrédités... Un salon « bien équilibré entre défense et sécurité », de quoi réjouir les organisateurs.[1] Pour les nombreux experts français et étrangers qui recherchent les « nouveautés » serait-ce pour mesurer les progrès ou les évolutions réalisés dans certains secteurs de l'armement ou de la sécurité, il n'y a pas que les grands groupes qui présentent un intérêt en matière d'innovation.[2] De nombreux pays sont représentés pour faciliter les contacts, mais l'un des grands intérêts de ces salons concerne les exposants qui s'installent sur des « niches » présentant parfois de véritables « pépites ». C'est le cas de la société Arinc Technologies,[3] société innovante, qui présentait le G4Ops, un système intégré dédié à la cartographie incorporé dans une petite valise transportable. Joël-François Dumont s'est entretenu avec Yann Justeau, responsable de programme Arinc Technologie qui lui a fait une démonstration de cette plateforme révolutionnaire pour les opérationnels en opérations extérieure, notamment. Paris/Villepinte, le 17 juin 2016.

Certains exposants investissent

European-Security : La société Arinc Technologies présente à Eurosatory son nouveau produit G4Ops. Quel est l’intérêt de ce système et en quoi est-il novateur ?

Yann Justeau, responsable de programme Arinc Technologies

Yann Justeau : G4Ops est un nouveau produit d’Arinc Technologies pour la cartographie rapide. Suite aux différentes demandes de nos utilisateurs nous avons noté le besoin de pouvoir produire des cartes plus rapidement pour répondre à des problématiques opérationnelles. Après avoir analysé les différentes expressions de ces besoins, les contraintes de nos utilisateurs et des systèmes actuels, nous avons mis au point une plateforme pour répondre aux exigences actuelles.

G4Ops repose sur une plateforme déconnectée. Elle n’a donc pas besoin de réseau. En situation de crise, la première des choses qui est défaillante ce sont les réseaux. On ne peut donc pas communiquer. Pour des raisons de confidentialité également. Certaines situations nécessitent de produire de la carte sans informer le monde entier des zones que l’on souhaite regarder…

Nous avons donc développé un système portable, ce qui permet de rester au plus proche de l’événement et de pouvoir adapter la carte à l’évolution de la situation. En étant à proximité d’une zone de combat ou de crise, on va pouvoir assez facilement mettre à jour l’information contenue dans la carte pour s’adapter au déplacement (mouvement) des troupes, éventuellement à un changement de cours d’eau, une destruction de bâtiment ou d’infrastructure qui va empêcher les unités d’avancer.

European-Security : Votre système se présente sous la forme d’une petite valise, donc, portable par un homme. Sur le terrain, si je vous comprends bien, sans avoir besoin d’être connecté, elle permet donc sans prendre le risque de se faire repérer, d’établir des cartes d’état-major avec des moyens qui semblent rudimentaires mais qui donnent des informations très précises quand même de la zone ?

Yann Justeau : Tout à fait. La cartographie installée comprend la totalité du globe entre les latitudes de -50° sud et de +50° nord, on peut dire la quasi-totalité des terres émergées. Donc on va pouvoir dresser des cartes à différentes échelles de façon à avoir une cartographie utile et complète d’une zone d’intérêt. Cette cartographie contient à la fois les données topographiques, les altitudes, les courbes de niveau, les pentes et l’orientation du terrain. Elle contient aussi des informations vectorielles qui permettent d’avoir les principaux réseaux, les bâtiments, les zones d’occupation des sols. On va donc pouvoir avoir une carte topographique basée sur ces données en moins d’une heure. Aujourd’hui ce type de production avec des systèmes standards peut prendre plusieurs semaines.

Nous répondons également à une autre problématique qui est d’avoir la carte au moment où l’évènement se produit et, surtout, sur la zone d’intérêt. Les productions lourdes sont des productions planifiées : un certain nombre de cartes sont produites chaque année avec des renouvellements sur des périodes de trois ou quatre ans, en fonction des moyens que l’on va pouvoir mettre en place. On ne peut pas produire la totalité des territoires. Il arrive malheureusement que certaines crises ne correspondent pas forcément aux cartes qui ont été préparées.

European-Security : De tout temps, la cartographie a su s’adapter à la demande, mais, une fois qu’une demande est transmise, cela exige du temps pour les fabriquer, pour les acheminer alors que là, une unité, un régiment, un bataillon, voire un commando, qui agit dans une zone mal connue, peut établir sur place en une heure une cartographie de qualité. Au-delà de l’avantage tactique, ce gain de temps est appréciable.

