Fac Europam magnam iterum ! (2)

À Metz, dans la ville de Robert Schuman, Léon XIV a clos son voyage en France par un discours sur l’Europe. Ce second papier ne résume pas la presse, il relit les textes : ce que le pape dit de l’Europe, de la paix et de la barbarie, et ce qu’il laisse entendre sans nommer personne.

Les Essentiels

  • Mai 2025 : Patrick Chappatte dessinait déjà Léon XIV lançant « Fac Americam magnam iterum (really) ! » depuis le balcon de Saint-Pierre. Seize mois plus tard, à Metz, le pape prolonge le geste en version européenne.
  • Le pape ne nomme jamais personne — ni Trump, ni Poutine — mais critique les deux avec la même précision méthodique : le mépris de la parole donnée, l’illusion du réarmement, le refus du droit du plus fort.
  • Sur l’Ukraine : la guerre est là, le pays n’est pas nommé. Le pape reprend le mot « inutile » employé par Benoît XV en 1917 pour qualifier un précédent massacre.
  • Sur Trump : aucun nom non plus, mais une pique implicite sur l’IA, la guerre en Iran, et une phrase sur l’instrumentalisation de Dieu que la Maison-Blanche lui aurait reprochée.
  • Un hasard de calendrier frappant : la veille du discours de Metz, l’ambassadeur américain en Chine révèle que Trump aurait proposé à Xi Jinping de lui vendre des armes, pendant que Washington gèle une vente à Taïwan qualifiée de « very good negotiating chip ».
  • Aucun média consulté n’a relié ces différents fragments — réarmement, IA, Russie — en une méthode unique et volontaire. C’est cet assemblage que ce papier propose.

par Joël-François Dumont — Paris, le 29 septembre 2026.

Le pape, l’Amérique et l’esprit européen

Le premier, « Heureux comme Léon XIV en Europe ! (1) », avait réuni les regards croisés de la presse. Ici, la parole.

Le 11 mai 2025, quelques jours après l’élection du premier pape américain, l’excellent Patrick Chappatte avait dessiné pour la Neue Zürcher Zeitung Léon XIV, au balcon de Saint-Pierre, bras levés devant la foule, lançant en latin : « Fac Americam magnam iterum ! » L’astérisque renvoyait à la traduction, « Make America (really) Great Again ! », et tout le sel était dans le « (really) ».[01] Seize mois plus tard, c’est à Metz que le dessin trouve son prolongement, en version européenne.

Léon XIV à Metz : Make Europe Great Again
Léon XIV à Metz : Make Europe Great Again — Illustration © European-Security

La Frankfurter Allgemeine Zeitung a relevé l’ironie : il aura fallu qu’un citoyen des États-Unis devienne chef de l’Église catholique pour réhabiliter l’Europe.[02] Nous en ajoutons une. Il aura fallu un premier Américain, pour le moins intempestif, pour souder les Européens et les pousser à assumer leur destin, après qu’ils se soient sentis lâchés sinon trahis par leur allié historique. Voici un second Américain qui rêve, lui, d’une Amérique grande de nouveau, mais avec des idées qui sont à l’opposé de celles de Donald Trump pour le nommer par son nom. En attendant, Léon XIV propose de réveiller l’esprit européen pour enrayer la barbarie qu’il voit gagner les relations entre États.[03] « Suivez ma férule pontificale ! », semble-t-il dire à l’Europe.

Pope Leo in Metz delivering his speech on Europe
Pope Leo in Metz delivering his speech on Europe — Screenshot France TV

La présidente de la Banque centrale européenne, retenue à Bruxelles, n’a pu se rendre à Metz. Mais interrogée par La Croix L’Hebdo sur le discours, Christine Lagarde livre une réponse qui vaut tous les commentaires : « D’abord, je retiens cette exhortation de Léon XIV : « N’ayez pas peur de l’avenir. » Elle fait écho au « N’ayez pas peur » de Jean-Paul II.» Elle cite aussi, presque en miroir du pape, « près de quatre-vingts ans de paix à l’intérieur des frontières de l’Union, depuis la déclaration de Schuman du 9 mai 1950 ».[16] Une Normande touchée qu’un pape américain évoque ses propres racines normandes : l’Europe que décrit Léon XIV, décidément, parle à ceux qui la dirigent autant qu’à ceux qui l’écoutent.

Décryptage : critiquer sans nommer

À lire dans l’ordre les textes du voyage, une méthode se dessine, la même envers deux hommes : jamais un nom, mais des formules assez précises pour que chacun se reconnaisse. Un compte rendu de Daily Sabah le note sans détour : à Metz, le pape n’a désigné aucun dirigeant.[04] La presse a relevé chaque pièce du dispositif. À notre connaissance, aucun des articles lus ne l’a reconstitué.

Pope Leo XIV in Metz _ Photo © François de Vries
Le pape Léon XIV à Metz : Make Europe Great Again — Photo François de Vries © European-Security

Un pape qui ne cite personne

Un témoin de poids vient confirmer cette lecture de l’intérieur même du monde catholique français. Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’État et ancien président de la Ciase, ne s’embarrasse d’aucune circonlocution : « Le pape esquisse les lignes d’un avenir commun de manière positive, sans se définir par rapport à des adversaires. Même s’il est clair que son discours est anti-Trump et dirigé contre tous les extrémistes ».[15] Ce n’est plus une lecture de presse : c’est la confirmation, par l’un des plus hauts magistrats de la République, que personne à Metz n’a eu besoin d’un nom pour comprendre la cible.

La règle n’est pourtant pas absolue. Dans l’avion du retour, interrogé sur la montée de l’extrême droite en Allemagne, où l’AfD est arrivée en tête des élections de Saxe-Anhalt, le pape répond sans détour : « Ce n’est pas une expression authentique du christianisme.» Il ne prononce pas le nom du parti, mais sa réponse est sans ambiguïté. C’est la seule exception que nous ayons relevée dans tout le voyage, et elle précise la règle plus qu’elle ne la dément : le pape répond frontalement sur un courant politique quand la question porte sur l’instrumentalisation de la foi, jamais sur un chef d’État en exercice.

Le droit contre la loi du plus fort

Le fil le plus net est celui du droit. Le pape rappelle que le droit international ne s’impose pas par la force : il repose sur le vieux principe pacta sunt servanda, les engagements doivent être tenus. Il fait du multilatéralisme le meilleur antidote à la volonté de domination, puis constate que les relations entre États deviennent « de plus en plus barbares » : on y méprise la parole donnée, on s’y vante du mensonge et de la tromperie.[03]

-
Le pape durant son homélie retransmise sur les chaînes du monde entier — Capture d’écran France TV

Avant d’en arriver là, le pape avait déjà parlé — et beaucoup. Quatre-vingt mille jeunes rassemblés au Stade de France pour une veillée, puis environ 800.000 fidèles massés place de la Concorde pour l’homélie du lendemain : deux foules immenses, deux prises de parole publiques, avant même que Metz ne vienne clore le voyage.

Entre les deux, Lourdes, où le pape avait pris le temps de s’adresser aux malades et aux soignants. Rien, dans les discours de Léon XIV, n’est improvisé : c’est l’aboutissement de quatre jours de paroles accumulées, dont Metz n’est que la dernière pierre. Et avant même d’y parler d’Europe et de paix entre États, le pape avait tenu à poser un socle : à la rencontre interreligieuse, le jour même de Metz, il avait rappelé qu’invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence est une profanation. Dialoguer avec les chrétiens, les juifs, les musulmans, les bouddhistes présents ce jour-là ne pouvait se faire qu’à cette condition première — que la violence, sous toutes ses formes, n’ait droit de cité dans aucune des traditions qu’il s’apprêtait à convoquer. C’est seulement après avoir posé ce principe qu’il s’est tourné vers les chefs d’État.