Yann Justeau : Ces cartes sont en effet produites plus rapidement. Elles le sont avec un coût qui est beaucoup plus faible parce que l’on s’appuie sur des données qui sont soit publiques, soit qui proviennent d’organismes et qui sont libres de droit. Donc le coût de ces données est nettement plus faible.

La qualité, bien entendu, n’est pas la même que celle que l’on va obtenir dans un grand centre de production, mais l’on a un niveau de précision qui est tout à fait adéquat par rapport au besoin. Surtout, ce que l’on va pouvoir faire, si l’on dispose de ces données nationales ou plus précises de certains organismes, on pourra bien sûr les utiliser et les ajouter à la carte sans aucun problème. Ce que l’on pourra faire en plus, si l’on a des données de situation, par rapport à un événement ou éventuellement des données de renseignement on pourra les incorporer dans la carte de façon à ce que l’on dispose d’une carte à jour par rapport à l’événement du moment ou à la situation.

European-Security : Votre système permet donc la fusion ders données ?

Yann Justeau : Tout à fait. On peut fusionner les données. On peut tout aussi envisager de récupérer de l’imagerie spatiale. Nous avons aujourd’hui plusieurs fois joué sur des scénarios sur la base des satellites Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne. Nous sommes capables d’incorporer une image Sentinel-2 en fond de carte en lieu et place des données de terrain,[4] et donc on peut avoir une image satellite vieille d’un ou deux mois en fond de carte qui permet d’avoir une situation beaucoup plus actualisée de la zone. Chose que l’on peut difficilement faire avec des cartes traditionnelles qui peuvent être basées sur des données qui peuvent être plus ou moins vieilles suivant les zones de production.

European-Security : La société Arinc Technologies est une société française connue pour s’attaquer à des niches. Ce produit phare a été montré pour la première fois à Eurosatory

Yann Justeau : Traditionnellement, Arinc Technologies travaille dans le domaine de la défense. Dans le domaine de la cartographie, nous avons déjà réalisé des programmes de centre de production nationaux. Donc c’est une problématique qu’on connaît bien et là nous avons un produit qui est à la fois complémentaire et innovant.

Une carte reste une carte, on ne change pas les paradigmes de la carte. Ce que nous faisons, c’est de réduire les temps, de réduire les coûts et on apporte une solution aux opérationnels qui permet justement de ne pas avoir besoin de déstabiliser sa production planifiée tout en permettant quand même aux opérationnels sur le terrain d’avoir des cartes d’une qualité qui soit suffisante.

[1] Sources : COGES et Grayling France.
[2] Voir "Le StratoBus: à mi-chemin entre le satellite et le drone", entretien avec Gérard Lapprend et Jean-Philippe Chessel in European-Security (16-06-2016) et "Le moteur hybride militaire de demain" (17-06-2016).
[3] La société Arinc Technologies regroupe des pôles de compétences autour des problématiques de sécurité des États, des personnes, des biens et des données ; des contre-mesures électroniques civiles et militaires ; des réseaux de transmission (GSM/GPRS/3G, Satellite, Radio); de géolocalisation, tracking, sécurisation de fret et de la protection du patrimoine numérique.
[4] Sentinel-2 est une série de satellites d'observation de la Terre de l'Agence spatiale européenne développée dans le cadre du programme Copernicus dont les deux premiers exemplaires doivent être mis en orbite en 2015 et 2016. L'objectif du programme est de fournir aux pays européens des données complètes et actualisées leur permettant d'assurer le contrôle et la surveillance de l'environnement. Les satellites Sentinel-2 constituent une des composantes spatiales de ce programme qui comprend également notamment les Sentinel-1 (observation radar tout temps) et Sentinel-3. Ils doivent fournir l'imagerie optique haute résolution permettant l'observation des sols (utilisation des sols, végétation, zones côtières, fleuves, etc.) ainsi que le traitement des situations d'urgence (catastrophes naturelles...). Chaque satellite, d'une masse d'environ 1 200 kg, emporte une charge utile constituée par l'imageur multi-spectral MSI qui fournit des vues dans 13 bandes spectrales en lumière visible et proche infrarouge avec une résolution comprise entre 10 et 60 mètres et une fauchée de 290 km. Les satellites circulent sur une orbite héliosynchrone de 10h30. En configuration opérationnelle l'agence spatiale maintiendra deux satellites de manière à repasser au-dessus des mêmes zones tous les cinq jours. La durée de vie minimale est de 7,25 ans. Les Sentinel-2 disposent d'un système de transmission de données par laser permettant de transférer celles-ci vers les satellites géostationnaires EDRS avec un débit très élevé. Source : Wikipedia.
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