-
Vue aérienne de la place de la Concorde pendant l’homélie du pape — Capture d’écran France TV

Il va plus loin en citant lui-même son prédécesseur : « Comme le rappelait toujours le pape François : « au concept de droit, celui — aussi essentiel et complémentaire — de devoir, ne semble plus assez souligné.»

-

Un rappel qui n’a échappé à aucun média que nous ayons consulté, alors qu’il donne son vrai sens au reste du discours : les droits qu’invoque l’Europe ne valent que s’ils s’accompagnent des devoirs qui vont avec.

Personne n’est désigné, mais la lecture s’impose au-delà de Metz.

UPI rapporte, en citant The Times, que des analystes y ont vu une réponse aux attaques verbales de Donald Trump contre l’Europe, l’OTAN et l’Union européenne.[05]

Pacta sunt servanda : les engagements doivent être tenus. C’est le principe fondamental du droit international : un traité signé engage celui qui l’a signé. Il figure dans votre texte, section « Le droit contre la loi du plus fort. Mais quand la parole donnée se déchire, le masque tombe. — Illustration IA © European-Security

Renaud Girard, dans sa chronique du Figaro, rattache le message à un refus de « la logique des empires » qui s’affranchissent du droit, et cite dans la même phrase Poutine, Xi Jinping et Trump [06].

Poutine : l’Ukraine sans la nommer

La guerre est là, l’Ukraine n’y est pas. Le pape parle d’un nouveau massacre, « inutile », adjectif qu’il emprunte à Benoît XV, lequel l’employait en 1917 dans sa lettre aux chefs des peuples belligérants.[03][07] Une citation d’un prédécesseur, une guerre vieille de plus d’un siècle, et pas un nom propre : l’Irish Times souligne que le pape a évoqué l’Ukraine sans la mentionner directement.[08]

-
Une diplomatie au service de la paix : le pape entouré de ses cardinaux au Vatican. Sa diplomatie, discrète, œuvre parfois avec efficacité loin des caméras. Face à certains régimes « barbares », il ne faut toutefois pas attendre de miracles. — Photo IA © European-Security

Vient ensuite un appel à la patience : dialogue, courage dans la négociation, disponibilité à renoncer à certaines positions au nom d’un bien supérieur, la paix.[03] La formulation s’adresse aux deux camps à la fois, et le pape prend soin de se prémunir dans les deux sens : la recherche de la paix, dit-il, ne doit pas être confondue avec la naïveté, mais il faut aussi se garder de l’illusion que le réarmement serait la réponse, en s’appuyant sur son propre message du 1er janvier 2026 [03] [09]. Ni caution du réarmement, ni complaisance envers l’agresseur : c’est une position centrale, et elle protège.

Trump : l’Amérique sans la nommer

CNN écrit qu’il est difficile de ne pas voir en lui un contrepoids à Trump : le pape s’est prononcé contre la guerre américaine en Iran, réclame des garde-fous pour l’intelligence artificielle et a mis en garde à Paris contre un « paradis des machines ».[10] À Metz comme à la rencontre interreligieuse, il a aussi rappelé que le nom de Dieu ne peut servir à justifier la violence ou l’oppression, une phrase pour laquelle, rapporte Yahoo News, la Maison-Blanche lui a fait des reproches [11].

-
Né américain, Léon XIV porte sur l’Europe un regard attentif et bienveillant. On peut imaginer que l’Américain qui sommeille en lui est de ceux, nombreux aux États-Unis, pour qui cette alliance qui ne dit pas son nom entre deux hommes sans foi ni loi est tout sauf de bon augure pour la paix du monde. — Dessin IA © European-Security

Elle vise donc Moscou, ou Washington, selon le regard. En avril, Donald Trump l’avait publiquement jugé « WEAK on Crime, and terrible for Foreign Policy » ; Léon XIV avait répondu qu’il n’avait pas peur [11].

Puis, presque sur commande, l’actualité. Le dimanche 27 septembre, la veille du discours de Metz, l’ambassadeur américain en Chine, David Perdue, a affirmé sur Fox News que Trump avait demandé à Xi Jinping s’il souhaitait acheter des armes américaines, sans préciser quand.[12] Le lendemain, jour même de Metz, Trump a contesté, laissant entendre que Perdue parlait sans doute de Taïwan.[13] Le contexte est connu : depuis le sommet de Pékin, en mai, Washington a suspendu une vente record de 14 milliards de dollars à Taïwan, que Trump qualifiait de « very good negotiating chip » face à la Chine.[13] Rien ne lie ces faits au discours du pape, sinon le hasard du calendrier. Mais on lit d’autant mieux ce que le pape dit du mépris de la parole donnée quand la sécurité d’un allié se négocie comme une marchandise.

Léon XIV et Donald Trump — Photo IA © European-Security
Hormis leur nationalité américaine, Léon XIV et Donald Trump n’ont rien en commun — Photo IA © European-Security

Deux Américains : le jour et la nuit

-
Le regard serein tourné vers le ciel, le pape en blanc, sa croix sur la poitrine. À ses côtés, un Donald Trump au visage à moitié masqué, qui fixe l’horizon avec dureté. Le jour viendra peut-être où les deux hommes se retrouveront face à face, mais on imagine mal Léon XIV se laisser traiter en hôte de passage à la Maison-Blanche. Contrairement à Trump, il a le temps pour lui. — Illustration IA © European-Security

Le pape et le président sont tous deux américains, et c’est peut-être ce qui rend le contraste si net : là où l’un multiplie les allusions au respect du droit et de la parole donnée, l’autre traite la sécurité d’un allié comme un levier de négociation. « Deux Américains, un chef d’État, un chef d’Église : le jour et la nuit ».14]

Ce que la presse n’a pas construit

-
Le souverain pontife est applaudi par Emmanuel Macron : à ses côtés, le grand organisateur de cette visite en France, le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France — Photo François de Vries © European-Security

Chaque journal a saisi un fragment : le réarmement ici, l’intelligence artificielle là, la Russie ailleurs. À notre connaissance, aucun de ceux que nous avons lus ne relie ces pièces en une méthode unique, appliquée avec la même prudence aux deux hommes. C’est un choix de communication pontificale qui mérite d’être nommé comme tel : critiquer sans jamais offrir de prise.

Joël-François Dumont

Notes

[01] Patrick Chappatte, dessin de presse, mai 2025 (date exacte et lien à reprendre sur son site). ↩

[02] Frankfurter Allgemeine Zeitung, mardi 29 septembre 2026, éditorial de Thomas Jansen, p. 1. ↩

[03] Discours de Léon XIV, Metz, 28 septembre 2026, « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». — Texte officiel en français (vatican.va) · version anglaise ↩

[04] Daily Sabah, 28 septembre 2026, « Pope Leo calls on Europe to defy decline in global civility ». — Lire l’article ↩

[05] UPI, 28 septembre 2026, « Pope lauds Europe, EU in ‘increasingly uncivilized world’ » (qui cite The Times). — Lire la dépêche ↩

[06] Le Figaro, mardi 29 septembre, chronique de Renaud Girard, « Le message international du pape Léon XIV en France », p. 17. ↩

[07] Benoît XV, Lettre aux chefs des peuples belligérants, 1er août 1917 (citée en note 8 du discours de Metz). — Texte (vatican.va) ↩

[08] The Irish Times, 28 septembre 2026, « Pope Leo praises multiculturalism as far right gains strength across Europe ». — Lire l’article ↩

[09] Léon XIV, Message pour la 59e Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2026 (cité dans le discours de Metz). — Texte (vatican.va) ↩

[10] CNN, 28 septembre 2026, « Leo’s visit across France offers a more personal glimpse of the pope ». — Lire l’article ↩

[11] Yahoo News, 28 septembre 2026, « Pope Leo leans into statesman role, urging peace in an era of renewed war ». — Lire l’article ↩

[12] Associated Press (via Fox19), 28 septembre 2026, « Trump asked China’s president if he wanted to buy US arms, ambassador says ». — Lire l’article ↩

[13] PBS News / Associated Press, 28 septembre 2026, « Trump says Perdue ‘was probably talking about Taiwan’ in saying Trump offered Xi arms sales ». — Lire l’article ↩

[14] « Deux Américains : Un chef d’État, un chef d’Église : le Jour et la Nuit », European-Security.com, éditorial, 25 septembre 2026. ↩

[15] La Croix L’Hebdo, n°352, semaine du 2 octobre 2026 — Jean-Marc Sauvé, propos recueillis par Bernard Gorce. ↩

[16] La Croix L’Hebdo, n°352, semaine du 2 octobre 2026 — Christine Lagarde, propos recueillis par Jean-Claude Bourbon et Marie Dancer ; Fabienne Keller, propos recueillis par Laurent Larcher. ↩

Voir également :

Analyse

Reste une question que ni la presse ni ce papier ne peuvent trancher à la place du pape : pourquoi cette méthode, précisément, et pourquoi maintenant ?

On peut y voir un choix diplomatique élémentaire — un chef d’État du Saint-Siège qui doit continuer à parler à tout le monde, y compris à ceux qu’il désapprouve, n’a pas intérêt à claquer des portes en nommant ses cibles. Mais ce serait réduire Léon XIV à un calcul de prudence, alors que le procédé a aussi une cohérence théologique : critiquer l’acte sans excommunier la personne, nommer le péché sans juger le pécheur, laisser toujours une porte ouverte au repentir plutôt qu’à la rupture. C’est une vieille tradition de l’Église, que ce pape américain semble avoir parfaitement intégrée dans son style, là où d’autres avant lui cédaient parfois à l’invective.

Tout le monde ne l’entend cependant pas de la même oreille. Fabienne Keller, eurodéputée Renaissance, salue le discours mais refuse d’en suivre une partie : « Je ne pense pas que nous soyons aujourd’hui dans une [course au réarmement]. Nous sommes plutôt dans une situation de rattrapage. […] L’Europe doit retrouver des capacités de protection suffisantes pour garantir sa souveraineté ».[16] Elle défend aussi, contre la position du pape, la dissuasion nucléaire française. C’est un rappel utile : la méthode de Léon XIV, aussi habile soit-elle, n’emporte pas nécessairement l’adhésion sur le fond — même chez les Européens les plus convaincus.

-
Le président Macron remercie le souverain pontife pour son engagement pour l’Europe et pour sa visite apostolique en territoire français — Photo François de Vries © European-Security

Il y a peut-être une troisième lecture, plus inconfortable pour ses lecteurs européens : en ne nommant personne, le pape refuse aussi de choisir un camp entre Washington et Moscou, ce qui n’est pas la même chose que refuser de juger. Le droit qu’il invoque, le mensonge qu’il dénonce, la barbarie qu’il constate : ce sont des critères, pas des noms propres, et c’est peut-être précisément ce qui les rend applicables aux deux à la fois, sans distinction de degré. Une lecture qui arrangera peu ceux qui, en Europe, voudraient de lui une condamnation plus nette de l’un plutôt que de l’autre.

Reste que le message a été entendu, des deux côtés : une Maison-Blanche qui proteste contre une phrase sur l’instrumentalisation de Dieu, un chroniqueur du Figaro qui nomme lui-même ce que le pape suggère. Personne, en somme, n’a eu besoin qu’on lui désigne la cible.